‹ La guirlande des dieuxChapitre 30 sur 51 · MATIN D'ÉTÉ · texte numérisé non relu

MATIN D'ÉTÉ

Dans la paix du matin j'entends des voix lointaines Plus fraîches que le frais gazon,

Plus douces que le rire humide des fontaines, Des voix de songe et d'horizon.

A votre appel, ô voix ! m'évadant de mon âme, Je vole vers vous sans regret...

Le soleil a posé sa couronne de flamme Sur le front vert de la forêt.

Et tout ce que je fus n'est plus qu'une aile sombre,

Qui disparaît dans la clarté, Et mon cœur nouveau-né s'épanouit à l'ombre,

A l'ombre des roses d'été.

Rien n'était tout à l'heure : à présent tout commence !

M.on sang est un fleuve vermeil !

O vain bruit de ma vie ! entres dans le silence !

Vous, ma gloire ! dans le soleil !

Et toi, mon dernier rêve et ma dernière ivresse!

Jeune bouche au baiser fervent !

Désormais ne sois plus qu'une vague caresse

Éparse dans l'onde et le vent !

Tout luit autour de moi sous la lumière blonde Que je bois comme une liqueur,

Et gorgé de soleil, je sens le cœur du monde

Battre à coups profonds dans mon cœur !

Poèmes anciens et nouveaux

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