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EXERCICES EN VUE D'ÉTABLIR UNE RESPIRATION PUREMENT NASALE

La respiration nasale exclusive a, pour nous, une grande importance. Elle protège l'alvéole pulmonaire. HicpesranD (1),en 1888 ,montrait que l'air qui a traversé les fosses nasales ne contient plus de germes quand il arrive à la trachée. Woüorrz el Lermoyez (2) ont donné la raison de cette stérilité de l'air pulmonaire, en démontrant que le mucus nasal élail bactéricide.

Le Manuel de Gymnastique (3) publié par les ministères de l’Instruction publique et de la Guerre, en 1884,

(1) Hrroepnaxn, Experimentelle Untersuchungen über das Eindringen pathogener Microorganismen von den Luflwegen und der Lunge aus. — Beitrage zur pathologischer Anatomie und Physiologie, 1888, p. 424.

(2) Wonrz et Lenmoyez, Pouvoir bactéricide du mucus nasal, Annales des maladies de l'oreille, 1893.

(3) Zn Daury, Dictionnaire Decrausre, article Gymnastique.

expose ainsi la question : « Il faut inspirer par le nez, la bouche fermée ou entrouverte ;il faut autant que possible inspirer lentement et expirer à volonté, selon les circonstances. Par là, on évite l'introduction brusque de l’air froid dans la cavité buccale et des poussières dans les bronches. Enfin l'arrivée plus lente de l'air inspiré permet une utilisation plus complète de la surface pulmonaire dont une partie seulement entre en fonclions quand l'inspiration est buccale, courte et saccadée. On recommandera donc aux élèves, dans toutes les habiludes de la vie, mais surlout pendant Les exercices, d'inspirer par le nez el d'expirer par la bouche. »

Nous ne saurions adopter loutes les conclusions du Manuel de gymnastique, car nous préférons {sans toutefois y ajouter autant d'importance que pour l'inspiration) que l'expiration soit nasale comme le premier temps respiratoire. M. RosenrHaL a donné plusieurs raisons en faveur de cette préférence dans les articles déjà cités. [ nous paraît, en outre, plus facile d'habituer un sujet à inspirer par le nez, en lui défendant d'accomplir par la bouche toute partie de l'acte respiratoire.

Donc toul sujet qui ne respire pas par le nez doit être rééduqué sur ce point. Il sera soumis à « l’épreuve nasorespiratoire » que notre Maitre RosénTHAL décrit ainsi :

« Placez le sujet devant vous, et veillez à ce qu'aucun vètement, aucune ceinture, aucun corset, ne puisse gèner la respiration. Expliquez-lui qu'il doit inspirer et expirer par le nez, et demandez-lui de respirer ainsi vingl fois de suite. Il sera utile, pour éviter toute dyspnée, de faire respirer, pour ainsi dire, au commandement.

« L'inspiration se fera, par exemple, lorsque la main du

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médecin s'élève ; l'expiration lorsqu'elle s'abaisse. »

On conslale ainsi que beaucoup desujets sont incapables de respirer par le nez. D'autres respirent par le nez pendant trois ou quatre respiralions, puis le mode nasal exclusif fait place au mode naso-buccal.

On devra donc s'attacher, en faisant respirer le malade suivant les règles que nous avons énoncées, à l'habiluer à la respiration nasale. Il faudra le reprendre chaque fois qu'il aura des tendances à ouvrir la bouche durant les exercices. Une grande attention sera nécessaire, car le malade pourra respirer par la bouche légèrement entrouverte, sa respiration paraissant exclusivement nasale. Celle éducalion sera souvent longue et difficile.

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