CHAPITRE V
Observations.
C'est au Sanatorium d’Angicourt que nous avons pris les malades auxquels nous avons appliqué la gymnastique respiratoire. Plusieurs raisons nous ont décidé à choisir nos malades parmi les pensionnaires de cet établissement.
Il nous était plus facile de trouver là, dans une agglomération de cent cinquante tuberculeux, un choixde malades justiciables de la méthode. Ces malades ne quittant pas le sanalorium, nous étions toujours sûr de les avoir sous la main à l'heure de nos séances d'exercices respiratoires, et leur séjour élant prolongé, nous pouvions compter continuer nos exercices de gymnastique pendant tout le temps qui nous semblerait utile.
Ces conditions, nous aurions pu difficilement les trouver réunies dans les Hôpitaux généraux de Paris, ainsi que les conditions hygiéniques exceptionnelles dans lesquelles se trouvaient nos sujels.
Nous tenons donc à remercier encore une fois M. le Docteur Kuss, médecin en chef du Sanatorium, de l’amabilité avec laquelle ilnous a permis l’accès de son établissement et de l'entière liberté qu'il nous a laissée dans la direction de nos travaux.
Dans nos observations, pour étudier les modifications
apportées par la méthode au fonctionnement de la cage thoracique et des poumons, nous nous sommes servi des moyens les plus simples. Chez tous nos malades, nous avons pris deux mensurations du {thorax : l’une horizontale, suivant un plan passant par la base de l'appendice xyphoïde, l’autre oblique suivant un plan passant en arrière sous l'angle inférieur de l’omoplate et en avant au niveau des mamelons.
Pour ces mensurations, nous avons employé «le centimètre symétrique » de M. RosenTHAL qui nous a été très utile dans les cas d’asymétrie thoracique.
Nous avons étudié Le périmètre thoracique dans l’inspiration forcée, dans l'expiration forcée et enfin dans l'inspiration moyenne. Dans nos observations, nous rapportons les périmètres oblique et horizontal dans la respiration moyenne. Nous désignons sous le nom d’expansion thoracique les différences entre les périmètres horizontaux mensurés dans l'inspiration et l'expiralion forcées.
Pour étudier la capacité respiratoire nous avons praliqué la spirométrie à l’aide de l'appareil de Verdin.
Nous avions choisi primitivement vingt sujets pour étudier sur eux notre méthode. Sur ces vingt sujets, deux ont quitté le Sanatorium pour des motifs privés.
Trois autres n’ont pas voulu s’astreindre à suivre les séances d'exercices respiratoires. Il nous restait donc quinze malades. Nous allons rapporter ici, en les résumant, leurs observations, aussi bien celles qui semblent contraires à la méthode que celles qui lui sont favorables.