MUNDUS MULIEBRIS
Vous ne parlez jamais, Poètes, de vos mères : Leur souvenir s'efface en votre éternité, Quand il vous suffirait d'un seul mot de clarté Pour ravir à la nuit ces ombres éphémères.
Et c'est d'elles pourtant, non des femmes amères, Que vous avez reçu votre muliébrité ; Et si près de leur âme elles vous ont porté Que vous leur avez pris le besoin des chimères.
L'odeur spirituelle et molle de leur sein, Les airs qu'elles chantaient jadis au clavecin Ont imprégné vos chairs de leurs mélancolies.
Vous avez aspiré dans leurs yeux épuisés,
Dans la vibration de leurs lèvres pâlies,
Le goût de la tristesse et la soif des baisers.