MOUVEMENTS POUR LES JEUNES FILLES
Si elle veut se conserver dans le meilleur état de santé, si elle veut assurer à ses organes un parfait fonctionnement, la femme doit se livrer à l'exercice. C'est pour elle un devoir.
L'exercice donnera à son corps la plus grande résistance à la fatigue, développera harmonieusement ses formes, assurera la force de ses membres, ainsi que la rectitude de sa colonne vertébrale et la solidité de ses parois abdominales, bref, fera d'elle un être tout de grâce, de beauté et de santé.
Ces mouvements, toutefois, doivent être coordonnés, afm de fournir l'image mentale ; il faut leur donner toute leur amplitude, pour, avec le minimum d'effort obtenir d'eux le maximum de rendement. Ils ne produiront leur plein effet que s'ils sont bien exécutés. Pour cela, il faut développer ses sens, avoir l'esprit prompt et posséder en soi la volonté d'agir.
On ne peut, en effet, s'imaginer l'influence du physique sur le moral. L'éducation du corps bien comprise donne de la gaîté, de la bonne humeur, de l'esprit de sohdarité, d'union et, tout en apprenant l'amour du beau, l'amour du bien, l'âme devient plus délicate et plus forte. Perfectionnement physique,
perfectionnement moral. Beaucoup de parents m'ont signalé le fait, et ma plus grande récompense a été d'entendre cette phrase : « Vous nous transformez nos enfants. Vous nous redonnez notre jeunesse perdue. »
Aussi, par cette science de l'éducation, en joignant l'agréable à l'utile, la femme conservera au foyer tout son attrait et sera en même temps une mère de famille remarquable par la volonté, l'initiative et la force physique et éducative.
Voici une suite de mouvements à exécuter tous les matins :
Mouvements d'assouplissement à un rythme normal indiqués dans la première et la deuxième parties.
Joindre des fentes avec mouvements de bras dans tous les plans.
Sautillements en avant, puis en arrière, avec cercles de bras.
Mouvements du sauvage (Voir première et deuxième parties. Ceci est le résultat d'un long perfectionnement).
Organisation de séries avec et sans musique.
L'adaptation musicale est une chose fort simple au premier abord, mais très difficile lorsque l'on veut vraiment traduire avec justesse dans son mouvement les sentiments de l'auteur.
Je ne puis que donner quelques aperçus sur les auteurs et les compositions dont je me suis servie pour intéresser personnellement mes chères élèves.
Que celles qui ont bien voulu m'aider à constituer ce livre, trouvent ici, ainsi que leurs familles, l'expression de ma reconnaissance.
IVe PARTIE
Adaptation, fig. 1 Danse d^Anitra, de Grieg, fig. 1.
Les sautillements, c'est-à-dire les mouvements vifs et légers, s'adaptent sur des thèmes musicaux à rythme assez vif.
Dans la Danse d'Aniira^ pas de course et sautillements aux temps forts. Sautillements simples avec bras levé du même côté que la flexion du genou. Plus le temps de la note marquée est long, plus le saut doit être grand et suspendu.
Le demi-sauvage composé est fait en 3 mesures à 2 temps :
l^r temps : poser le pied gauche ;
2® temps : sauter en pliant le genou droit, le bras droit plié sur la cuisse, la tête au genou, le bras gauche arrière amené en avant ;
3® temps : poser le pied droit à terre sans sauter en redressant le corps ;
4® temps : sauter sur le pied droit en franchissant un espace, la jambe gauche allongée en arrière, le bras gauche de même pendant que le bras droit s'élève en avant, le corps et la tête rejetés en arrière.
Ceci est le demi-sauvage simple. Pour le composé, le corps fait une torsion sur le genou plié, le bras gauche en avant et le bras droit en arrière, la tête est dirigée en avant.
Les deux bras se trouvent sur le même plan. Deux temps également pour ce mouvement :
1®^ temps : poser du pied gauche ;
2® temps : sauter en levant le genou droit et torsion.
Pour les deux mesures finales du thème musical, sauter après quelques pas de course en lançant la jambe droite en arrière, la tête et le corps de même, et toucher le pied avec la tête, si possible ou, comme la dernière photo l'indique, enjamber en sautant, en levant les bras avec arrêt net sur. la jambe en avant.
L'adaptation musicale et la composition ne peuvent se faire que d'après l'idée personnelle de chacun. Chaque individu a, de la musique ou de l'expression du chant musical, une compréhension différente. Mais, à mon avis, comme la musique n'a pas été écrite pour l'exécution du mouvement, il faut choisir des thèmes simples et essayer de donner à notre exécution l'expression et la pensée de l'auteur. Toute la musique de Grieg est exquise et caractéristique, aussi les adaptations doivent être simples. Il faut adapter les mouvements à la musique et non la musique aux mouvements.
Fig. 2
IV« PARTIE
Adaptation, fig. 2 Clair de Lune, de Debussy.
Les quatre photos ci-jointes indiquent les mouvements les plus marqués et les plus nets de cette adaptation.
La première photo représente la pose initiale pendant que Ton écoute le début du Clair de Lune, puis le réveil. Les mouvements n'ont plus ensuite aucun arrêt puisque le chant s'élève progressivement.
Le corps entier doit suivre et interpréter fidèlement cette expression musicale si belle.
Au fur et à mesure que l'expression du morceau s'accroît, le corps grandit. Les pieds, les jambes, les bras, les mains, tout, en un mot, doit, comme la physionomie, exprimer les sentiments ressentis. L'inspiration joue un très grand rôle. Aussi faut-il l'éduquer et être frappé par la beauté du morceau avant d'en aborder l'exécution.
IV« PARTIE
Adaptation, fig. 3 Vision champêtre, de Monti.
La Vision champêtre^ un morceau moins classique, a été choisi pour la netteté des points d'arrêt du chant, pour l'exécution des mouvements de profil qui, eux-mêmes, ont ces temps d'arrêt marqués.
Il doit y avoir dans ces mouvements une grande symétrie. Les bras ne bougent pas, sauf dans le saut, qui doit impliquer le mouvement du tir de l'arc, mais ils reprendront la position indiquée par la photographie, pour que, dans les ensembles, avec plusieurs exécutantes, il y ait cette impression de la ligne droite.
Ainsi que le montrent les deux dernières photos, le corps seul se meut sur les jambes pHées. Les bras restent dans la même place avec torsion du corps sur la jambe en avant, bras opposé.
— Ml -
f'jg- 4
IV« PARTIE
Adaptation, fig. 4 Florestan^ dans le Carnaval, de Schumann.
Du Carnaval, de Schumann, œuvre merveilleuse dont je me suis permis de faire l'interprétation, je ne puis définir ici toutes les parties. Le cinéma seul nous donnerait une image exacte de sa composition.
Les mouvements indiqués sur cette photographie se rencontrent surtout dans Florestan, un Florestan plein de charme et de grâce, tel que le représentait Schumann. Légers et continus, ils doivent être exécutés sans arrêt, en sautant.
La dernière photographie nous montre la fin de Florestan.
IVe PARTIE
Adaptation, fig. 5 Scènes d'enfants, de Schumann.
Les Scènes d'enfants représentent des tableaux différents. Les mouvements que nous indiquent ces photographies, resserrés sur l'épreuve, peuvent être séparés ou liés suivant les passages exécutés.
Enchainer les expressions de rêverie, de gaîté, aux thèmes si différents.
Fig. 5
iir. —
Fig. 5
Fig. 6
IVe PARTIE
Adaptation, fig. 6 Rêverie^ de Schumann, dans les Scènes d'enfants.
Si une seule élève veut exécuter la Rêverie de Schumann, elle s'inspirera du mouvement de sa camarade au centre de la photographie et terminera par celui de l'élève étendue à terre.
IVe PARTIE
Adaptation, fig. 6 Rêverie, de Schumann (suite)
Cette Rêverie nécessite le maximum d'expression et d'amplitude du geste.
IVe PARTIE
Adaptation, fig. 7 Valse, de Chopin.
Mouvements adaptés à une des Valses de Chopin.
Chopin, si imposant, si grand, autorise difficilement les interprétations et pourtant ses rythmes appellent le plus souvent la danse, mais il faut être et se reconnaître grand artiste pour associer sa pensée aux sentiments que Chopin a voulu exprimer. Cependant quelques-unes de ses valses sont à la portée de tous et le risque est moindre de commettre de graves erreurs.
IVe PARTIE
Adaptation, fig. 8 Les Papillons, de Schumann.
Voici enfin quelques indications sur l'interprétation des Papillons de Schumann.
Les papillons et papillonnes s'éveillent, tournent voltigent, bavardent, se poursuivent, en un mot papillonnent, puis s'endorment et redeviennent chrysalides.
Voici, brièvement, l'explication de ces photographies ; la dernière donne la phrase finale des Papillons.
Fig 8
Fig. 8
Mes chères lectrices, j'ai terminé. J'espère que vous aurez trouvé, dans ce livre quelques indications sur le moyen de vous perfectionner vous-mêmes, et, si vous êtes parfaites, quelques notions qui pourront vous être agréables et vous prouver le bonheur et la joie que Ton peut posséder en développant son corps parallèlement à son cerveau.
Rester saines, belles et agréables pour tous ceux qui vous regardent et vous entourent, tel est le but vers lequel, sans cesse, vous devez tendre. L'expression de la beauté est, en effet, en soi et il suffit de se connaître soi-même pour la posséder et lui permettre son complet épanouissement.