L'IRIS
SI l'approche de vous avec le moindre orgueil Celle qui me nourrit devienne mon cercueil^ Que le froid Aquilon me déclare la guerre. Que ma feuille se seiche et tombe sous vos pas^ Et quon chasse de l'air ^ ainsi que du parterre, [Afin de vanger vos appas ^ L'Iris du Ciel et de la terre.
LE NARCISSE
NFIN ie le confesse, auprès d'un ail si dous^ Et dont le pouvoir est extrême, le suis plus ampureux de vous Que ie ne le fus de moy-mesme.
LA ROSE
E bel œil qui me surmonta, Ne voit rien qu'il ne dompte
Et celle qui m'ensanglanta, Rougira comme moy de despit et de home
LE SOVCY
SI parmy tant de fleurs, ie puis estre choisie-^ l'auray bien de l'amour et de la jalousie : Mais pour rendre vos maux et les miens adoucis Escartez loing de vous tous les autres Soucis.
LA FLEVR D^ORANGE
SI pour vous couronner on me croit inutile, Souffrez qu'en pleurs ie me distile, Mes larmes vous plairont; et peut estre vos yeux, En auront par pitié, qui plairont beaucoup mieux : Ainsy nous ferons un meslange, De l'eau de Nasse et de l'eau d'Ange.
I . Ce premier vers du Soucy vient corroborer notre opinion sur le tri que M. de Montausier dut opérer, avant que de livrer sa Guirlande au célèbre calligraphe Jarry.