‹ La guirlande des dieuxChapitre 18 sur 51 · L'APPARITION · texte numérisé non relu

L'APPARITION

C'est l'Enfant des enfants, l'âme et l'amour des Dieux, Né du premier baiser de la mer et des roses, Qui garde en un sourire étrange et sérieux L'infini de la chair entre ses lèvres roses ;

L'enfant dont les yeux verts, pleins d'un vaste regret, Les yeux couleur de mousse et de forêt mouillée Cachent obscurément comme un trésor secret Les lointaines douleurs d'une étoile exilée.

II apparaît un jour à ceux qui l'ont rêvé, Puis s'envole. Leur rêve, hélas ! inachevé Se nourrit à jamais d'une image inféconde.

Je l'ai vu. Désormais, ô mes yeux, tout est vain.

Et j'expire, pareil à ce page romain

Qui mourut pour avoir regardé la Joconde.

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