‹ La hauteChapitre 16 sur 22 · PARTIE CARRÉE · texte numérisé non relu

PARTIE CARRÉE

heures moins le quart devant le restaurant. À ce soir, ma chérie, tâche d'être jolie comme tu l'es aux bons moments.

« Ton Raymond. »

Julie. — Madame a l'air ennuyée?

Clémence. — Moi? Pas du tout. Donnezmoi de quoi écrire ? (Julie lui apporte sur son lit un

mignon pupitre en bois des lies.) Paul d'abord. (Elle écrit.) •

« Mon cher amour,

« Ton affectueux petit mot m'a fait beaucou p de bien à un moment où je suis toute attristée. Je reçois à Pinstant une lettre d'Avignon qui me donne les plus mauvaises nouvelles d'une tante. Je n'ai que le temps de partir. Comme les chagrins sont toujours près de nous ! Soigne-toi bien, pense à moi qui t'aime tant, et sois sage.

« Ta petite.

« P. S. — Si ma pauvre tante va mieux, jo serai de retour dans une quinzaine, mais pcis

avant. J'aurais été très contente en d'autres circonstances de faire la connaissance de ton ami . »

A Raymond maintenant:

« Tu n'ignores pourtant pas, mon cher Raymond, que je déteste sortir et dîner avec des gens que je ne connais pas. Tu as déjà compris que je n'irai pas à ce dîner. D'ailleurs, j'ai la migraine depuis hier, et quand j'ai la migraine, tu sais si je suis crin ? Ne viens pas me voir, tu me fatiguerais, « Toute à toi,

« Clémence. »

(Elle met les adresses, cachette et tendant les lettres à Julie.)

Tout de suite à la poste. Et puis je n'y suis pour personne jusqu'à nouvel ordre Julie. — Bien madame. (Elle sort.) Clémence. — Pour un peu nous avions de 1 orage ce soir. Mais le vent a sauté.

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