‹ La Hanche Bote: et son Ostéo-ArthriteChapitre 31 sur 57 · RS · texte numérisé non relu

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Prenez un coxalgique, la cuisse est dans une attitude constante de flexion sur lé bassin ; en somme, le tronc et la cuisse forment entre eux un certain angle obtus ouvert en avant. Placons le malade dans le déeubitus sur un plan bien horizontal; la colonne vertébrale, dans sa portion lombaire, repose fixement sur le plan du lit; mais alors, pour que langle subsiste, il faut que la cuisse quitte le plan du lit, en sorte qu’on peut passer facilement la main entre le creux porlité et le matelas. Dans ces conditions, si l’on essaie, en appuyant sur là rotule, d'amener la partie postérieure du genou en contact avec le plan du lit, on y parvient pas sans voir se produire en même temps une ensellure lombaire très prononcée.

Dans la hanche bote, ceci ne se produirait pas.

Oui, la flexion est pour ainsi dire constante dans la coxalgie, mais il n’en est pas de même de l’extension dans la hanche bote; ici, au contraire, il est des cas où existe une contracture en flexion, tout comme dans la tuberculose coxo-fémorale. Donc il faut absolumenl laisser ce signe dans l’oubli.

Les symptômes généraux, les signes locaux, les attitudes suffisent amplement au diagnostic. Enfin, de nos jours, l'examen radiographique est décisif.

Aussi, nous nous étonnons de voir M. CHAR- PENTIER, dans sa thèse de doctorat, révoquer en doute, dans une appréciation d'ensemble, la plupart des observations d'HOFMEISTER, et venir déclarer que « dans les formes atténuées, la distinction entre une arthrite tuberculeuse de la hanche et un coxa vara est impossible à faire. »

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Mais, si ce diagnostic est impossible, pourquoi le trancher en faveur de la coxalgie ?

Voyons plutôt ses arguments :

1° « HOFMEISTER, dans le dernier congrès des chirurgiens allemands, a fourni lui-même un appoint à notre manière de voir. Dans sept cas, où il avait porté le diagnostic de coxa vara, il a eu l’idée d'employer les rayons Rœntgen pour éclairer son diagnostic, et, sur ce nombre, il n’est plus resté après l’expérience que trois incurvations du cal fémoral ; dans les autres, il y avait des cas de coxalgie. Ce fait est des plus démonstratifs ; il suffit à prouver combien sont discutables les quarante observations qu’il a réunies, en 1894 dans un mémoire antérieur aux recherches radiographiques, »

Oui, mais CHARPENTIER oublie que ce même HOFMEISTER, qui agissait sans parti pris, puisqu'il savait éliminer des cas de coxalgie, présentait dans ce même congrès 40 nouveaux cas de coxa vara, dont beaucoup lu: avaient été décelés par l’examen radiographique ; donc, les rayons X ont fait faire un grand pas à la hanche bote.

D’ailleurs, voudrions-nous pousser la conciliation jusqu’à l'extrême, et rejeter tout ce qu'un tube de Crookes n’a pas illuminé, que nous ne le pourrions pas. En effet, dans la seule observation que CHAR- PENTIER discute devant nous et que nous reproduisons ici (obs. IV), voyons sur quels arguments l'élève de KIRMISSON étaie la possibilité d’une coxalgie :

a) « Constitution délicate de l'enfant » : il s’agirait

d’un adolescent, cela pourrait nous arrêter un instant; mais, à 11 ans, un organisme est encore soumis aux influences dites critiques, et on ne peut pas toujours préjuger de ce qu’il sera plus tard; entin, passons ;

b) « Irradiations douloureuses dans le genou » : ceci appartient à toutes les affections de la hanche et, en effet, l’on ne voit pas pourquoi la tuberculose aurait ce privilège. Est-ce le mot impropre de coxalgie qui influence les esprits? En France, depuis LAN- NELONGUE, on parle plus volontiers de coxo-tuberculose, eten Allemagne de coxite tuberculeuse.

c) « Contracture dans une altitude de flexion avec lordose lombaire » :

La lordose est compensatrice de la flexion; quant à celle-ci, nous savons qu’en penser ;

d) « Le raccourcissement n’est que de 2 centimètres, et l’on sait que, dans la première période de la coxalgie, l’abduction seule peut donner lieu à cet écart. » Or, le raccourcissement, à la période d’état, est en moyenne de 4 centimètres ; il n’est donc pas étonnant que, deux mois seulement après le début, ce raccourcissement, qui résulte essentiellement d’une inflexion lente du col, n’atteigne que 2 centimètres ;

e) « L’abduction est limitée » : il n’y a pas un cas de hanche bote qui échappe à cette règle, puisque déjà la position normale est l’adduction.

Il semble donc que de cette discussion résulle une confirmation du diagnostic posé par HOFMEISTER.

3 Enfin, CHARPENTIER nous produit des pièces, d'où il résulte que la coxo-tuberculose peut exister avec une inçurvation du col fémoral.

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