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EXERCICES EN VUE DE RÉTABLIR LE JEU NORMAL DU POUMON

Quant à la seconde indication à observer pour arriver à la bonne respiralion, on arrivera à la remplir par la pratique des mouvements rythmés, pouvant favoriser la dilatation thoracique dansses divers sens, Nous décrivons ici quelques-uns des exercices el des mouvements que nous avons employés; ceux qui nous onl paru les meil-

leurs. Nous verronsensuilela marche àsuivre pour appli-

quer la mélhode sans danger aux tubereuleux.

Les exercices respiratoires essentiels peuvent se grouper en qualre séries :

1° Respiralions simples dans différentes attitudes régulières ;

2° Respiralions accompagnées de mouvements passifs du tronc, des bras, au besoin des jambes ;

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3° Respiralions accompagnées de mouvements aclifs des bras el des jambes ;

4° Respirations dans les divers actes de la vie, marche, parole, lecture, écriture, décubitus de repos.

Les exercices de la troisième et de la quatrième catégorie ne doiventêtre employés qu'avec la plus grande prudence chez les bacillaires. IL vaut peut-être même mieux ne pas les employer,car on ne peut pas les régler, les doser en quelque sorte comme l'on peut lefaire pour les respiralions au commandement et les mouvements passifs.

Dans notre pratique, nous n’avons pas employé les mouvements actifs; et ce n’est que tardivement que nous avons autorisé nos malades à faire des respirations rythmées el profondes en série, en dehors de notre présence.

Avec M. RosEeNTHAL, nous considérons comme accessoires le massage du ventre, les pressions exercées sur les côlés par les mains, c’est-à-dire l'expression du {horax,les vibrations, l'électrisation de certains museles,etc…. qui peuvent être indiqués dans des cas spéciaux. Nous considérons comme inulile la machine Zanper où HERTz. La gymnastique respiratoire vraie doit être beaucoup plus un moyen physiologique qu'un agent mécanique, el le poumon est un organe trop délicat pour être confié à une autre personne qu'à un médecin.

« La machine pouvait convenir aux conceplions anciennes qui faisaient de la gymnastique respiratoire des exercices de gymnastique pure, elle doit être absolument bannie de la gymnastique respiratoire thérapeutique, physiologique, scientifique et vraiment médicale (1). »

(1) Rosevrmaz, Presse médicale, loc. ci.

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[. Respirations simples dans différentes attitudes. — Le premier groupe d'exercices comprend les respirations simples dans différentes allitudes. Maurez,, de Toulouse, a déjà attiré l'attention sur ces exercices etil en a signalé toute l'imporlance.

On fait placer le sujet dans le décubitus dorsal,et on lui fait toutes les recommandations dont nous avons parlé à propos de la respiration nasale. On lui montre sur soimême comment il doit respirer ; puis on lui fait exécuter cinq, dix, puis vingt respiralions exclusivement nasales.

Le plus souvent l'entrée de l’air sera minime au début; ilfaudra encourager le malade à faire des efforts de plusen plus grands, de manière à arriver à une respiralion profonde ; on surveillera bien son système respiratoire et on règlera le rythme de ses mouvements à l’aide de la main.

L'inspiralion devra se faire pendant que le médecin lèvera la main, l'expiration pendant qu'il l'abaissera. Le rythme sera assez rapide au début; puis de plus en plus lent, mais sans exagéralion.

Si le malade présente, ce qui est très fréquent,et nous ne saurions {rop y insister, les signes de l'insuffisance diaphragmatique, il faut lui faire répéter le même exercice en mettant la main gauche sur l'abdomen, pendant que la main droite bat la mesure, On lui montrera, on lui expliquera que la contraction du diaphragme doit soulever la mainque l’on a posée sur l'abdomen,pendant l'inspiration.

Si la paresse diaphragmatique est trop considérable, on répélera le même exercice en demandant au sujet de maintenir la contraction diaphragmatique entre la fin de

l'inspiration et le début de l'expiration pendant une, deux, puis trois secondes.

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On recommencera ensuite les mêmes exercices de respiration physiologique dans le décubitus latéral droit, gauche, dans la position assise, puis dans la station debout. Il faudra toujours continuer à surveiller par la vue et la palpation le fonctionnement du diaphragme. À ces attitudes essentielles on pourra ajouter des respirations en maintenant les membres supérieurs dans certaines positions; bras en croix, bras en l'air ou lendus horizontalement en avant, les mains tenant, parexemple, une canne que le médecin maintient de la main gauche à une hauteur variable, etc.

D'ailleurs chaque médecin sera maître, selon les indications cliniques, de varier à l'infini les manœuvres. Nous ne donnons que les idées directrices et les grandes lignes de la méthode.

Ces exercices de respiration sans mouvements du tronc el des membres sont capitaux pour M. Rosexruaz. Ils donnent, maintiennent et développent la synergie respiratoire. Ils sont les exercices Les plus importants de la cure de gymnastique respiratoire. À la première comme à la dernière séance, on doit les faire exécuter.

Il. Respirations accompagnées de mouvements passifs. — La deuxième série de manœuvres comprend les exercices de respiralions accompagnées de mouvements passifs des membres.

Leur nombre est considérable; on peut en effet les varier presque à l'infini. Nous nous bornerons à en rapporter quelques exemples. D'ailleurs le facteur essentiel est l'exercice respiratoire pur,c’est-à-dire l'inspiration et l'expiration. Le mouvementne sera qu'accessoire. Voici quelques-unes de ces manœuvres :

MoUvEMENTS DES MEMBRES SUPÉRIEURS. — 1° Le sujet élant assis, les bras horizontalement tendus en avant, écartez-les en les élevant légèrement pendant l’inspiration, ramenez-les à la position primitive pendant l’expiration ;

2 Le sujet élant assis, faire passer les bras de la position allongée Le long du corps à la position horizontale, soit en avant du corps, soit en croix. Plus lard, faire décrire à la main une demi-circonférence dans un plan sagiltal ou transversal ;

3° Placez-vous derrière le sujet. Qu'il fléchisse les bras, les coudes serrés au corps, les mains à la hauteur des épaules:

a) Pendant l'inspiration, élevez les bras en l’air et laissez-les, dans l'expiration, revenir à la position première;

b) Exercez une traction sur lesmains du sujet, de façon à amener les bras en croix à la fin de l'inspiration et laissez les retomber dans l'expiration.

Tous ces exercices passifs peuvent être répétés avec de légères variantes, dans le décubitus dorsal ou dans la station verticale. Ilest très facile et très simple de les varier, d’y adjoindre, si on le juge ulile, une légère résistance de la part du médecin, ete. Par exemple, les mains du sujet élant sur ses hanches, les coudes dans le plan du corps, on amènera les coudes en arrière dans l'inspiration et on les ramènera en avant pendant l’expiralion, etc.

Mouvemenrs pu Tronc. — Voici, maintenant, un exemple de mouvements dutronc :

Le sujet étantassis sur un divan, les jambes étendues, couchez-le pendant qu'il inspire, asseyez-le pendant qu'il expire. Ce dernier exercice est excellent dans les cas où

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le malade à une forte insuffisance diaphragmatique .

MOUVEMENTS DES MEMBRES INFÉRIEURS. — Enfin, pour terminer, voici un exemple de mouvements des membres inférieurs :

Le sujet élant couché sur le divan, les jambes étendues, fléchissez-lui les jambes pendant inspiration, étendez-les à l'expiration. Cet exercice est encore excellent pour ramener le fonctionnement du diaphragme.

II et IV. Respirations accompagnées de mouvements actifs et respirations dans les divers actes de la vie. — Nous ne voulons pas décrire ici les mouvements actifs car, comme nous l'avons déjà dit, nous ne les avons pas fait exécuter aux tuberculeux que nous avons traités, et nous croyons qu'il serait imprudent de les leur laisser exécuter sans contrôle.

V. Progression des exercices. — Maintenant que nous avons décritsommairementles procédés si simples qu’emploie notre gymnastique respiratoire, nous allons étudier comment et dans quel ordre on doit appliquer ces différents exercices à la cure de linsuffisance respiratoire chez le tuberculeux.

Nous l'avons dit, la grande objection que l’on à faite à l'application de la gymnastique respiratoire dans la tuberculose pulmonaire, c’est que cette méthode a provoqué souvent des réactions graves. M. RosenrHaL à tourné heureusement la difticulté. On ne doit pas chez le bacillaire faire d'emblée les mêmes exercices respiratoires que chez les adénoïdiens, par exemple. L'exercice chez le tuberculeux devra s'adresser d’abord aux parties saines du poumon, en respectant autant que possible les parties malades. Ce n’est que peu à peu, avec la plus grande

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prudence, que les zônes atteintes seront ensuite sollicitées à recouvrer leur fonctionnement physiologique. C’est assez dire que l’on ne pourra pas confier le traitement à un masseur où à un gymnaste. La Gymnastique respiratoire, encore plus dans la tuberculose pulmonaire que dans Les autres affections justiciables de son application, doit être exclusivement dirigée par le médecin, Lui seul pourra juger de l'obscurité d’un territoire pulmonaire ; lui seul pourra apprécier le jeu plus ou moins correct, plus ou moins puissant du diaphragme; lui seul pourra peser les indications et les contre-indications, mesurer la durée des séances, et établir en toute connaissance de cause la progression des manœuvres.

Voici, d’après M. Rosenraz, la marche à suivre en général chez les tuberculeux. Il est évident que celle marche est variable avec chaque cas particulier, el c'est sur l'état général du sujet et les indications fournies par l’auscultation que le médecin devra se baser pour la modifier. C’est cette marche que nous avons suivie dans nos recherches en la modifiant dans ses détails suivant chaque cas parliculier. Nous citons textuellement les lignes consacrées par notre Maïîlre à ce sujet.

« Un exemple nous permettra de préciser notre technique :

« Supposons un jeune homme ayant sous la clavicule gauche quelques craquements. Dans les quatre premières semaines, on se bornera, dans des séances courtes, en évilant toux et faligue, à lui apprendre les règles physiologiques de la respiration, et à lui faire faire des respiralions diaphragmatiques d'abord superficielles, puis de plus en plus profondes. À la fin de la quatrième

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semaine, on commence à lui faire faire des mouvements passifs légers, lents, peu étendus, du bras droit, accompagnés de respiration diaphragmalique, tandis que le bras gauche reste collé au corps. Les séances, répétées deux fois par semaine, seront courtes etcomprendront de un à cinq mouvements, répétés de deux à six fois au plus. Le sens clinique règle la progression.

«Après deux mois environ, les séances sont facilement lolérées; alors, prudemment, un mouvement passif commencé et répété quatre fois avec le bras droitest exécuté avec le bras gauche. Plus tard, les mouvements passifs seront exécutés, alternativement avecle bras droit seul, alternativement avec les deux bras.Vers la fin du troisième mois, quelques mouvements passifs bilatéraux d'emblée pourront être exécutés. Nous avons l'habitude, chez nos bacillaires, de ne pas faire faire de mouvements actifs ; les respirations simples et les mouvements passifs suffisent à leur redonner la vitalité respiratoire et, au moins, à les mettre à même de bénéficier des bienfaits de la montagne...

« Avec prudence,la gymnastique respiratoire ne saurait être un danger... Quant à la machine Zanper ou Hertz, il faut lui laisser le champ immense de la mécanothérapie musculaire ou osseuse et la bannir des exercices physiologiques délicats (1). »

Dans nos recherches au sanatorium d’Angicourt, nous avons été un peu plus rapide dans l'application de la méthode, peut-être à tort. Mais il faut tenir compte que nous nous y trouvions dans des conditions tout à fait

(1) G. RosewruaL, Presse médicale, loco crtato,

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