‹ La guirlande des dieuxChapitre 25 sur 51 · RENCONTRE · texte numérisé non relu

RENCONTRE

Quel étrange pays, tête aux boucles rebelles ! M'évoques-tu pour ma douleur et pour ma joie? Sans nous connaître, hélas! ne sommes-nous pas frères? Comme moi, tu naquis, là-bas, en Chimérie...

Je reconnais le cher parfum de fleur sauvage Que le vent de la mer me soufflait aux narines, Et sur ton front doré par le même astre oblique Je baise en souvenir le hâle de mon rêve.

Tes rétines ont vu ce que j'ai vu moi-même : Elles en sont, comme les miennes, éblouies Et le lugubre ciel de l'exil les offense...

J'entends ma voix d'antan trembler dans tes paroles

Et parfois je crois voir ma pâle destinée

Oui soudain vient vers moi du fond de tes prunelles.

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