La gymnastique suédoise de Ling
Le muscle sans le cerveau conduit a la bestialité, le cerveau ■ sans le muscle à la névrose. Depuis un siècle, la culture intellectuelle a pris, dans la vie des peuples, une prédominance naguère inconnue; aile est devenue une condition essentielle de la vie et du progrès. Aussi peut-on affirmer que l'athlète, l'homme chez lequel le^ développement musculaire excessif contribue à atrophier le développement cérébral, est devenu un-
etre faible dans la lutte pour l'existence moderne. De nos ;)ours
. malheureusement^ l'on est tombé d'un excès dans un autre, et le soin trou exclusif de la culture intellectuelle a fait oublier, méconnaître, parfois même mépriser le développement physique, trop exclusivement estimé par les classes dirigeantes pendant la période du moyen âge»
La vérité était déjà comprise par l'antique civilisation grecques elle consiste à confondre étroitement le développement intellectuel et physique de l'homme, en établissant un juste équilibre entre ces deux branches de l'éducation générale»
lîn effet, le correctif naturel de l'influence éner'v;ante et debilante du travail cérébal réside précisément dans un exercice physique jxidicieusement et régulièrement appliqué,
o" est-à-dlre tenant compte des lois de la physiologie humaine.
Il est important que nous soyons bien pénétrés de cette conviction, que c'est surtout dans les pays où la population est dense, l'industrie prospère, les agglomérations vastes et nombreuses, que l'oubli des lois de la nature pour l'enfant et l'adolescent, conduit le plus vite et le plus sûrement à la déchéance physique, avant -coureur de la déchéance intellectuelle et morale.
Tout chef d'Etat, dont la prévoyante sollicitude s'étend à tout ce qui intéresse l'^'avenlr et la grandeur matérielle et morale
le son pays doit tenir a mettre en pleine lumière cette impérieuse nécessité, et à favoriser l'introduction, dans les établissements d'instruction, d'une méthode
d'éducation phyaique basée sur les sciences naturelles. Les procéd.és d'ensei^aement gymnastique appliqués è la
jeunesse scolaire, sont souvent basés sur un empirisme vague, et leurs effets nuisibles se font sei’’. tir alors malgré la
ireté des séances de gymnastique
est
meme presque de règle d'en exempter le» enfa,nts faiblement constitués, c'est-àdire précisément ceux qui ont le plus besoin d'exercice physique pour assurer leur développeiaent corporel.
Ces considérations peuvent expliquer.
sans l'excuser/ meme de cours de
!'■ insuffisance , l'e-bsence
gymnastique sérieux dans
la plupart des établissements d'instruction, ou bien encore, l'extreme rareté des leçons dans les programmes d'enseignement; tandis qu'elles devraient etre jour-
nalières pour les écoliers des deux sexes. Tl est certain aussi q^ue "beaucoup de parents cherchent à faire exempter leurs enfants des leçons de gymnastique, à cause de la crainte des accidents et des déformations qui y surviennent .
Or, c'est précisément pendant la croissance du corps que l'activité physique rationelle est le plus nécessaire et le plus efficace pour le développement corporel et la santé générale | tandis que l'inactivité physique à l'école engendre les poitrines plates, les épaules rondes, la faiblesse organique, les prédispositions à la maladie et la rapide dégénérescence intellectuelle,
Enfin, n' attache— t— on pas souvent une importance insignifiante ou meme nulle
à l'éducation physique d.ans les examens ou les concours des établissements d'instruction de tous les degrés ?
Quelles mesures sérieuses prend-on dans les écoles et les universités poui' assurer à la jeunesse, l'espoir et l^a,venir du pays,” une ame forte dans un corps robustej” ces ' mesures sont-elles en rapport avec l'importance du but à atteindre?
Tous, nous approuvons l'aphorisme Mens sana in corpore sano ,et nous déclarons en reconnaître la justesse; mais nous ne savons pas imiter les peuples de l'antiquité qui s'imposent encore a notre admiration après vingt siècles, par l'éclat de la culture intellectuelle et de la beauté physique ^
Une nation surtout a repris ces nobles
traditions, c'est la Suède. Une organisation magistrale existe dans ce pays grâce aux ef~
forts persévérants d.^honimes do science, avec l'aide de la Dynastie et l'appui
du Grouvernement .
I»" éducation physique de la ;]eunesso suédois© comporte essetiti ellement la gymnastique, le travail manuel, les jeux et les sports.Le but de se rapport est d'exposer cette remarquable organisation et les différentes branches de J.' éducation physiq^ue suédoise. Il constitue une analyse synthétique des principes de la gymnastique suédoise, il en f< comprendre la méthode et en démontre l'incontestable supériorité.
Puisse ce rapport hâter le moment où lo médecin, le pédagoque et la mire de famille s'intéresser«nt aux méthodes modernes d'éducation physique; ce jour marquera 3.a victoire de la science sur
l'ompiriame , et la gymnastique sera prise alors dans la oonoeption la plus générale et la plus élevée.
Avant de terminer, je dois faire remarquer que toutes les missions qui ont été envoyées en Su^de depuis plus d*un demi-siècle, pour y étudier la g^.rmnastique, ont invariablement préconisè-la méthode de Ling pour 1*' éducation physique de la jeunesse. Il en ost ainsi depuis la premiers mission envoyée en 1845 ;f:ar le Gouvernement Prussien a La Suède a défini oLaiïS une conception hautement morale , virile, noble et élevée, les principes vrais et immuables du progrès scientifique en ce qui concerne 1'' éducation physique de l'homme. J'espère de faire partager cette conviction â tous CGUic qui voudront se dévouer pour donner à la jeunesse la seule éducation vraiment forte et rationelle: celle qui cherche à éta-
■blir une juste harmonie entre les facul-' tés morales, intellectuelles et physiques de l'homme..
Les ori^nea
àe la f.;yianG3tique pèda^ofrione sii^dolae .
Le créateur de la méthode de stiq[iie scientifique moderne est le suédois Per Henrik Ling, né en 1776 et mort en 1839. Impressionné , pendant le cours do ses études universitaires, de l'' influence débilitante exercée sur la santé et la vigueu?- de l"* étudiant par les nécessités sans cesse grandissantes de l'instruction moderne J convaincu de l'infériorité et de l'empirisme vague des procédés 4' éducation physique employés pour assurer le développement de la jeunesse de son pays, il résolui; de se consacrer d la recherche de méthodes basées sur l'analyse des mouvements et les sciences naturelles.
Ling se rendit à l'étranger, afin d'y étudier les exercices physiques en usage, et se fixa d'abord à Copenhague.
Son rotoTiT en Suède date de l'année 1805, époque a laquelle il fut nommé professeur de gymnastique et d'escrime à l'Université de lund; plus tard à l'Ecole militaire de Stockholm* C'est là qu'il se consacra entièrement à la recherche des principes qui régissent les mouvements du corps, en prenant pour base de ses recherches, la physio-' logie et l'anatomio humaines. Le fruit de ces travaux fut la création de la méthode de gymnastique pédagogique suédoise qui porte son nom ; elle est aujourd'hui universellement adoptée au point de vue scientifique.
Dans le musée national de Stockr-
holm, le buste de Ling se trouve dans
la grande coupole d'honneur, à coté de ceux des Linné, Ericsson et Berzélius,
bienfaiteurs de l'humanité .
Les débuts de Llng, coDime oeiix de tout lio^ome de génie ^ furent difficiles: rebuté par les ministres qui estimaient ( qu^il J avait déjà assez de saltimbanques sans devoir en prendre à la charge de l''Etat), ce n^'est que grâce a 1'' intervention personelle du Roi qu'‘il obtint, en 1813, les subsides nécessaires à la création d'un Institut de gymnastique.
Telle est l'origine du célébré Institut central et royal de gymnastique de Stockholm.
Il importe de constater qu'en Suède, la gymnastique est entrée d'emblée à l'Université, dont elle constitue une faculté. 'Le caractère de généralité des principes de la méthode de Ling explique les incessants progrès dont elle n'a cessé d'étre l'objet, et sa diffusion sans cesse grandissante-
L'Institut central et royal de
gymnastique de Stockholm.
Situé au centre de la ville de Stockholm, l'Institut central et royal de gymnastique, fondé par Ling, est la pépinière des professeurs de gymnastique et d'escrime de l'armée, de la marine, de toutes Iss écoles moyennes et supérieures du Royaume.
Personnel *
Cette Université de l'éducation physique a pour inspecteur actuel 3»AoR. le Zronprinz Gustave -Adolphe de Suède O Un Conseil supérieur, dont les membres sont nommés par le Roi, se compose d'un général, d'un pédagogue et d'un médecin. La mission de ce conseil consiste surtout à veiller au maintien
élevé du niveau général.des études et au / >
contrôle de la haute administration de
c«t -étaVliBaoiuent . Dana ohacune defa troia grandes subdivisions de Institut central, un premier professeur dirige spécialement l"" enseignement théorique et pratique, respectivement de la gymnastique pédagogique, militaire et médicale; ils sûnt aidés par des pro-' fesseurs ou des instructeurs en nomhre variable. C'est parmi les premiers professeurs que le Roi nomme le directeur de l'établissement pour une période quinquennale renouvelable .Outre ce personnel de haute valeur scientifique, plusieurs médecins y professent des cours d'anatomie, de physiologie et d'analyse des mouvements.
L'enseignement se donne aux jeunes gens pendant une, deux ou trois années, leur assurant une instruction correspondant respectivement au diplôme d'instructeur, de professeur de g7nrmastique , et
enfin de gymnaste médical.
Les jeunes filles font deux années d’' études seulement, et les brevets correspondent à ceux délivrés aux
jeunes gens, dont les Etudes sont plus longues par suite .de l'* enseignement de la gyronastique d' application militaire »
Les conditions d^'admission des candidats-élèves sont les suivantes;des aptitudes physiques déterminées, avoir de 20 à 30 ans d''âgo et le diplôme de baccalauréat ou de licencié ès-lettres.
La durée annuelle des cours est d'' environ huit mois, et le ombre moyen des élèves qui les fréquentent , varie de 25 à 30 en première année, et d^'une quinzaine en seconde année. L'* étude de la gymnastique médicale fait 1'' objet d^'un enseignement spécial auquel sont admis les docteurs en médecine et les professeurs de gyrûnastique .
C'est de la gymnastique rigoureusement • dosée en quelque sorte, et dont la seule existence constitue une démonstration ©datante de la justesse des principes sur lesquels est étayée la gymnastique do Ling.
Locaux.
L'Institut de gyiiiTast ique possède trois vastes salles de gymnastique, plus une salle destinée spécialement à la gymnastique médicale. .Parfait ornent ventilés et. éclairés, ces locaux sont toujours, plancliéiôs , et leur propreté est rigoureuse. Après l'exécution des leçons, des nattes en vieux cordages humides, analogues à celles qu'utilisent lés marins, sent trainées sur le sol, afin d'enlever
toute trace de poussière. Le caractère essentiel de ces salles, c'est que tous les appareils sie gymnastique peuvent ctre
rangés soit le long des murailles, soit sous le sol J disposition très intéressante permettant l'” exécution des exercices enserntle et d'ordre, les march.es et la course sirr toute la surface du plancher, lorsque les appareils sont rangés.
Ce sont les g^/mnastes eux-memes qui dressent ou remettent en place les agrès, suivant les besoins de la leçon de gymnastique. Un vestiaire, communiquant avec une salle de douche, est attenant à chaque salle; il renferme des casiers où se rangent les souliers et les effets des gymnastes. Un système de chauffage à la vapeur aide à sécher, après la leçon, les v<jtements de g^/innastique , Rien n'est donc négligé, au point de vue de l'hygiène, pour éviter que les exercices corporels ne deviennent plutôt nuisibles qu'utiles à la santé et par conséquent à la vigueur du
oorps. Les batirnemts comportent onoore des logements pour le directeur et les premiers professeurs, ainsi que des salles destinées aux leçons théoriques; puis une bibliothèque remarquable concernant 1" histoire de la gymnastique, et une
collection très complète d" ouvrages relatifs aux sciences qui s"y rattachent. C'est dans une vaste cour centrale que se trouve 1' amphithéâtre , comportant plusieurs tables de dissection pour le cours d'anatomie pratique; ainsi qu'un spacieux portique pour la gymnastqique en plein air.
Enseignement .
Les programmes des cours conp orient notamment l'enseignement de la gymnastique pédagogique , militaire et esthétique; de l'anatomie et de la physiologie .Pendant la deuxième année d'étude, les élèves suivent
un oours d'analyse ralsonnôe des mouy©ments et de leurs effets sur le corps huinainj ils étudient et appliquent la partie de la gymnastique médicale se rap*' portant spécialement aux déformations de la jeunesse scolaire.
Le caractère pratique et intuitif de l'enseignement sa manifeste toujours très nettement J le professeur ne dicte . Jamais son cours, qui mérite plutôt l'a,ppellation de conférence. Un ouvrage recommandé ou un précis sert de base aux leçons du maître, qui prévient toujours ses élèves des matières qui feront l'ob- Jet des études de la séance suivante. Il en résulte que les élèves assistent à la leçon possédant déjà une idée d'ensemble du sujet qui sera développé, ce qui leur parmst de suivre avec fruit les oommen- . taires du maître, qui explique oü oom-
plete par des exemples, la lecture attentive préalable que l'élève a du faire.
Le professeur s^en assure parfois, en adressant dans le cours de ses explications une question simple à l'un ou l'autre de ses auditeurs, dont l'attention est ainsi toujours tenue en éveil. Lors des Interrogations qui se font en commun, et afin d'éviter la récitation ph on o graphique de la matière, l'on exige toujours qu'elle soit exposée sous forme de démonstration sur pièces^ méthode qui, mieux que l'instruc^tlon livres que^ forme avec certitude des hommes habitués à penser, à analyser, à juger, et qui ignorent le triste talent de prononcer de mémoire des mots dont ils Ignorent la portée ou l'applioation; cette méthode rationnelle forme des hommes instruits et prat i que s .
Pr 1 n 0 i P e sf on damen t a-gz:
de la fi-ymnas tique pèdagoglquo «
La gyranast ique doit etrs nn moyen, e3.1e n‘'est pas un "outo Les Suédois oxprl-' imsnt oot Êiphorismo en pi*oclartiant que l''on doit faire de la gymnastique pour Lien vivre, ot non pas vivre pour faire de la gymnastique, L" exercice physique doit contrihuer à fortifier* la santé j à augmenter la vigueur et la vitalité générale du corps, en assurant son dévéloppement normal, complet et harmonietix> dans une attitude favorahle au fonotionno’ment intense et régulier. de ses organes.
Les leçons d© gymnastique doivent etre . complètes et ;^rogressivcs y o^'est-àdire composées d^'un ensemble d‘'Gxercicas s'adressant toujours intégralement au corps tout entier, sans négliger auctine de
ses parties, et en raison de leur fonction
et de leur importance physiologique j c'est-'à-dire en tenant compte de l'action des différents exercices sur la respiration, la circulation, les centres nerveux, la digestion, et, en règle générale, sur tous les organes essentiels.
La gymnastique rationnelle do Ling est composée de mouvements précis, les plus simples et les plus complets permettant d'assurer le développement .
normal du corps humain. Silo est basée sur la combinaison méthodique et. raisonnée ;
1 Le positions fondamentales;
2^ Le positions dérivées de oes attitudes;
3^ Le mouvements éxêcutés dans ces positions .
Les positions fondamentales ont pour but d'immobiliser un ou plusieurs grands segirients du corps, afin de per-
mettre aux ^p:oupes musculaires que l'on veut faire mouvoir , d'entrer en action avec un point d'appui déterminé et fixe, ‘ sitiié dans un plan parfaitement défini et judicieusement orienté.^
Les positions fondamentales, au nombre de cinq, sont prises respectivement sur les principaux segments du corps, savoir
1° Sur les pieds ,dans la position droite
2 Sur les genoux, dans la position a
genoux; ' '
3 Sur le siégé, dons la position assise;
4 Sur le dos, dans la position oouobée;
5 En suspension, les mai en appui 'audessus de la tête.
Toutes les autres attitudes adoptées, sont des positions dérivées des cinq positions fondamentales.
Enfin, la science dU mouvement , en
gymnastique éducative, consiste à déferrai-
n€T ©"b à appréolor X'^action nié ceuo —physiologique des mouvements exécutée en partant des différentes positions fondamentales ou dérivées.
La gymnastique suédoise, décompose
nécessairement tous les mouvements en trois phases distincte s,;.
1° La position initial© qti de départ;
S L exécution proprement ^dite du,
mouvement;
3 La position finale.
En résumé, il faut que l'attitude prescrite pour l'exécution d'un mouvement soit prise "très correctement avant de commencer Golui-ci, que cette attitude initiale soit maintenue pendant tout© l'exécution du . mouvement, et conservée encore après son ûchoTement. Les positions de départ ayant pour hut de localiser et d'intensifier vm mouvement, en fixant une partie du corps pour
en faire travailler une autre plus activement ou plus complètement; 1** attitude dans laquelle est exécuté le mouvement a donc une influence essentielle sur la valeur de l'exercice, et l'éducateur doit en connaître les effets. L'on concevra, dès lors, la constante sollicitude de l'instructeur suédois à corriger et à redresser sans cesse les attitudes inoorrectes ou vicieuses.
Supposons que les gymnastes sont dans la position de départ- ou initiale- de main s a.ux épaules, employée notammont pour’ l'exécution des extensions des Lras.
Voyv*n3-en la valeur physiologique; les hras fléchis et a’baissés sont placés latéralement, les épaules sont portées en arrière et vers le has; les omoplates sont "bien fixés au thorax, tandis que leurs bords spinaux tondent à se rapprocher par la contraction des dorsaux supérieurs; enfin
la cagG thoracique est soulevée et libre.
Cotte attitude contribue à éo^uilibrer judicieusement les groupes musculaires qui sollicitent les épaules vers l'arrière; aile se prend sans difficulté dès que cet équilibre., si important pour la fonction respiratoire, est réalisé .
TTous n'insisterons pas sur la supériorité de cette attitude, comparée à celle qui consiste à placer les poings fermés devant la poitrine ou les épaules .ïïous pourrions multiplier ici ces exemples; mais nous préférons las citer successivement d l'appui de nos démonstrations .
Plan des leçons de gymnastique.
La lepon de gjnnnastique doit être complète, c'est-à-dire elle doit se composer d'un ensemble de mouveniGfnts s'adressant intégralement au corps entier. Hais le raisonnement
scientifique, confirmé par 1' expérience, a
démontré que 1 ^ ordre dane lequel Xee exeroices 3ont groupe» et ee succèdent deuris un.e mêina Iftçon n^est pae indifférante , ai 1* on- veut obtenir un effet naiutaira maxi-iaum.. Chérit pourquoi Ling a divisé abord on quatre catégories leo exercices composant lea Isçonej claaeement dont le but est de par« mettre au professeur de régler .iMintonsitê progressive de effort rauaculairoj a.usBi bien que celle de la roepiration et de la circulation sanguine. Ce premier grand olassenient de la méthode repose donc eur une base exclusivement physiologique que voioiî
1® Lee oxercices préparatoireaj
2*^ Lee exercices fondamentaux?
3^ Les exercioea dérivatlfe?
4® Lee exercices respiratoires*
Les îbcercicea préparatoires ont pour but de captiver Inattention des élèves j de dé-
gourdir, assouplir le tronc et les membres, dî activer progressivement la respiration et la circulation sanguine avant de conBaencer Les exercices fondamentaux de la leçon proprement dite, princlpaj.ement lorsque ces derniers deviennent énergiques ou difficiles, C^ast une véritable leçon réduite et atténuée, par laquelle d'ébute la séance de gymnastique.
Elle se compose essentiellement exercice d^ ordre, de correction et de mouvements simples des membres^ de la tête et du tronc, exécutes sans l^aide d^ engins.
2° Les mouveiBieiita fondamentaux
se con^oEont de 1* ensemble de tous les exei>»
ciceB dont Ling a reconnu Inutilité pour arriver au développement complet du oorps. Il a divisé ces mouvements en groupes, suivant leur influence spéciale sur l’organisme ou encore suivant la partie du corps à laquelle ils B*ad-> ressent particulièrement* Dans chacun de cea groupes il a sérié méthodiquement les exercices depuis les plus simples et les plus faibles jusqu'aux plus complexes et les plue énergiques.
Enfin, il a déterminé l’ordre dans lequel il convenait, en principe, de faire succéder dans la leçon les exercices de chaque groupe, en se conformant pour cela aux principes et aux influence qui ont déjà servi à déteiminer le premier grand classement.
to
Voici 1* énuüTêration de ces noavomenta f ondamentaiLx dans ordre norîaa.1.5 mais non
invarialbQj où ils se succèdent dans La leçon:
1° Les exercices de jambes 3
2® Les exercices d.^ extension dorsale?
3 Les exercices de euspensionj
4° Les exercices d'équilibre;
5® Les exercices des muscles dorsaux;
6® Les exercices des muscles abdomi-
uauxj
7° Les exercices des muscles latéraux;
8® Les exercices de saut;
9® Les exercices de respiration.
Il est bien entendu que ces diffê’-* rents groupes ne sont pas nettement délimités, ni exclusifs; un mouvement quelconque nécessite toujours, pour assurer
son exécution régulière et précise, l’in-
tervention âe groupes nueculairea nombraux
et variSoe, dont le rôle m^ma doit oonai«
ster, bien eouTentj à fixer, à immobiliser certaines parties du corps pendant quo d’autres travaillent . Le classement indiquo donc l’influence dominante ou la plus af»-
ficace des exercices, et, d’une façon géné»rale, l’ordre dans lequel ils se euocldent habituellement.
3® Les as^erolces dérivatifs Bont destinés à être intercalés, au besoin, entre les exercices de deux groupes successifs J afin de calsier le système nerreux et de rétablir la circulation nor"
male du sang ou la respiration, modifiées profondément par un travail precedent.
Prenons des exemples;
a) Les exercices énergiques des
j amibes décongestionnent le cerveau; ils constituent donc un bon mouvement dêri-^ vatif pour l’écolier au début de la leçon*
b) Au contraire, les mouvements lente des jambes, combinés surtout avec des inspirations profondes et- rytlunèe calment et regularietuit le cours du sang,
o) Les grands vaisseaux du centre de l'Organisme sont dêoongestiormSs par la combinaison des mouvements des bras et
dea jambes J qui amènent le sang vers la périphérie, etc.
Ainsi 1^ exercice 'dérivatif prélimi'naire par excellence pour 1^ écolier consiste dans les mouvements -énergiques dea jambes, afin de décongestionner le cerveau dès le début de la leçon; tandis que pour le soldat, il faudrait commencer la leçon par des exercices énergiques de la tete, afin de décongestionner les jambes.
Les exercices pour les jambes ne forment pas toujours un groupe distinct dans la leçon proprement dite, ils y remplissent généralement le rôle d^exercices préliminaires et dérivatifs. Dans ce dernier cas, ils sont utilement intercalés entre les exercices de deux groupes oonsècutifs, ou encore entre les mouvements d’’un meme groupe, quand les exercices sont très énergiques.
On C02BÇ) rendre la nêceeaitê dee exercicee
dérî-vatife cT^ eneeicble dans la le9on de
gjTQinastique suédoises quan-a on se e&rp,
rendu compte de 1^ intensité et de l^oner--»
gie de Deaucoup do inouTemunts epéciauxj
surtout si 1*011 -y ;Joint cette autre cir«
constance très importante 5 que las gy-^nv- »
nastes s^exarcent toujours simu^.tanéaaantj mîniQ aux appareils g contrairement à ce que permettant les appareils de beauooup d'^ autres paya , dont la consto-uction oblige à n"* exercer chaque elove que ieoiêment et pendant une fraction vraiment dérisoire du temps consacré à la le4|on»
I>es exercices respiratoires se composent essentiellement d'* élévations ou d* écartement 3 des hrac, accompagnés de pro» fondes inspirations i suivies expirât ions
.rapides et complètes pendant 1* abaissement ou le rapprochement des bras^ Ils peuvent
être GOîabliaôs avec des moiiveineTîts lents des jambes et parfois de Ifi flexion légère de la tête on arrière avec extension du tronc. Ils ont à la fin de la leçon, un rôle analogue à celui qu'ont les exercices préliminaires au début de celleci; mais leur éiction, essentiellement calmant G, contribue p\*lt somment à l'édu-
cation des muscles inspirateurs et au développement de la capacité respiratoire ou vitale. Il importe d'ajouter que, pour atteindre à ce but essentiel, la respiration doit être conduite judicieusement pendant tous les exercioes ^gymnastiques. C'est d'ailleurs pondtxnt que les muscles sont en travail qu'il importe d' oxygéner le sang et d'on éliminer par la respiration, les déchets résultant des combustions organiques, sous peine d'aboutir à l'empoisonnement de l'organisme, au surmenage et à des troubles
cardiaques; o^est-à-^dire à la négation de 1" éducation physique».
De la progression.
lo professeur doit tenir compte de la faiblesse du corps et de son développement incomplet pendant 1^. croissance; il doit donc faire choix, au début ,d'* exercices simples et faciles, adopter une progression lente mais rationnelle, sans nuire à la variété des cxercioes, ;)u3qu'‘à ce que le développement du corps, et tout particulièrement celui du système norvoux, soient suffisants» L'' expérience nécessaire à une application ;)udici@uscment progressive de la méthode, d'' après le développement corporel des élèves, nécessite des connaissances théoriques et pratiques étendues. Les conséquences d'une progression trop rapide pendant la période de
formation dos organes, peuvent devenir
aussi fâoiiGTises que l’inaction ou 1" application d' exercices défectueux» D'autre part, l'influence salutaire d'exercices judicieusement progressifs ne sera pas„touJours
immédiatement apparente , parti culi drement lorsqu'ils sont appliqués à de très jeunes enfantsj mais elle no tardera pas à ae^manifoster, surtout si l'on cherche, non pas a développer anticipativemont le syst^e mus-
, • ^ ■* Aïk* . l
oulaire,- ce qui bien souvent , arrête la croissance et nuit au développement normal „ des or ganeevi taux, -mais bien plutôt si l'on
s'efforce d'obtenir d'abord ces résultats essentiels: le développement normal de la poitrine et le redressement de la colonne varfébrale .
Afin d' assurer à ses leçons., une pro- »
gression méthodique, le professeur doit élaborer un sohèma ou plan, destiné à serv±r.,iSâomentanémeHt de base S. ses leçons,^
pour l'élaborfition duquel il se règle sur l'%e/ le degré d'assouplissement .de vigueur J endurance ou d'habilité de ses élèves. Il règle l'ordro dans lequel il convient de faire succéder dans les leçons, les exercices des différents groupes fondamentaux. Dans les schémas ultérieurs,. Iss exercices do certains groupes sont, au besoin, scindés en deux parties lorsqu'ils deviennent très énergiques; enfin le plan détermine quels exercices il convient de faire suivre de mouvements dérivatifs.
Chacun des schémas ainsi établi, sert habituellement de base à l'élaboration des leçons pour uno période do quatre ou cinq semaines environ-.
■ Afin de fixer les idées, voici un schéma de leçon normale de gymnastique pédagogique suédoise, établi pour des élèves déjà exercée;
Exeroices cL" ordre et préparatoires j
" d"" extension dorsale j
" de suspension ( Série);
TT d'équilibre;
TT de marche et de course;
TT des muscles dorsaux;
TT des muscles abdominaux;
TT des muscles latéraux;
' , „ -me , , V
TT des suspension ( 2 série); TT dérivatifs lents des jambes;
11 " de saut;
12 " finals lents des jambes et de
respiration .
Le graphique ci-après, dont les ordonnées représentent le degré d'activité sanguine et respiratoire, et dont les abscisses indiquent la durée d'exécution des exercices, facilitera la compréhension de ce schéma d'une leçon normale d'une durée de quarante minutes.
Le professeur peut aussi intervertir dans la ieçon^ la succession normale des groupes de mouvements , sans modifier le
graphique; mais à la condition de n 'interver tir entre eur que des exercices €vyant sur l'organisme une influence analogue.
Cetfce interversion est justifiée, si les élèves qui participent à la leçon sont trop nombreux pour s'exercer simulta-
nénent aux mêiDes appareils ^ or. tout au moins pour s'j exercer par moitié s
Citons notamment oonmie pouvant etre intervertis: les exercices d'extension
dorsale et les exercices de suspension}
2° les exercices s'adressant aux muscles abdominaux et ceux de la partie supé-
rieure du dos; 3 les exercices des muscles abdominaux et le groupe des exercices s'adressant aux muscles latéraux.
Les schémas constituent donc une première base pour l'établissement des leçons de gymnastique de la méthode de Llng.
■Viennent ensuite les séries de leçons hebdomadaires établies d'après ces différents schémas, et pour l'élaboration des^ quelles le professeur se base sur les progrès réalisés par les élèves pendant les leçons de la semaine écoulée, afin d'intensifier
méthodiquement les exercices, en y Introd'JlsGnt successivement quelques-uns des éléments de progression suivants:
1° Une position initiale plus difficile pour l'^exéciition du meme mouvement 5 Introduction de maintiens et de mouvements nouveaux 5
3° Exigence plus grande concernant l'' amplitude , l'énergie, la correction, la vitesse", la durée, la répétition du meme mouvement \
4° Augmentation de la durée du maintien des attitudes, ou contractions statiques j
5 Combinaison de mouvemt nts s adres- sent à différentes parties du corp^
6 Mouvements asymétriques.
Au bout de quelques semaines de travail, l'établissement d'un nouveau schéma s'impose, et la progression Se poursuit
ainsi méthodiquement.
En principe, le professeur n'introduit des mouvements nouveaux, ne modifie la difficulté des exercices et surtout ne les combine entre eux, que lorsque ses élèves sont rompus à l'exécution des mouvements simples, et il devra revenir à ces derniers aussi longtemps que l'exécution n'en est pas irréprochable, La progression raisonnée et méthodique est ainsi vraiment la base et la pierre de touche de la méthode suédoise .Quelque lente et minutieuse qu'elle soit, elle ne doit pas paraître puérile aux éducateurs de la jeunesse. Tout cavalier expérimenté sait que, en négligeant d'appliquor les memes principes au dressage du cheval, par exemple, loin de développer, d'équilibrer ou d'assouplir sa monture, il l'use prématurément j il sait que s'il ne suit pas une progression ana-
loguo, s''il confond l' oxerdoo avec l'effort, l'énergie avec la brusquerie et la saccade, ou encore, s ''il commence ou termine le nanege de dressage par des eoiercices violents ou des allures vives, loin d'améliorer sa monture, il la détruit»
Ayons au moins pour nos enfants les ménagements que nous avons pour des animaux d© rapport ou de luvie! La gymnastique ne doit pas violer les lois les plus élémentaires de la ‘physiologie , si elle veut être utile au développement, a l'assouplissement du corps, au f onotionnement normal, régulier et intense de l'organisme humain»
Les agrès et appareils de la gymnastique» L'engin dans la gymnastique suédoise, sert d'appui ^d'aide pour l'exécution de mouvements dont l'utilité a préalablement été déterminée; en d'autres termes, de meme que la gymnastique doit être un
moyen et non' pas un tut, l'appareil doit ''otre fait pour l'homme, et non pas l^’homme •pour l'appareil, auquel il doit oheroher à adapter son corps, c'est-à-dire bien souTent le dé former»
est malheureusement cette conception dernière qui a prévalu dans tous les systèmes de gymnastique où les agrès ont été imaginés' d'abord, et de toile sorte qu'il soit possible d'y effectuer un très grand nombre d'exercices variés et souvent anormaux, difficiles ou extraordinaires j mais sans valeur générale physiologique déterminée, ni précise. Ces exercices sont adaptés à la construction des apparolls spéciaux qui en facilitent 1' exécution, au lieu de l'être à celle du corps humaln.Leur tendance de sacrifier le développement normal dos organes vitaux à l'hypertrophie
de oerteiins groupes musculaires rend leur •.
■ftsag» spécial ornent néfaste pendant la croissance du corps.
Dans la lEéthode suédoise au con~ traire, Ling a recherché d'^ahord les exor- ’cicos les, plus propres à assurer le dévoloppemcait rationnel et normal du corps humain, et c'est alors seulement qu'il a déterminé les appareils qui faciliteraient le mieux leur exécution dans une progression méthodique .Telle est la genose des appareils suédois, que nous ne devons par conséquent pas espérer ccnnaitre,coinmd tant d'autres, par les exercices dos aerohatos de nos cirques»
Des engins de Ling sont déstinés è faciliter l'exécution d'un exercice utile ,a en assurer l'exécution correcte et offectlve-'particuliérement pour les débutants,- en offrant au gymnaste un soutien ou un appui fixe: ils sont construits
de faÿon a oe que le point d'appui s'offre toujours, et trës aisément, à hauteur convenable , suivant la taille do 1^ élève ; enfin, le souci d'éviter d'inutiles accidents entre aussi pour une part importante dans los principes do leur construction ..Coiriin© nous le montrerons par la suite, la construction ot la disposition des engins suédois facilitent leur- utilisation simultanément au moins par la moitié, ou meme par la totalité des élèves. Les appareils sont placés en longues files, répartition qui permet au professeur de mleu:^: aporoevolr les imperfections dans les osercices, La compréhension du mode d'emploi des engins de la gymnastique pédagogique suédois© sora facilitée par los explications que nous donnerons plus loin danîs ce rapport , nous no^’s bornerons ici à jeter un coup d'oeil
Æans quelques salles de gymnastique t3rpcSc Nous voici d''a'bor(i dans une école privée de jeunos filles établie si Stockholm, Dans la salle, tous les appareils sont rangés le long des murs ou dans des trappes sous le sol, lorsque les appareils ne sont pas disposés pour on faire usage c
La salle de gymnastique d'uno école moyenne de Stockholm "Worra Latinlarovorket" est un véritable temple de 1" éducation physique, dont les vastes proportions donnent une idée assez esacte de V importance que l'*on attache a la gymnastique scolaire en Suode-
Ibifin, la salle de gymnastique do la caserne do la Garde royale à cheval a Stockholm, dont les ij'. omme s, habituol^ ornent abaissées sous le sol, sont drossées lorsqu'on s'en sort, montre suffisamment cuo l'autorité militaire n'attache pas noms
d'importanco à l'influence ‘bienfaisante
ot utile de la gynin.astique , pour lo dÔTe*loppement et l'assouplissement du soldat, que les pedago^es suédois n'on montrent pour la jeuneoco des écoles j bien que, cependant, ce soit surtout pendant la croissance du corps que la pratique ré~ giilioro d'une gymnastique rationnelle contribue à donner â l'ctro humain ce capital incomparable pour la viorvigueur, santé et beauté.
Rappelons que dans les salles suédoises, les engins sont rangés le long des murs, ou enfermés dans des trappes sous le plancher , lorsqu' on n© s'en sert points cetto disposition très avantageuse laisse la surfaoe entière de la salle disponible pour l'exocution des exercices d'ordre ot d'ensemble, les marches et la course.
Dons les gymnases d^autres pays, au cor.traire, les engins enooml)rent la salle, et le sol est malheureusement snooro recouvert parfois d'un matelas *6laati(iue, tendu nfeoeBsaire par le oaraotèr# aorohatlqùe de beaucoup d'exeroioes et dont les poussières sont mau^ valses au point de vue de l'hygiene.
Après ce que nous avons dit
oonoemant l'orleln® raison
dos mgins do Mng,l'<» concevra que l'appareil paisse otro remplacé par l'appui ou 10 soutien qu'offre un OMiarado» partloularlti qui permet d'eiiouter asses complètement > sur une pelouse par exemple, une leçon do gymna
etlquo normalo.Tc«tefols, l'appui vivant
n'ayant pas la staMlltè de l'appareil fixe, n'est guère à oonseiUor pour les
débutants»