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/ *^ — J'étais chargée de la
commission. Je ne l'ai pu faire qu'à Madame la grande -duchesse, n'ayant point rencontré Votre Altesse Sérénissime; mais voilà qui est réparé.
— Qui donc nous invite ?
— Des gens de Berlin, qui ont gagné pendant les deux premières années de la guerre une fortune colossale, et qui ont jugé dès lors prudent d'émigrer avec leurs capitaux.
— Les von quoi ?
— Vonl Ah! Monseigneur, pas encore. Ils s'appellent Mauser et ne sont pas trop décrassés.
— Imaginez-vous que je vais me commettre avec ces espèces.
— Hélas ! Monseigneur, je pense que vous le devez, ne fût-ce que pour ne point laisser Madame seule en proie à leur snobisme et exposée à leurs entreprises ; car l'heure est déjà passée, je connais l'exactitude et la politesse de votre épouse, je ne puis douter qu'elle ne m'ait déjà, vu mon retard, précédée dans le petit salon où les Mauser nous attendent.
Phili n'avait plus le loisir de la réflexion. Il courut endosser une jaquette, et M me de Krakus s'empressa de se rendre au thé des Mauser, afin d'y arriver avant lui et de chapitrer Sophie- Charlotte. Lorsque l'on ouvrit à deux battants pour Monseigneur la porte du salon, une jeune femme était au piano et chantait en s'accompagnant. C'eût été la première cantatrice du monde que tout se fût interrompu à l'entrée du Prince ; mais c'était Sophie- Charlotte et personne ne se dérangea ni ne fit mine de prendre garde à lui.
Les Mauser, ayant appris que la grande-duchesse était douée par la nature d'une voix agréable, l'avaient
priée de leur faire entendre la moindre chose, et elle ne s'était pas fait prier trop longtemps. Elle chantait en français, avec un assez fort accent, la lettre de la Périchole :
O mon cher amant, je te jure Que je t'aime de tout mon cœur; M.ais, vrai, la misère est trop dure, Et nous avons trop de malheur !
Tu dois le comprendre toi-même, Que cela ne saurait durer, Et qu'il vaut mieux. . .
M me de Krakus s'approcha du grand-duc et lui dit, derrière l'éventail, avec une ironie en quelque sorte satanique :
— Monseigneur, il me paraît que Madame vous envoie la réponse avant que vous ne lui ayez posé la question.
Phillippe-Egon était consterné. Des bravos lui annoncèrent la lin du morceau. Quand ils s'apaisèrent, la
baronne lui dit — Votre nissime va me lui présenter M me Mauser, et Sigismond
avec autorité :
Altesse Sérépermettre de ses hôtes, M. et leur fille Fricka leur fils aîné.
(à suivre)
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L'Affai
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MIGUEL ZAMACOLS
La scène se passe dans une clairière au milieu d'une épaisse forêt.
Chacune des espèces d' animaux a fourrure de prix a envoyé un représentant muni des pouvoirs les plus étendus. Il y a là entre autres, un Renard, une Marte, une Zibeline, un Skunks, une Hermine, une Loutre, un Viéon, un Castor, un Blaireau, un Putois, une Taupe, une Fouine.
Au moment ou nous commençons a être indiscrets, ces personnages importants se pouillent, se grattent, lustrent leur poil avec leur langue. Tout à coup, te Renard saute d'un bond sur le tertre qui doit servir de tribune, ce qui provoque un mouvement général d'attention.
LE RENARD
Animaux assemblés ! Félidés ! Canidés I Dans le grand régiment des bêtes tous gradés .Pour les respectives splendeurs de vos fourrures* Oeigneurs du poil soyeux et Princes des zébrures, lous prématurément marqués pour le tombeau Jrarce qu il laut payer la faveur d'être beau; Rongeurs et carnassiers ! Figurant sur le globe JDans le monde animal la noblesse de robe;
Ecoutez-moi !... D'abord je m élis président Par le droit de la ruse et le droit de la dent !... Nuit n invoque, je pense, un droit de préséance '. La Jeause est entendue, et j ouvre la séance... D'abord;, selon 1 usage antique et solennel, Nous allons procéder sans surseoir à 1 appel. Chacun dira son nom, son pays, sa noblesse, Ses titres personnels et ceux de son espèce... Je m'appelle Renard... Gentilhomme lermier.
Comte de Basse-cour et Jjaron de Clapier.
Et voici mon blason : sur lond d or une treille A son chef arborant une grappe vermeille, Auprès de quoi se dresse un renard bien cambré, Ee tout souligné de ces mots : c J y parviendrai "... » A qui le tour?