L LE
en ie
vité qu'ils impriment au processus nutrilif, les climats d'altitude répondent à l'indication tirée de la débilité fonctionnelle et de l'hypotrophie. C'est beaucoup déjà, car aucun autre chmal, aucune autre méthode thérapeutique ne peut atteindre le but avec une puissance égale; mais ce n’est pas tout, et, par l’allilude, si elle est suflisante, ces climats ont wneaclion spéciale et directe des plus salutaires sur l'état et sur le fonclionnement des poumons .
La raréfaction de l'air produit dans la fonclion respiraloire deux changements qui sont le point de départ d’importantes modifications. La fréquence de la respiration au repos peut être augmentée de (rois à cinq respirations par minute; c'est du moins ce qui à lieu chez moi ; mais, en tout cas, la respiralion est plus profonde ou, pour mieux dire, plus ample. La raison, c'est que, dans ce milieu rarélié, 11 faul une capacilé, une absorplion respiraloire plus grande, pour maintenir dans l'appareil pulmonaire Ja quantité d'air nécessaire à l’accomplissement régulier des opérations de l'hématose et de la nutrition en état de suraclivité.
Or l'augmentation légère du nombre des respiralions, füt-elle constante, ne saurait amener ce résultat. Il ne peul être produit que par une amplialion pulmonaire plus considérable, qui met en jeu cerlaines régions du poumon que jai appelées paresseuses, parce que, dans les condilions ordinaires, elles ne prennent qu'une très faible part à l'expansion inspiraloire; ces régions sont les parües supérieures des organes. Mais, comme là pression almosphérique est abaïissée, cette participation plus complèle du poumon à l'acte inspiratoire implique néCessalrement une augmentation d'action des forces musculaires
G Le
qui président à l’ampliation du thorax ; et cet ensemble de condilions subordonnées, loutes issues du changement de pression dans le milieu respirable, a pour résultal, en fin de compte, wne gynmastique méthodique inconsciente, mais régulière et constante, de l'appareil respiratoire, qui est maintenu, sans fatigue, au maximum de l’activité fonctionnelle. »
Nous voyons donc que, pour le professeur JaccouD, un des moyens d'action de la cure d’allitude est de faire accomplir au bacillaire une gymnastique respiratoire inconsciente, Si nous avons assez longuement rapporté les paroles de l'éminent professeur, c'est que nous sommes heureux de pouvoir nous baser sur une opinion aulorisée comme la sienne, pour prouver la rationalité de notre méthode.
2° Gymnastique respiratoire et Suralimentation. — « Les poumons sont à la fois des organes importateurs du grand épurateur de l'organisme, l’oxygène,etexportateurs, pour une part importante, des résidus et produits excrémentiliels, suppléant la peau et les reins,et réciproquement(1).»
IL nous semble done qu'à ce litre il ne peut pas être indifférent qu'un sujet qui se suralimente respire mal. Si le tuberculeux doit se suralimenter, c’est qu’il a besoin d'élaborer des matériaux, de réparer son organisme qui menace de tomber en ruines. Cette élaboralion, une bonne oxygénation de son sang la rendra plus facile et plus complèle.
M. Rosenruaz, en appliquant sa méthode de gymnastique respiratoire à la prévention de la tuberculose, est
(x) Dazvy, loco citalo.
AT
arrivé à produire, chez les sujets trailés, des augmentations de poids rapides et très appréciables. Il les attribue à une meilleure assimilation des matériaux ingérés. Pourquoi ne pourrions-nous pas, par analogie, espérer les mêmes résuilats dans la tuberculose pulmonaire déclarée? La suralimentation a pour but de meltre à la disposition du malade une plus grande quantité de subslances à assimiler. Il est logique de concourir à ce but par une méthode qui élèvera en quelque sorte le coefticient d'utilisation de ces aliments.
De plus, la suralimentation s’accompagnera naturellement d’une surproduction de toxines que le poumon fonctionnant avec puissance pourra contribuer à éliminer avec rapidilé.
3° Gymnastique respiratoire et Cure de repos. — Au premier abord, la cure de repos (cure bien nettement indiquée et admise par tous) et la gymnastique respiratoire paraissent inconciliables; mais les deux agents thérapeutiques peuvent parfailement aller de pair, croyons-nous,
Le mot de gymnastique, tout au moins depuis les travaux des auteurs suédois el surtout de LixG, ne signifie pas : exercice auquel toute parlie constituante de l’organisme doit prendre part, et à côlé de la gymnastique générale il y a‘une gymnastique spéciale à chaque organe pris en particulier.
Les expériences de Marey (1) sur les élèves de Joinville-le-Pont, l'observation rapportée par LAGRANGE (2) el nombre d’autres fails du même genre montrent que la course, la marche, la bicyclelte,la gymnastique géné-
(1) Maney, Académie des Sciences, 10 juillet 1880, (2) LaGnaxGe, Médication par l'exercice.
es Re
rale retentissent sur l'appareil respiratoire. Une suractivilé du système musculaire entraîne la suractivité de la respiration; des combustions plus intenses réclament plus d'oxygène.
Mais, dans la tuberculose pulmonaire, l'exercice général serait une cause de fatigue et d'épuisement, IL esl donc à rejeler. Or, les Suédois nous ont appris à exercer une action élective sur l'organe mis en état d’infériorité, et ils nous ont démontré de plus que l'exercice général ne saurait faire disparaitre une habitude fonctionnelle vicieuse, ne saurait rétablir l'équilibre entre des organes à fonctionnement normal et ceux à fonctionnement vicié.
De même qu'on {railera l’ankylose d’une articulation par la mobilisation, par la gymnastique locale appliquée à celle articulation, de même, il nous semble logique de traiter, chez le luberculeux, l'insuffisance pulmonaire, celte ankylose du poumon, par la gymnastique respiratoire. Ce fait d’être un exercice local nous la fait préférer, indépendamment de toute autre raison, à la marche ascensionnelle, en honneur dans certains sanatoria, el qui, en somme, n'est qu'une gymnaslique respiratoire, mais qui s'accompagne de travail de tout l'organisme.
Notre cure respiratoire n’entravera pas plus la cure de repos que ne l’entrave la cure d’allitude.
Elle aura sur cette dernière un avantage appréciable: celui de pouvoir être employée à domicile ; el sur le nombre effrayant des tuberculeux, combien en est-il d'assez fortunés pour pouvoir être à même de profiter des chances de guérison que leur offrent Saint-Morilz, Davoz Plalz ou autres stations d’allilude similaires.
Le
je
Nous croyons avoir montré dans les pages qui précè-
dent que le traitement de la tuberculose pulmonaire par la gymnastique respiratoire est logique et qu'il n’est en opposilion avec aucun des principes qui régissent le traitement classique du tuberculeux.
Nous allons maintenant examiner brièvement une iné thode qui, à l'encontre de la nôtre, repose sur l’immobilisalion du poumon.