‹ La hache versus la bêche [microforme]Chapitre 2 sur 2 · UN AMI DU CLERGE · texte numérisé non relu

UN AMI DU CLERGE

Ces manuscrits constituent avec mes dettes, le seul héritage que j'ai à laisser.

jusqu'à ma mort, mais, dans l'intervalle, les noms des signataires.

Ils moisiront

personne ne connaîtra

En 1892, la direction du ‘‘Canada-Revue’’ déléguait auprès de Mgr Fabre trois hommes aussi éminents que respectables :

MM. Louis Fréchette, Calixte LeBeuf et Arthur Globensky, pour lui demander des explications. La seule réponse qu'ils ont

pu obtenir à été celle-ci : ‘‘Soumettezvous !’”’ Mais à qui et à quoi ? ‘‘'Soumettez-vous |?

Et cependant, M. Calixte LeBeuf aurait

dû s'attendre au

moins à la reconnais-

sance de l'Archevêque, vu cu'il avait été

son confident

et

avait réglé des causes

épineuses pour l'institution.

Je ne suis pas très éloigné de croire, Monseigneur, œue, dans votre for intérieur, vous n'êtes pas très fâché des char-

ges de Charlebois, car, en fin de compte,

murs

Basé

Loris |

si les évêques irlandais ne vous ont pas soufflé le chapeau de cardinal cette foisci, ils l’ont rudement compromis.

C'est bien 1à le but Supréme de votre ambition.

Pour vous c’est le bâton de maréchal, car je n'irai pas jusqu'à supposer que Vous ayiez l'ambition de devenir Pape.

Et encore, ‘‘Quien sabe ?''

Mais prenez votre mal en patience pour le moment, et rappelez-vous la maxime sacrée : =

“La vengeance m'appartient,”’ dit le Seigneur.

Votre tour viendra.

Maintenant, si je vous ai demandé la téte de Charlebois, ce n'est pas parce que je lui veux du mal. J'admire son talent et je souhaite ardemment qu'il vende 100,000 exemplaires de sa ‘‘Béche Mais je crois qu'il mérite le même sort que Langlois et moi. Ensuite, je puis lui donner l'assurance formelle qu'on s'y fait avec le temps.

Ainsi, la première fois que j'ai été con damné, Ça été dans la personne de ron père. C'est bien vrai que je n'étais pas encore au monde. Mais c'est un détail Qui ne tirait pas à Conséquence, vu ‘que la sentence portait jusqu'à la septième génération.

J'en suis rendu atijourd'hui à 1a huitième Ou neuvième — je ne compte plus, mais j'espère qu'avec le temps j'accrocherai la douzaine. Kn dehors de cela, il me reste une autre ressource : ce.le de me faire pendre. Je pense bienque ce n'est pas l'envie qui Manque, c'est l'occasion.

Si on brûlait encore, On pourrait ‘élever un petit bfcher tont mignon sur le Champ-de-Mars. :Mais comme on est certain une cela m'arrivera après la dissolution de l'être, ça revient à la même cho-

se. Je serai incinéré d’abord, et ensuite nous verrons.

Je demande donc cette condamnation *

dans un but de justice ; on me dira peutêtre que cela neme regarde pas, mais c'est logique et ça s'impose.

Pour terminer, mon cher Charlebois, et pour votre gouverne, rappelez-vous ceci:

Quiconçue a offensé le fils de l'épicier du faubourg St-Joseph, ne peut compter que sur la rancune d'un parvenu.

J'en sais quelque chose.

Toutes es issues m'ont été fermées, les travaux que j'ai faits pendant quatorze ans pour le compte de grandes institutions m'ont été retirés, les traductions que j'ai faites pendant vingt ans m'ont

été enlevées, et aujourd'hui, absoluinent:

indifférent à tout, stoïque au suprême degré, je me contente de vivoteren défiant qui que ce soit de me rendre plus pauvre que je ne suis, mais en étant capable tout de même de subvenir à mes tipenses légitimes à l'aide du travail que je fais toutes les nuits dans .e silence de mon cabinet.

En outre, si après avoir été condamné, si le malheur vous en veut au point que vous soyez obligé de traverser un certain faubourg de Montréal, par une soirée d'été, vous verrez des gens pieds nus, la chemise ouverte, hirsutes, mordant le court tuyau d'un brûle-gueule culotté, et affalés sur les trottoirs, qui crieront en vous voyant passer : ‘‘V'là l'maudit !”?

Vous voyez que la perspective est jolie.

Je ne blâme personne, mais ie soupçonne fort qu'il y a des influences qui mili- . tent tout le temps contre moi. I ne faudrait pas croire. toutefois, oue j'ai la marotte de la persécution, car je détruirais s Re ES - à

LA

d'un mot par des preuves écrites tous les faux avancés et les rapports infâmes qui ont été lancés perfidement jusque dans ina

Si c’est là de la charité chrétienne, je n’en veux plus dans ma Soupe. Je trouve qu'elle est au rebours du bon sens.

qu'il y a plusieurs autres publications

appris dans les milieux ecclésiastiques que les idées marchent, et il est très possible qu’on ne l’apprenne que trop tard.

Je ne sais pas bien quelles sont les publications visées par l'organe, mais je ne serais pas étonné que le Journal de Jules Fournier, “L'Artion,'' en fut du nombre.

En, voilà un ‘qui met des gants qui ne Sont pas de soie, mais des gants de boxe.

Mais en dehors de tout cela, il y a une considération dont on ne tient pas compte en haut lieu. On n'a pas encore semblé S’apercevoir que l'on dit un peu partout (je parle ici de la classe instruite)| tout ce que l’on pense.

Et je signe.

A. FILIATRHAULT

Montréal, Ier Janvier, 1912.

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