‹ La guirlande des dieuxChapitre 36 sur 51 · MADRIGAL ROUGE · texte numérisé non relu

MADRIGAL ROUGE

Quand je t'ai vue, incendiée Dans ta robe couleur de feu, A moi-même j'ai dit adieu, Et partout je t'ai mendiée.

De toi mon amour est goulu !

Mon âme à tes yeux aimantée De ta rubescence est hantée, Maudite, qui n'as point voulu!

Depuis que te voilà partie, Mon tourment s'est encore aigri :

Comme un phtisique j'ai maigri ; Ma joue a des pâleurs d'hostie.

Toujours ton fantôme abhorré, Dans la nuit de ma décadence, Sur un rythme douloureux danse, Comme un grand papillon pourpré.

Celui-là me jette la pierre Qui n'a connu désir pareil !

Quand on a toisé le soleil On a beau fermer la paupière :

Du spectre rouge éblouissant Toujours la prunelle est battue...

Il faudra qu'enfin je te tue :

Je ne vois partout que du sang !

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