LA NOSTALGIE D'APOLLON
Prince en exil, chassé du pays de clarté, Condamné par le sort à m'incarner sans cesse, Je luis dans les cerveaux rétifs à la beauté Comme un vivant désir de grâce et de noblesse.
Je fus Dante, léché par le feu souterrain, Shakspeare au vaste cœur plein de cœurs en émeute Et Beethoven soufflant dans sa trompe d'airain ; Parmi les orangers de Rome, je fus Gœthe.
ti
Je fus Schiller, et puis Henri Heine l'archer ; Je fus Victor Hugo debout sur son rocher, Et j'ai scandé ses vers au rythme de mon aile.
Mais leur sombre génie est pour moi trop humain J'ai peur du possédé que je serai demain Et je regrette encor la Grèce maternelle.