LES TISSUS DE LAINE
C est toujours, à l'aube de la saison printanière, une question de haut intérêt que celle de la nouveauté apportée dans les lainages souvent artistiquement ornés, aujourd'hui, dont on fera nos manteaux, nos robes courantes, nos tailleurs allures. Il semble que les ensembles classiques ne soient plus vraiment les grands favoris. L orientalisme, dont nous subissons si docilement la caractéristique emprise, a amené les plus artistes de nos fabricants à introduire parmi leurs tissus des orne-
ments étudiés dans ce style et à former en des teintes, bien tranchantes, des brochés de laine, en rayures ou en motifs détachés, ayant toute la préciosité jolie de véritables broderies.
En ce qui concerne la collection Rodier, collection dirigeante entre toutes, nous voyons, égayant les kaàha au toucher voluptueux, les palmeô de jfliérapore, la friée éthiopienne, les piquet) de MomouI, pointant leurs flèches d'une savoureuse originalité, parmi les larges rayures nuancées dont on fera des ornements étudiés avec art ou des gilets qui, dans l'entre-baillement d'une jaquette tailleur, ont tant de spirituelle fantaisie...
Les tissus de laine les plus cotés, qu'ils s'appellent àerge dialine, crepella, frcdcaline, catabure, kaàha ou piquelaine, se mélangent heureusement avec les pékins ou les panes de tapisserie, mettant parmi l'uni du tissu une note vibrante, très en relief, ou faisant intervenir les pékind bambouà fleurià, les kaàha de Denderab ou les motif 'à afghan*, sur un fonds de freàcaline unie, de popta ou degeràabullaine. C'est un puzzle offert à l'imagination des couturières que présente, cette fois, la collection Rodier; mais comme, seuls, nos grands créateurs de mode, s'adressent à cette maison unique en son genre, nous sommes assurés de voir sortir de leur effort un tout harmonieux et parfait.