AUTOMNE
Comme ce soir d'octobre, anxieux et puissant, Qu'empourpre de sa mort, splendeur désespérée, Le plus royal soleil de la saison dorée, Voluptueusement dans mon âme descend !
O fureur des baisers! Jets de flamme et de sang! Rouges lèvres que mord une bouche égarée! Derniers cris de la chair misérable et sacrée ! Votre ivresse est pareille au ciel éblouissant!
Hélas ! Novembre approche en sa robe fanée :
L'automne de l'amour, l'automne de l'année
Se mêlent dans mon cœur à l'automne du jour !
Et voici qu'apparaît, long voilée, à son tour, Dans le sentier de brume et de feuilles froissées, La Résignation aux paupières baissées.