‹ La Hanche Bote: et son Ostéo-ArthriteChapitre 12 sur 57 · INFLEXION EN ARRIÈRE · texte numérisé non relu

INFLEXION EN ARRIÈRE

Ce que les Allemands entendent par là. — Les Allemands disent que le col et la tète se portent en arrière. Mais en arrière de quoi se portent-ils ? Comme les figures des pièces ne représentent que la tête, le col et le grand trochanter, on veut dire probablement «en arrière du grand trochanter ». Eh bien! sur le malade, ce serait une impossibilité et une contradiction;

une impossibilité, car comment agiraient sur un tel fémur les pelvi-trochantériens? Dans certaines luxations traumatiques de la hanche en arrière, où cette orientation est réalisée, ils sont déchirés par le choc de la tête ou simplement distendus, mais en tout cas impotents ; dans la préparation de ROESER qui, à notre sens, est un type de luxation pathologique pro-

ode

gressive, le membre était « raide et inutile »; de même dans les fractures extra-capsulaires du col avec pénétration prédominante en avant;

ce serait une contradiction, car, dans les cas que nous venons citer, il y a constamment et forcément rotation inlerne.

Là où nous trouvons la rotation externe, c’est dans la fracture extra-capsulaire du col avec pénétration prédominante en arrière; là aussi, à n’examiner que l'extrémité supérieure du fémur, nous pourrions être tentés de dire que la tête et le col sont en arrière du grand trochanter ; or nous savons qu'en réalité c’est le trochanter qui s’est déplacé en arrière.

Il en est de même dans la hanche bote. La force incurvatrice, agissant directement sur le col et la tête, tend bien à les porler en arrière ; mais cette déformation est impossible, car l’extrémité sugérieure du fémur est liée à la hanche, et ne peut modifier son obliquité naturelle de dedans en dehors et d’avant en arrière; c’est donc le trochanter qui se déplace en arrière par rapport au col et à la tête fixes; or il entraîne avec lui dans ce mouvement le reste du fémur; c’est donc par rapport au fémur tout entier qu'il faut examiner la déviation du col.

L'angle de déclinaison et la torsion du fémur. — Quel repère prendrons-nous ? L’épiphyse inférieure, v’est-ce pas. En effet, l’axe transversal de cette épiphyse est normalement dans le pan fron‘a! du corps; l’axe du col au contraire, nous venons de le dire, est oblique en avant et en dedans. Si donc nous projetons ces. deux axes l’un sur l’autre, ils se rencontrent au

an

niveau du trochanter suivant un angle aigu ouvert en avant et en dedans.Voici ce que M.JABOULAY a décrit le premier‘? sous le nom d'angle de déclinaison; il mesure normalement 12°.

Alors ne voyons-nous pas immédiatement que, par suite de la torsion du fémur, cet angle va se modifier: en effet, il va tendre vers O, atteindra cette valeur quand la torsion aura amené l’axe condylien dans le plan de l'axe cervical, puis recommencera à augmenter lorsque la partie interne de l’épiphyse inférieure sera passée en avant de l’extrémité supérieure ; mais alors il aura changé de sens, il sera ouvert en arrière.

Voilà la signification de ce col qui « regarde en arrière » ; c’est un col qui, par suite d’une torsion du

fémur, regarde en arrière de l’axe transversal de Pépiphyse inférieure.

Mais on peut aller plus loin, et admettre que cette torsion est plus complexeet n’a pas pour siège exclusif la région cervicale. En effet, d’une part les pièces anatomiques ne témoignent guère d’une incurvation du col dans ce sens ; la plus démonstrative à ce point de vue semblait être celle de SCHULTZ; or, nous en avons contesté l’authenticité. D’autre part, M. JABOU- LAY a montré qu’à la suite de certaines fractures du corps du fémur, ou même d’ostéomyélites de la région juxta-épiphysaire inférieure, ayant simplement ramolli

(1) Mauclaire attribue cette découverle à GIRIN (th. de Paris 1877). C’est ätort; ce que Girin à décrit, c’estla déclinaison de l’axe de la cavité cotyoïde, mesurée par un angle ouvert en arrière et en dehors ; cet angle est égal géométriquement à l’angle de déclainaison du fémur, comme alterne-interne et, en effet, pratiquement, Girin lui a trouvé une valeur de 20°, mais c’est tout.

LOG de

l'os en un point, il persistait une attitude en rotation externe, témoignant d’une véritable torsion du corps du fémur autour de son axe.

Nous sommes donc autorisés à penser que des phé-

nomènes analogues se passent, dans la hanche bote, à la période de croissance, et que la torsion intéresse la diaphyse dans son ensemble.

Et à ce point de vue encore, la déformation du col du fémur nous apparaît comme la simple exagération d'un processus normal. Ne savons-nous pas, en effet, que celte torsion du fémur (mesurée par l’angle de déclinaison) se produit chez l'enfant au cours de l’évolution? Un fémur de nouveau-né est rectiligne, et a son extrémité supérieure placée en projection verticale en avant de la partie interne de l’extrémité inférieure ; pius tard, ce fémur s’incurve, son extrémité supérieure recule, au sens incorrect du mot, ce qui veut dire qu: le fémur se tord et dirige la partie interne de son extrémité inférieure de plus en plus en avant. Il existe d’ailleurs des différences individuelles et même d’un côlé à l’autre. Exagérez le mouvement de torsion qui est normal ei vous arriverez au fémur de la coxa vara, c’est-à-dire à un fémur dont le condyle interne peutêtre placé en projection verticale en avant. de l'extrémité supérieure.

Conséquences de la diminution de l'angle de déclinaison au point de vue fonclionnel. — Que résulte-t-il, au point de vue fonctionnel, de cette torsion diaphysaire du fémur ?

HOFMEISTER s’est égaré dans l'interprétation des troubles fonctionnels, parce que, admettant une torsion

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