IL— HISTOIRE GÉNÉRALE
Les ouvrages aujourd'hui très vieillis de Jean Bouchet : Les Annales d'Aquitaine^ faictz et gestes en sommaire des roys de France et d^ Angleterre (1525; nouv. édit., augmentée, en 1644) et de Jesài Besly: Histoire des comtes de Poitou et ducs de Guyenne,
contenant ce qui s* est passé de plus mémorable en France^ depuis Fan 811 jusques au roy Louis le Jeune (1647), n'importent guère que pour les origines d'Alîénor d'Aquitaine, femme de Henri II. Pour d'autres motifs, on peut négliger aujourd'hui les ouvrages suivants: Antoine Dadine' d'Auteserre (Dadinus Altaserra): Rerum Aquitanicarum Libri Quinque (1657); Pierre Louvet: Traité en forme iahrégé de Vhistoire d^Aquitaine^ Guyenne et Gascogne (1657); Verneil-Puyraseau: Histoire politique et statistique de V Aquitaine ou des pays compris entre la Loire et les Pyrénées^ VOcéan et les Cévennes (8 vols., 1822). Ce sont des compilations à peu près sans valeur. L'ouvrage de D. Brissaud: Les Anglais en Guyenne (1875) contient d'utiles indications sur les institutions administratives et sur les villes de Guyenne; mais ce n'est pas une histoire suivie de la province.
Pour la Gascogne proprement dite et pour quelques-uns des grands États pyrénéens, vassaux du roi d'Angleterre ou avec lesquels ce roi eut de fréquentes relations, nous avons au contraire plusieurs bons ouvrages; ainsi Pierre Olhagaray: Histoire de FoiXy Béam et Navarre^ diligemment recueillie tant des précédens historiens que des archives des dites maisons (1609; nouv. édit., 1629); Arnaud Oihénart de Mauléon-Soule (Oihenartus Mauleosolensis), qui eut à sa disposition les belles archives de la maison de Gramont : Noticia utrius* que Vasconiœ tum ibericœ tum aquitanicœ (1688); Pierre de Marca: Histoire de Béam, contenant
r origine des rois de Navarre ^ des dws de Gascogne, marquis de Gothie, princes de Béam, comtes de CarcassonnCy de Foix et de Bigorre, qui est iine riche mine de documents tirés du trésor des chartes de Pau (1640; nouv. édit., 1894; mais le tome 1er, seul paru, ne touche pas la période anglaise); A.
Davezac-Macaya : Essais historiques sur le Bigorre (1823); 6. Bascle de Lagrèze: La Navarre française (2 vols., 1881-1882). L'Histoire de la Gascogne depuis les temps les phis reculés jusqu'à nos jours^ par l'abbé Mônlezun (5 vols., 1846-1850), est une œuvre laborieuse, mais confuse et sans critique; elle serait négligeable, n'était le tome Vlème quf contient de nombreux documents d'ailleurs très mal publiés (1849). La Vasconte, par Jean de Jaurgain (2 vols., 1898-1902), est au contraire un recueil de dissertations érudites qui ne dépassent guère, il est vrai, le xième siècle, et de généalogies qu'on peut consulter avec fruit pour l'histoire des familles nobles dans toute la période médiévale. . En dehors de la région pyrénéenne, nous citerons seulement: D. Massiou: Histoire politique, civile et religieuse de la Saintonge et de VAunis (6 vols., 1846); J.-F. Samazeuilh: Histoire de FAgenais, du CondSmois et du Bazadais (2 vols., 1846-1847); et Andrieu: Histoire de VAgenais (1898); Léon Dessalles: Histoire du Périgord {^ vols., 1888-1885); et Emile Labroue : Le Livre de me ; les seigneurs et les capitaines du Périgord blanc [région de Périgueux et de Bergerac] au xi\ème siècle (1891); UHistoire du Poitou, par Alfred Richard (1908),
doit être consultée pour le temps de Henri II. et d'Aliénor; elle s'arrête justement à la mort de la duchesse et à la conquête du comté par Philippe Auguste (1204).
En somme, on peut dire que, dans le domaine de l'histoire générale, il reste encore beaucoup à faire. Pour cela, nombreuses sont les sources dans les archives et bibliothèques de la France, de l'Angleterre et de la Papauté. De là trois sections; où seront mentionnés séparément (A) pour l'Angleterre, (B) pour la France et (C) pour Rome, d'abord les pièces d'archives, puis les textes d'un caractère narratif.
(A) SouBCES Anglaises — V Archives. — ^Les deux dépôts principaux sont à Londres : aux Archives de l'État (Public Record Office) et à celles de la Ville (Guildhall of the City of London).
Il n'est pas inutile de savoir qu'avant le xixème siècle, les archives de l'Ëtat anglais étaient disséminées dans plusieurs bâtiments dépendant de l'Abbaye de Westminster, à la Tour de Londres et ailleurs. En 1800 une commission (Record Commission) fut chargée de mettre un peu d'ordre dans ce chaos et de publier les documents qu'il lui paraîtrait le plus urgent de faire imprimer pour assurer leur conservation. De 1800 à 1886, cette Commission s'acquitta de sa tâche avec zèle, mais sans méthode et dans des conditions parfois très onéreuses pour le Trésor public. Après sa dissolution, il fut décidé que les différents dépôts d'archives seraient transportés dans un unique
local et placés sous le contrôle du Maître des Rôles, fonctionnaire considérable qui, depuis le xnième siècle, était le gardien des archives de la chancellerie royale. Quand le transfert eut été effectué, on procéda au travail nécessaire et urgent du classement des divers fonds; chaque année le Directeur des Archives (Deputy Keeper of the Public Record Office) dut adresser au Souverain un rapport sur les travaux accomplis sous ses ordres. Les cinquante premiers de ces rapports annuels sont pour la plupart accompagnés d'utiles inventaires. Enfin on a pu dresser le tableau à peu près complet des fonds: A Guide to the Principal Classes of Documents preserved in the Public Record Office^ par S. R. Scargill-Bird (8ème édit., 1008 [épuisée], une 4ème édition paraîtra bientôt). Puis des inventaires numériques de fonds particuliers ont constitué une série de ^' Lists and Indexes." Les publications entreprises soit par Tancienne Commission, soit par l'administration nouvelle sont généralement énumérées dans le catalogue qui accompagne les volumes publiés dans la collection dite du Maître des Rôles. Une dernière Commission instituée en 1912 a publié trois rapports intéressants à la fois pour le passé et pour l'organisation future du Record Office.
Les archives sont la survivance muette du passé; elles conservent le cadre même des institutions politiques et administratives. Après la Conquête Normande, le pouvoir central fut d'abord assez simplement organisé. A la tête, était placé
le chapelain et secrétaire du n>i avec le titre de Chancelier* Dans ses bureaux, les lettres royales étaient rédigées, puis revêtues du sceau de la royauté. A partir de Jean sans Terre, les scribes de la chancellerie durent, avant de les expédier, les recopier sur des peaux de parchemin; puis ces peaux étaient cousues bout à bout de manière a former, pour chaque année de règne, un ou plusieurs rouleaux ou rôles (en latin rotuUy en anglais roUs). Cette pratique s'est continuée sans interruption jusque bien au-delà de la période médiévale.
Parmi les actes transcrits sur ces rôles, on distingue trois classes principales: 1° Les t^rîœ (charters), qui étaient rédigées avec des formules solennelles et attestées par les m^nbres de là cour du roi présents au moment où la charte avait été donnée; 2^ les liUerœ patentes (letters patent), attestées par le roi seul ("teste Tege" ou "teste «ne ipso*'); 8° les Utterœ cUmsûs (letters dose), qu'on envoyait fermées aux destinataires. Ces trois catégories d'actes ont été conservées jusqu'au tniheu du xixème siècle dans la Tour de Londres, comme si elles faisaient partie du trésor même de ia royauté. Par les soins du Maître des Rôles, elles <Hit été publiées in-extenso, pour le ré^e de Jean sans Terre et les premières années de Henri III. : Ratidi Chartarumy 1199-1216 (1887; contin. par le Cakndar ofthe Charter Rolls, Wm-lSU, 1908-1912); RotuU Litterarum Patentium, 1201-1216 (1885, avec une continuation jusqu'en 1285 sous le titre de Parient BoUs, 1900-1908); Botuli Litterarum Ciausarum
LA DOmNÀTtON ANGLAISE 10
(1844, avec «me continuation jusqu'en 1281 sous le titre de Close BoUs, 1900). Puis on décida de donner seulement une analyse détaillée des pièces ou Caîendar. L'admirable série des calendars est aujourd'hui terminée pour les lettres patentes jusqu'en 1485; pour les lettres doses, elle s'arrête à l'année 1881. Chaque volume est accompagné d'un copieux index des noms de personnes, de lieux et même de choses.
A ces trois grandes séries dont l'intérêt est très général, s'en ajoutent d'autres dont l'objet est particulier. Une seule doit être mentionnée ici, celle des Rôles Gascons (Vascon ou Gascon Rolls). Commencée par Francisque Michel, l'édition de ces rôles a été continuée par Charles Bémont jusqu'à la fin du règne d'Edouard 1er (en tout 8 vols., collection des documents inédits, 1885-1906). Après l'année 1807 il faut se contenter du maigre et inexact Catalogue des roUes gascons, normands, et françois conservés dans les archives de la Tour de Londres, par Thomas Carte (1742).
En outre de ces rôles, la Chancellerie conservait des liasses de documents tels que la correspondance diplomatique et politique du roi ou du chancelier, des mandements adressés à certains fonctionnaires, tels que le sénéchal de Gascogne, et que ces agents renvoyaient avec leurs réponses. Dans ces liasses, où de bonne heure s'introduisit le plus complet désordre, on a, de nos jours, constitué des séries particulières. Ainsi une suite de bundles a été rangée parmi les mélanges de la Chancellerie
(Chancery Miscellanea); les N^ 24-26 se rapportent spécialement à la Gascogne. Une autre série, autrefois dite de Royal Letters^est classée aujourd'hui sous le titre Ancient Correspondence; il en existe un inventaire numérique (Lists and Indexes N® 15).
A côté de la Chancellerie, fonctionnait l'Échiquier (scaccarium en latin; en anglais, Eaichequer)^ cour souveraine en matière de finances et de justice. On en trouvera les divers fonds dans le Guide de Scargill-Bird. Enfin, comme les sujets du duc pouvaient toujours s'adresser par voie de pétition au roi, à son Conseil, et au Parlement du royaume, rameau détaché du Grand Conseil, le fonds des Ancient pétitions ne devra pas être niêgligé. Quand ces pétitions arrivaient au Parlement, celui-ci nommait au début de chaque session des
trieurs " chargés de les recevoir et il y avait des
trieurs" spéciaux pour la Gascogne. Les rôles du Parlement, qui commencent en 1278, ont été publiés par le gouvernement anglais en 6 volumes : Botuli Parliamentorum ut et Petitiones et PlacUa in Parliamento (1777). Un excellent index y a été joint en 1882. Ajoutons encore Henry Cole: Documents iUustrative of English History in the Thirteenth and Fourteenth Centuries (1844), et Frederick W. Maitland: Records of the Parliament at Westminster in 1305 (Collection du Maître des Rôles, N^ 98; 1898).
Aux sources que l'on vient d'indiquer et à d'autres moins importantes Thomas Rymer a puisé les matériaux de son recueil bien connu:
Fœdera, conventiones^ litterœ et euQUSCumque generia acta publica^ inter reges Angliœ et alios quosvis imperatoresy reges, pontificeSy principes vel cornmuniUUes (8 éditions ont paru dans le cours du xvnième siècle; une quatrième, entreprise par l'ancienne Commission des archives royales, ne dépasse pas l'année 1886). Un inventaire analytique en a été publié par Thomas D. Hardy- sous le titre: SyUabus in English of Rymer's ^^ Fœdera*' (8 vols., 1869-1878).
Les principaux fonds du Public Record Office ont été plusieurs fois l'objet de recherches étendues par des érudits français, en même temps que, par ailleurs, ils se sont enrichis de copies prises dans les dépôts de l'étranger. Pendant trois années (1764- 1766), le marquis de Bréquigny fit exécuter à la Tour de Londres un grand nombre de transcriptions dont beaucoup concernent la Guyenne en général et la ville de Bordeaux en particulier; nous renvoyons à VInventaire des manuscrits de la Cottedian Moreau à la Bibliothèque nationale de Paris, par Henri Omont (1891). De ces copies J.-J. Champollion-Figeac tira la substance de deux volumes médiocrement édités: Lettres de rois, de reines et autres personnages des cours de France et d' Angleterre , tirées des archives de Londres par Bréquigny (Coll. des doc. inédits, 2 vols., 1889-1847). Un autre missionnaire, Jules Delpit, fut chargé d'une nouvelle entreprise de copies qu'il alla exécuter à la Tour de Londres, dans les archives du Guildhall de la cité de Londres, dans celles du duché de
Lancastre, etc. Il en rapporta la matière d*ime CoUeciitm Générale des Documents français qui se trouvent en Angleterre (1847); on y trouve plusieurs comptes instructifs pour l'administration anglaise en Guyenne. Après ce premier volume d'ailleurs, elle n'a pas été continuée.
D'autre part, le gouvernement anglais a fait prendre dans les archives étrangères copie des documents de toute nature pouvant servir à compléter ses propres archives; un inventaire de ces copies a été dressé par J. H. Round : Calendar of Documents preserved in France, dlS-l^Oô (1899); les textes concernant la Guyenne y sont peu nmnbreux.
La ville de Londres entretint avec celle de Bordeaux et avec la Guyenne en général d^actives relaticms commerciales. Itens les archives de la cité conservées au Guildhall, un fonds surtout intéresse l'historien de la Guyenne: c'est une série de registres désignés par les lettres de l'alphabet (de là leur titre de Letter Books). Ils ont été analysés avec beaucoup de soin par l'ex-archiviste de la cité R. Sharpe; il peut être intéressant de comparer les analyses de Sharpe avec le texte même des documents publiés par J. Delpit.
2^ Les bibliothèques de manuscrits contiennent beaucoup de livres: registres, cartulaires, rouleaux de comptes et de procédure, sans compter même des collections de chartes originales. Les plus considérables sont le British Muséum à Londres et la Bodleienne à Oxford; on devra consulter leurs catalogues dont on trouvera une liste dans l'ouvrage
déjà cité Sources de Charles Gross (N<^ 505-516» 52€r59a).
Quant aux archives privées, elles peuvent être, avec l'agrément de leur propriétaire» soumises à l'examen d'une " Royal Commission on Historical Manuscripts " créée en 1870. Les travaux de cette Commission ont été eonsignés dans deux séries de rapports: la première comprend 10 vols. in-4°j la seconde» en volumes in-8°, est actuellement à peu près terminée. On en trouvera la table des matières soit dans le catalogue de librairie qui accompagne la plupart des volumes publiés dans la collection du Maître dea Rôles soit à la suite des Calendars. II existe en outre une table des noms de Heux pour la coHeotimi tout entière.
La collection du Maître des Rôles {ChronicUs and Memoriais) comprend la plupart des chroniques et annales pour l'histoire des xiième-xvème siècles. Voit au surplus l'ouvrage de Cb. (îross*
(B) Abchives et Bibxjothsques PB Fbance. — Au point de vue général on peut signaler: Les Archives de Vhistùire de France^ par Ch.-V. Langlois et H. Stein (1891); U Annuaire des Mbliothèques et des archives^ par A. Vidier (2ème édition» 1912); enfin deux articles d'Eugène Lelong: " Archives" et ^^ Bibliothèques»" qui ont été insérés dans le Réper^ taire général alphabétique de jurisprudence dit de Sirey (1889). Pour le détail» il faut distinguer les archives et les bibliothèques*
1° Archives. — ^Les dépôts publics d'archives forment trois groupes principaux: (a) les Archives
nationales, logées à Paris dans l'ancien hôtel Clisson auquel fut réuni au xvnième siècle l'hôtel Soubise; (b) les archives départementales, qui fonctionnent au chef-lieu de chaque département français; (c) les archives communales et hospitalières.
(a) Archives Nationales. — On sait que, sous les rois de la troisième race, le régime de la France a tendu de plus en plus vers la centralisation et l'absolutisme* Toutes les provinces françaises sont donc représentées dans les archives nationales \\
par un nombre plus ou moins considérable de documents historiques. Par la nature même des choses, la Guyenne est le moins bien partagée pour toute la période anglaise. Cependant, on l'a vu, cette province ne cessa jamais de faire partie du royaume de France. Ainsi le Parlement de Paris avait des jours particuliers où étaient plaidées les causes de Guyenne. Si donc on ne peut s'attendre à trouver à Paris des séries comparables à celles du Public Record Office, il serait dangereux de négliger les Archives nationales.
Un des plus célèbres fonds de ces Archives est le Trésor des Chartes. On y distingue deux séries : l'une composée surtout de pièces qui sont renfermées dans des cartons ou layettes; l'autre, constituée \J
par des registres où ont été transcrites les chartes royales à partir de Philippe Auguste. Les layettes ont été inventoriées au xviième siècle par Pierre Dupuy (mort en 1651) et publiées par les soins de l'Administration actuelle des Archives (5 vols., qui s'arrêtent en 1270, 1868-1909). Les registres
n'ont pas encore fait l'objet d'une publication intégrale; des extraits et analyses se trouvent à la Bibliothèque Nationale (manuscrits du fonds français N" 7262-7488, 21028-21096). Les Ordonnances des rois de France de la troisième race^ du moins les plus anciennes, proviennent en grande partie du Trésor des Chartes ; elles ont été réunies
\ dans une volumineuse collection dont le tome 1er
a été publié par Eusèbe de Laurière (1728), les
i tomes Ilème-IXème par Denis-François Secousse,
enfin les tomes Xlème-XIVème par Bréquigny.
Le tome Xlème contient le texte d'un grand nombre de chartes municipales, dont plusieurs intéressent la Guyenne. Au xvmème siècle également, on forma le projet de cataloguer les actes émanés de la chancellerie royale (1751). Secousse et Lacurne de Sainte-Palaye y furent employés, puis Bréquigny qui publia les tomes ler-IIIème (1769-1798). C'est la Table historique des diplômes^ chartes^ lettres et actes imprimés concernant Vhistoire de France; elle compte aujourd'hui 8 vols. (1769-1876), et s'arrête à l'année
^ 1814. Puis il fallut recommencer ce travail sur
des bases plus larges; poiur chacun règne des
r premiers capétiens, on conseilla de dresser la liste
chronologique de tous les actes royaux, imprimés ou inédits; c'est ainsi que nous avons maintenant le Catalogue des actes de Louis VII., par Achille Luchaire (1885), de Philippe Auguste, par Léopold Delisle (1856), de Louis VIII. et de Philippe III. à la suite de la biographie de ces princes, par
du Pétit-Dutaillis (18M) et par C1l-V. Langlois (1887). Enfin TAcadémie des Inscriptions a décidé de publier le texte même des actes; on a débuté par les actes du roi d'Angleterre Henri II. concernant la France; le tome ler, dont les docu<ments ont été recueillis et commentés par Léopold Delisle, a été publié par Élie Berger (1916); puis H.-Fr. Delaborde a donné le tome 1er des actes de liiilippe Auguste (1916). Notons encore la Correspondanee adminùiratwe éCAlfonse de Peiiierê^ publiée par Auguste Molinier (2 rois., 1894- 190&9 collection des documents inédits); elle doit être signalée ici parce qu'elle émane d'un frère cadet de Louis IX., héritier indirect d'Aliénor d'Aquitaine, et possesseur du comté d'Agenais jusqu'à sa mort (1271). A Léopold Delisk encore on doit les McmdemenU et actes divers de Charles V., 1816-1880 (1874, collection des documents inédits)*
L'action du roi était fortement appuyée par celle du Parlement de Paris. C'est à cette cour de justice par exenq>le que furent souvent portées les appels de Guyenne; ses arrêts étaient consignés sur des registres dont les plus anciens sont connus sous le nom d'Olim. Les OUm au registres des arrêts rendus par la eour du roi sous les règnes de Saint Louis à Philippe V. le Long (ISSi-lSlS) ont été publiés par le Comte Beugnot (4 vols.» 1889- 1848, collection des documents inédits). La Guyenne y est souvent menticmnée. Il faut ajouter les Actes du Parlement de Paris, inventaire
analytique (1264,-13S8), publiés par Edgar Boutaric (2 vols,, 1868-1867).
{h) Archives Départementales. — ^Les ardiives des départements qui ont été découpés dans Taneienne province de Guyenne peuvent être toutes mises utilement à contribution; mais en première ligne celles de Bordeaux,, qui fut la capitale du duché avant d'être lé chef-lieu du département de la Gironde. Dans l'enceinte de cette ville, le duc avait son château, dit de l'Ombrière. Là furent conservés jusqu'aux temps modernes, huit gros registres où Ton avait transcrit beaucoup d'actes relatifs aux droits et possessions du duc dans la I^ovince; il n'en reste plus qu'un aujourd'hui; encore est-il dans la bibliothèque des ducs de Brunswick à Wolfenbuttel sous le titre Recognitiones Feodotum in AquiUmia. Le texte en a été publié par Charles Bémont: Recueil Pactes relatifs à r administration des rois' éT Angleterre en Guyenne au xiiiime siècle (1914, collection des documents inédits). Quant aux inventaires des fonds conservés dans les archives départementales, on les triKivera dans Y Annuaire d'A. Yidier.
(c) Moins infortunées, les archives munieipales de Bordeaux cmt conservé leurs anciens registres remontant à la période anglaise et dont beaucoup de pièces concernent l'histoire générale de la province. Ils ont trouvé un éditeur adndrable en la personne d'Henri Barckhausen: Idvre des Bouillons (1867)» Livre des privilèges (1878), Livre des coutumes (1890), Registres de la jurade
im-Um et H^O-^lJi^^ (1888). Ces derniers importent notamment pour l'histoire de la guerre franco-anglaise en 1416; ils sont rédigés exclusivement en gascon.
2®. Les pièces d'archives fournissent à l'historien ses matériaux les plus solides; pour rendre la vie aux choses et aux hommes du passé, il faut recourir au témoignage des contemporains recueillis dans les manuscrits des bibliothèques publiques et privées. A Londres, c'est le British Muséum; hors de Londres, ce sont les collèges des Universités — et notamment des deux plus anciennes, celles d'Oxford et de Cambridge. Les catalogues rédigés pour leur usage sont indiqués dans l'ouvrage déjà cité de Charles Gross N^ 505-536. Rappelons en outre ici les rapports de la Royal Conunission on Historical Manuscripts. Pour la France, X Annuaire d'A. Vidier énumère les catalogues des manuscrits conservés à la Bibliothèque Nationale de Paris. Pour les autres bibliothèques parisiennes : Arsenal, Mazarine, Sainte-Geneviève, etc., et pour celles des départements, nous possédons le Catalogue général des manuscrits et des bibliothèques puhUqueSi paru en 2 séries: 1ère série in-4^ (7 vols., 1849- 1885); 2ème série in-8*' (environ 50 vols., 1885-1915). Enfin im excellent répertoire a été composé par Auguste Molinier sous le titre: Les Sources de rhistoire de France; des origines aux guerres d^Italie (5 vols., 1902-1904).
Parmi les témoignages contemporains, les plus directs, les plus sûrs, mais aussi les plus rares, sont
les correspondances. Vient ensuite l'abondante moisson des annales et des chroniques. On a mentionné plus haut les Royal Letters publiées par W. Shirley; on y trouve quelques vraies " lettres missives/' mais la plupart conservent un caractère administratif; ce sont des ordres confidentiels envoyés par exemple par le roi d'Angleterre au sénéchal de Gascogne» aux prélats ou aux seigneurs grands et petits, aux villes de la province. Ce sont des pièces de même nature que l'on retrouve dans la Collection of Royal and Historical Letters during the Reign of Henry IV., publiée par F. C. Hingeston (Collection du Maître des Rôles, N° 18, 1860), et dans la correspondance ofBicielle de Thomas Beckington, secrétaire de Henri VI., publiée par G. Williams (î&td., N® 56, 1872). Le Recueil de lettres anglo-françaises, 1265'1S99, par P. J. Tanquerey (1916), contient un plus grand nombre de ces lettres privées que l'auteur a d'ailleurs choisies à cause de leur valeur philologique plutôt qu'historique; elles sont un bon spécimen du français tel qu'on l'écrivait en Angleterre au xiuème et au xivème siècles. Les recueils de ce genre sont rares en France. Une lettre écrite par un bourgeois de La Rochelle au roi Louis VIII. en 1224 (publiée par Léopold Delisle dans la Bibliothèque de l'École des Chartes en 1856) montre le parti que l'on peut tirer de pareils docu-« ments pour l'histoire.
Pour les annales et les chroniques, entrer dans le détail mènerait trop loin. Mentionnons seule-
ment pour les premiers temps de la dominatitm anglaise: FVagmenta chronicorum conUtum Pidaviœ €t Aquiiamœ ducum^ 902-1271 {HiMùfiens 4e FrancCy tome XXIIIème); La Chronique de Bernard Itier, qui fut moine et bibliothécaire à l'abbaye Saint-Martial de Limoges, mort en 1225, publiée par Duplès-Agier (Soc. de l'Histoire de France, 1874), et celle de Pierre Coral, abbé de Saint-Martin de Limoges, mort en 1285 {Historiens de France, tomes XVIIIème et XXIème). Quand eut éclaté la guerre de Cent Ans, les chroniqueurs, tant en France qu'en Angleterre, s'intéressent d'une façon moins épisodique àlaOuyenne. D'un côté, par exemple, cm a le Chronicon Galfridi Le Baker de Stojfnébroke (publié par E. M. Thompson, 188d) et de l'autre L' Histoire de Gaston IV. , comte de FoiXy par Guillaume Leseur (publiée par Henri CJourteault, Soc. de l'Histoire de France, 18d8-1896); une Vie en vers français du Prince Noir par un anonyme dit Le Héraut Chandos (nouv. édit., par Miss Pope et par Miss E. C. Lodge, 1910); surtout les incomparables chroniques de Froissard. Une petite chronique de Guyenne jusqu'à l'an 1442, publiée par Germain Lefèvre-Pontalis (1886), est un produit assez misérable de l'historiographie locale.
Ces mines si nombreuses ont besoin, pour être exploitées avec fruit, du concours d'érudits nombreux, bien renseignés, munis de bons instruments de travail. Des sociétés savantes se sont formées pour les grouper, à Paris (Société de THistoire de France) et dans les départements. Dans le
•Il
md-ouest de la France» une mention spécial est lue à l'Académie de Bordeaux, à la Société des irchives historiques de la Gironde, à oeSes des archives historiques de la Gascogne et de la laintonge, etc. On en trouvera le détail dans ['inestimable Bibliographie des Sociétés Saoantes entreprise par Robert de Lasteyrie et Alexandre [Vidier (1888-1919). En ce qui concerne la Guyenne en particulier le catalogue de la bibliothèque de feu Monsieur Ernest Labadie (1918) Irend de réels services^
Enfin certaines revues locales telles xpt Les Annales du midiy la Revue historifue de Bordeaux ef du département de ia Gironde^ la Revue de Gascogne^ la Revuie de FAgenais, etc.« renseignent sur le mouvement historique.
(C) Abchives de ul Papauté. — ^La papauté ayant été le centre de la vie morale et politique de la chrétienté ses archives intéressent au plus haut point l'histoire de tous les États oocideiïtaux. Dès le pontificat d'Innocent IIL, la chancellerie papale prit soin de transcrire sur des registres la plus grande partie des lettres et bulks expédiées au nom du Saint-Père. La série de ces registres, comme celle des rôles anglais, constitue une mine in** épuisable de renseignements. Deux grands réper* toires des bulles pontificales qui ont été déjà publiées ont été dressés sous le titre de Regesta Ponlificum Romanorum : le premier» par Ph. Jaffé (1851; nouvelle édition par Loewenfeld, Kaltenbrunner et Ewald, 1885-1888), pour la période
antérieure à Innocent III. ; le second» par Auguste Potthast, pour les années 1198-1804 (1874-1875). Mais il reste à donner un inventaire complet des registres eux-mêmes. L'École française d'archéologie de Rome a entrepris ce travail pour les papes du xinème siècle et pour les papes d'Avignon; malheureusement il manque encore à la plupart des volumes les tables qui, seules, permettent les recherches rapides et sûres. De son côté, l'administration du Public Record OfBice a fait exécuter l'inventaire des docimients concernant l'Angleterre qui se trouvent dans ces mêmes registres: Calendar ofEntries in the Papal Begisters relating to Great Britain and Ireland : Papal Letters, Vols. I.-IX., 1198-1447; Pétitions to the Pope, Vol. I., 1842-1419 (1898-1912).
En dehors de ces deux grandes collections» il faut mentionner le Begestum Clementis Papœ F., publié par les PP. Palmieri, Tosti, etc. (8 vols., 1885-1889), parce que ce pape était d'une famille gasconne, celle de Got, et qu'il fut archevêque de Bordeaux avant de porter la tiare. Les Annales Ecclesiastici commencés par César Baronius (12 vols., allant jusqu'à 1198) et continués jusqu'en 1565 par Bzovius et Raynaldus, sont un exposé de la politique pontificale d'après les archives mêmes de la papauté; on ne saurait les négliger (édition Mansi, 1788 à 1787, en 88 vols, in-folio). Les Documents pontifia eaux sur la Gascogne d'après les archives du Vatican par l'abbé L. Ouérard (1908) en sont restés au tome Ilème (1816-1825).