LE VIEUX STEEN
Triste, se regardant mourir dans la rivière, Où s'ouvrent à demi des yeux verts et glacés, L'ancien Steen agonise, et ses pignons lassés Sous les baisers du soir tremblent dans la lumière.
Rose mystérieuse et pâle, une verrière Songe aux rayons en fleurs des soleils trépassés, Et le fier souvenir des grands cœurs éclipsés Sanglote vaguement dans 1 âme de la pierre.
Au fond des caveaux sourds, pleins d'ombre et de regrets, Murmurent on ne sait quels tragiques secrets A jamais endormis sous les dalles funèbres;
Et la lourde terreur des arceaux vermoulus
Écoute longuement les siècles révolus
Se parler à voix basse au milieu des ténèbres.