‹ La guirlande des dieuxChapitre 19 sur 51 · LA VOIX PERDUE · texte numérisé non relu

LA VOIX PERDUE

Je t'aime, ô mon désir ! et depuis que je t'aime, Depuis que ton automne en mon cœur est entré Comme un soleil couchant splendide et mordoré, Je suis jaloux, non pas de toi, mais de moi-même;

Jaloux des jours ingrats, jaloux des jours lointains Où je te trahissais avant de te connaître ; Jaloux du vieux passé qui s'obstine à renaître, Jaloux des baisers morts et des regards éteints;

Jaloux de l'être vil et de l'âme vulgaire

A qui j'ai demandé l'infini de l'amour,

Et jaloux de la voix — de cette voix d'un jour !

Que je faisais chanter en lui parlant, naguère.

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