RECONNAISSANCE
Au réveil, j'ai voulu revoir, ô ma maîtresse ! Dans la clarté divine et l'azur du printemps, La clairière où, la nuit, sous les rameaux flottants, Mes lèvres ont connu ta première caresse.
Le matin aux yeux frais rayonnait de tendresse : Tout me parlait de toi sous les cieux palpitants ; L'âme errante des fleurs me semblait, par instants, De l'odeur de ta chair parfumer son ivresse !
Et te louant d'avoir par ta grâce rendu A celui qui l'avait depuis longtemps perdu Dans un stérile orgueil le bonheur de la force,
Poussé sans le savoir par un élan secret Vers l'arbre le plus beau de la belle forêt, D'un cœur reconnaissant j'ai baisé son écorce !