UN VALET DE CHAMBRE
(Chez Mm<î de Rainville, en son hôtel à Versailles.)
Le marquis, Mm« de Rainville, Philippe.
Le Marquis. — Alors c'est sérieux ? ... Vous croyez que cette fois c'est sérieux ?
Mmc de Rainville. — Je suis très inquiète, mon ami.
Le Marquis. — Décidément cette enfant i:e nous laissera pas une minute de repos.
Mme de Rainville. — Elle est terrible, elle 'icnt de vous.
Le Marquis. — J'entends. Tout ça... c'est très joli, mais quoi ?
Mme de Rainville — Il faut lui parler donc... et un petit peu roide...
Le Marquis. — Bon, bon, appelez-la...
(Mmo de Rainville sonne.)
Mme de Rainville. — Véritablement, ça commence aussi à dépasser les bornes. (Le valet de chambre paraît.) Philippe, dites à Mlle Jeanne de descendre.
Philippe. — Mademoiselle prend sa leçon d'armes.
Mm' de Rainville. — Qu'elle descende tout de même... et comme elle est.
Philippe. — Bien madame. (Il sort.)
\Tme de Rainville. — Je vous laisse tous les deux.
Le Marquis. — C'est préférable.
Um* de Rainville. — Mais n'est-ce pas ?. .. secouez-la... faites-lui sentir...
Le Marquis. — Soyez tranquille. (Eiie sort.)
Le marquis, Jeanne en tenue d'escrime, un fleuret cassé à la main.
Jeanne. — Tiens, c'est toi, papa? (Montrai son fleuret). Le quatrième que je casse. . Aujourd'hui j'ai la main d'un dur...
Le Marquis, froid. —Quitte ton gant... j'ai à te parler... et à te parler très sérieusement. D'abord, assieds-toi.
Jeanne. — Merci. Pas fatiguée.
Le Marquis. — On est loin d'être content de toi. Tu t'en doutes, n'est-ce pas ?
Jeanne. — C'est la première nouvelle.
Le Marquis. — Eh bien, je te l'apprends.
Jeanne. — Je ne serai jamais trop instruite.
Le Marquis. — ■ Ni trop respectueuse.
Jeanne. — Mais, papa...
Le Marquis. — Tais-toi. Je sais tout. Ta mère ma raconté... Énormément de peine... (Elle sourit ) Ça te fait rire ?
Jeanne. — Ce n'est pas de ça que je ris... Une idée qui me traversait.
Le Marquis. — Alors, pendant que je te parle, tu penses à autre chose... tu ne m'écoutes pas ?
Jeanne. — Mais si, mais si. D'ailleurs, je sais par cœur ce que tu vas me dire.
Le Marquis. — Avant tout, Jeanne, je te prie de quitter ce ton et ces manières. Depuis quelque temps, tu as adopté un genre... ah ! qui ne me plaît pas, je t'en préviens, et à ta mère non plus.
Jeanne. — Bien, papa.
Le Marquis. — Mais parlons de cette... tu m'as compris? Qu'est-ce que c'est?... Il
paraît que tu as été remarquée par un monsieur Guérand... Paul Guérand, un petit sous-off. de hussards...
Jeanne. — Pardon, il va entrer à Saumurt et il sera officier dans deux ans.
Le Marquts. — Ne m'interromps pas. Alors il passe sous les fenêtres... à pied... achevai. On ne voit plus que lui dans le quartier... Il y a des billets d'envoyés et de reçus. . Ah çà, tu perds la tête?
Jeanne. — Je t'assure que non.
Le Marquis. — Tu es dans une mauvaise passe, prends garde.
Jeanne. — Aucun danger.
Le Marquis. — Maintenant, il y a unechose qui me confond... que je ne peux pas croire. Tu veux épouser ce monsieur? Tu as osé dire à ta mère que tu voulais l'ép...
Jeanne. — Je l'aime, il m'aime.
Le Marquis. — Ne dis pas de sottises.
Qu'est-ce qu'il y a de vrai dans cette histoire?
Jeanne. — Tout.
Le Marquis. — Mes compliments. Von.i vous conduisez comme... Enfin, vous l'avouez. Ma parole ! c'est à se demander de quelle manière il faut élever ses enfants ! On n'a pourtant pas négligé la plus petite... le plus petit... pour faire de vous une jeune fille honnête... et modeste... Autour de vous, qui vous a prêché le mauvais exemple ? Personne. Ce n'est pas au couvent qu'on vous a enseigné à... avec des hussards, hein? Inexcusable vous êtes ! On vous a donné tous les professeurs possibles... Et tous les cadeaux, toutes les distractions ! tout ! tout ! Votre mère a toujours été bonne et excellente, jusqu'à la faiblesse. Moi-même, n'ai-je pas ?... enfin on vous a gâté, on a trop cédé à tous vos caprices, et voilàle remerciement... Eh bien, mon enfant, c'est fini. A dater de cette minute il faut changer, et laisser la cavalerie en paix.
Jeanne. — Tu parles comme s'il ne s'agissait que de moi, mais lui, lui, crois-tu qu il va se conformer...?
Le Marquis. — Qui ça, lui ?
Jeanne. — Paul.
Le Marquis. — Ah çà ! Jeanne.
Jeanne. — Je voulais dire M. Guérand.
Le Marquis. — Il faudra bien qu'il prenne son parti, M. Guérand ! Jeté fais filer domain à Nice avec ta mère. Je suis tranquille, va, il ne t'aime pas encore au point de déserter.
Jeanne, fièrement. — Tu n'en sais rien.
Le Marquis, à part. — Candeur ! (Haut.) Nous verrons. Moi, dans le fond, je ne demande pas mieux, parce que dans ce cas-là on le pincerait.
Jeanne. — Oui, et tu espères qu'on l'enverrait à biribi?
Le Marquis. — Comment? Tu sais des mots pareils...
Jeanne. — C'est lui qui me les a appris...
Le Marquis. — Je m'en doutais. Avec tout ça, tu ne m'as encore pas mis au courant... Où vous êtes-vous connus? Denuis quand?...
Allons, parle ! Si tu veux que je te pardonne un peu, tu n'as plus qu'à être franche.. .
Jeanne. — Oh ! je vais tout te dire. Pas bien compliqué. Ça date de trois mois. Oui, un matin que j'étais à la fenêtre, je venais de me lever, j'avais encore mes cheveux défaits de la nuit, il a passé... Gentil, un grand portefeuille sous le bras... il m'a regardée... Pas effronté du tout, je l'ai regardé moi aussi, et je ne sais pas pourquoi... nous nous sommes mis à rire tous les deux. Depuis ce jour-là, tous les matins, quand il va au rapport..
Le Marquis. — Quel rapport ?
Jeanne. — Chez le colon. Il est brig-fonr.y il ne manque jamais dépasser sous la fenêtre et de m'envoyer un petit bonjour.
Le Marquis. — Tu le guettes donc ?
Jeanne. — Oui.
Le Marquis. — C'est tout de même fort !
Jeanne. — Tu me demandes d'être franche 1
Le Marquis. — Continue.
Jeanne. — Et puis, un jour...
Le Marquis... — Un jour...
Jeanne. — Il m'a lancé un... un petit billet...
Le Marquis. — Tu Tas gardé et tu Tas lu ?
Jeanne. — Oui.
Le Marquis. — Et qu'est-ce qu'il te disait dans... ce petit...
Jeanne. — Billet. Oh ! des choses convenables... que j'étais gentille, et qu'il m'aimait.
Le Marquis. — Tu trouves ça convenable, toi?
Jeanne. — Pour un soldat.
Le Marquis. — De mieux en mieux. Et ensuite ?
Jeanne. — Oh ! c'est presque fini. En dehors de ça, je l'ai peut-être vu... dix à douze fois...
Le Marquis. — Pas seule ?
Jeanne. — Si.
Le Marquis. — Dix à douze fois seule !... mais où ça ?
Jeanne. — Est-ce que je sais ? un peu partout... dans mes promenades à cheval, le dimanche ..
Le Marquis. — Philippe ne t'accompagne donc pas quand tu sors ?
Jeanne. — Toujours, mais je le perds.
Le Marquis. — Ah ! bien. Et où encore?
Jeanne. — Je te dis, un peu partout, dans le parc, près du Char embourbé.
Le Marquis, qui se contient difficilement. — Parfaitement... embourbé...
Jeanne. — A Trianon... Un jour ici, un autre jour là... Quand on s'aime, tu comprends, on est inventif.
Le Marquis. — Je vois.
Jeanne. — Tu n'es pas trop fâché ?
Le Marquis. — Moi? comment donc, je suis ravi ! Mais... dans ces entretiens qu'estce qu'il te disait... cette petite canaille ?
Jeanne. — Toujours la môme chose...
Le Marquis. — Quoi encore ?
Jeanne. — Qu'il m'aimait, et quïl voulait m'épouser.
Le Marquis. — Mais comment.... dans quels termes ?...
Jeanne. — N'aie pas peur ! papa.
Le Marquis. —
Jeanne. — Oui, je le répète, n'aie pas peur... Je suis un peu auvent... mais j'ai été bien élevée... Je ne fais jamais que ce que je veux, mais je sais toujours ce que je fais. Tout ça, c'est pour te dire que je suis une honnête fillette, sage comme une image, que je veux le rester et qu'iln'y arien de... pas une miette... Tu m'entends ? Dis-moi que tu me crois ?
Le Marquis, froid. — Je ne demande pas mieux.
Jeanne. — Écoute un peu ta petite. J'ai très longuement causé avec ce jeune homme.
Le Marquis. — Oh ! je t'en conjure...
Jeanne. — Si, tu m'écouteras. Eh bien, il a été très convenable, très respectueux et très
franc. Moi-môme, je t'avoue, j'ai été étonnée de son tact et de sa réserve.
Le Marquis, à part. — Le tact d'un brigfour.
Jeanne. — Je l'ai questionné sur un tas de points. Il n'est pas d'une mauvaise famille... Ses parents sont d'anciens commerçants retirés, après une assez jolie fortune faite: ils habitent Amiens. Ils sont deux enfants, lui, et une sœur qui est mariée dans les assurances...
Le Marquis. — Pourquoi me racontes-tu tout ça, voyons? Tu devines bien que ça ne m'intéresse pas... D'ailleurs, à supposer que ce monsieur soit un la Trémoille et que je consente, ça n'aurait encore pas le sens commun, puisqu'un sous-officier ne peut jamais se marier, à moins que ce ne soit pour tenir une cantine. Est-ce ça que tu veux ? Tiens-tu à être cantinière? Non, alors en voilà assez et parlons d'autre chose.
Jeanne, calme. — C'est bon, je me tais. Il
n'y a pas moyen de causer sérieusement avec toi. Mon avenir... ce que je serai plus tard dans la vie... tout cela devrait t'intéresser ? Non. Tu te fâches ou tu blagues. Pas de milieu. Tu n'es vraiment pas gentil. Voilà un mariage qui se présente pour moi...
Le Marquis. — Ah ! non, non, non, non, cette fois-ci... Non ! C'est trop bête à la fin !... M. Paul Guérand n'est pas ton avenir... D'abord, je te le répète, il ne peut pas se marier... Et puis, quand même... non, c'est de la folie pure.
Jeanne. — Pourquoi?
Le Marquis. — Parce que, mon petit enfant.
Jeanne. — Pour ce qui est de se marier, il le peut très bien. Il touche à l'expiration de ses cinq ans, par conséquent il est libre... Dis un mot et il ne rengage pas.
Le Marquis. — Laisse-moi, tu ne sais plus ce que tu dis.
Jeanne. — Oui, enfin tu ne trouves rien à tne répondre. Tu es collé.
Le Marquis. — Je n'ai plus besoin de toi,., va reprendre ta leçon.., va. En voilà assez pour aujourd'hui. (Elle ne bouge pas.) Eh bien ! tu m'as compris ?
Jeanne. — Veux-tu m'accordercinq minu tes ?.,. J'ai plusieurs choses à te dire.
Le Marquis. — Inutile, Ça ne fera qu'envenimer...
Jeanne. — Non,
Le Marquis. — J'ai horreur de ces explications... Je m'aigris, tu es insolente,,. Non, plus tard,
Jeanne. — Je t'en prie.
Le Marquis. — Parle alors, mais sois brève.
Jeanne. — Tu es gentil. Je t'aime, moi, tu le sais bien. Je suis brusque et vive, je lâche tout haut ma pensée, mais ça n'empêche que je passerais dans le feu pour toi.
Le Marquis. — On ne te demandera jamais ça, on ne te demande que d'obéir. Ce n'est pourtant pas difficile. Faire ce qu'on vous dit
Jeanne. — Tu crois ?
Le Marquis. — Enfin où veux- tu en venir?
Jeanne. — Promets-moi d'abord que tune m'interrompras pas !
Le Marquis. — Je te le promets.
Jeanne. — Et que tu me laisseras bien aller jusqu'au bout !
Le Marquis. — Oui ! oui !
Jeanne. — Il s'agit d'une chose... que je voulais te dire déjà depuis quelques temps... et au sujet de laquelle je tiens à m'expliquer avec toi, une fois pour toutes... C'est très délicat, aussi tu m'aideras un peu, tu penseras que je suis ta fille, une jeune fille, et... tu comprendras entre les lignes...
Le Marquis, mal à Taise. ■*■ Prends garde, Jeanne. Je ne sais pas ce que tu te prépares à dire à ton père... Mais...
Jeanne. — Sois tranquille. Tu n'auras pa,« besoin de me rappeler au respect.
Le Marquis. — Jet'écoute.
Jeanne. — Tu ne me parais pas te faire une
très juste idée de la situation où je me trouve, moi, Jeanne de Rainville. Elle est spéciale, cette situation, y as-tu jamais réfléchi? Moi, j'y ai songé bien souvent et je vois très clair dans mon affaire. L'éducation que tu m'as fait donner a été aussi complète, aussi soignée qu'elle pouvait l'être... Au couvent, de toutes les grandes, j'étais une des mieux notées et des plus raisonnables, est-ce vrai ?
Le Marquis. — C'est vrai.
Jeanne. — On s'est toujours accordé, tout le monde, à reconnaître que sous mes airs un peu évaporés, j'étais excellente au fond, avec du cœur, un peu d'esprit et une bonne moyenne de qualités.
Le Marquis. — Y compris la modestie.
Jeanne. — Je suis ta fille.
Le Marquis. — Jeanne?
Jeanne. — Tu me lances une pointe. Tout ce que je te dis là n'est pas pour me faire valoir, comme tu le crois. Me voilà donc à
dix-neuf ans, bien élevée, parlant deux langues, mes diplômes en poche, sachant danser, patiner, montera cheval, capable de tirer mon pigeon et de faire un assaut très proprement... pas vilaine à faire peur... une dot acceptable, un père qui porte haut un des plus vieux noms de France, une maman très bonne, trop bonne même, qui serait certainement la meilleure et la plus indulgente des belles-mères... Qu'est-ce que j'ai encore de gentil? J'ai la santé... la jeunesse... j'ai tout... Ah ! Je vais donc être heureuse, très heureuse. Tout le monde voudra m'épouser...
C'est-à-dire que je n'aurai qu'à me montrer pour voir affluer les prétendants, en un mot, je dois être essentiellement... mariable... C'est ton avis?
Le Marquis, très gêné. — Sans doute... sans doute...
Jeanne. — Eh bien ! pas du tout. Voilà où nous ne sommes plus d'accord. Je suis, au contraire tout ce qu'il y a de moins facile à
marier... même en voyage... Qui m'épousera ? Qui ? Veux-tu me le dire ? Sera-ce un jeune homme de cette noblesse à laquelle tu
appartiens?
Le MARQUIS (un geste vague).
Jeanne. — Tu ne réponds pas. Sera-ce un jeune homme de la bourgeoisie, plus orgueilleuse encore que l'aristocratie qu'elle jalouse et déteste?
Le Marquis (même geste).
Jeanne. — Tu ne dis toujours rien. Un officier, alors? tu sens bien que non? Un magistrat? pas davantage. Un ingénieur peut-être ? un homme de vaste ambition ? non plus... Non, j'ai tout pour moi, c'est vrai, mais ça ne me sert à rien, et je ne serai jamais de celles qu'on épouse les yeux fermés. Si je prends le parti de ne pas me marier, de rester, aussi longtemps que cane sera pas ridicule, la jeune fille à éclat de tous les bals, de tous les lawn-tennis, de tous les rallye paper... en acceptant d'avance, quels qu'ils
soient, les panaches du steeple que sera ma vie, soit, je ne serai peut-être pas heureuse, mais j'aurai quelques beaux moments... Je ne pense pas que ce soit là ton rêve pour moi. Si, au contraire, je veux la considération dans le mariage, et le bonheur — très relatif, je le reconnais — que vous apportent un mari, des enfants, avec les charges et les responsabilités... en ce cas, faut pas que je sois difficile et que je fasse la petite bouche... Et le jour où j'aurai trouvé un jeune homme, sachant ma situation, sachant... tout... qui pourra m'épouser sans avoir l'air de faire de l'héroïsme, et dont les parents ne s'indigneront pas à la pensée de m'appeler leur fille; si ce jeune homme-là est un bon garçon, d'une honnête petite bourgeoisie, j'aurai peut-être tort de le refuser, parce qu'il ne repassera pas souvent... (Parlant plus bas.) Ce n'est pas gai tout ce que je te dis là. mais que veux-tu, c'est la vérité ! Que de fois, au couvent, depuis, partout, j'ai entendu chu-
choter autour de moi... dire la chose... que je savais déjà, que j'ai sue dès que j'ai été petite fille...
Le Marquis, faiblement. — Quoi? qu'est-ce que... tu sais?
Jeanne. — Rien...
Le Marquis. — Mon enfant, tu as été trop loin pour ne pas... Je veux... qu'est-ce que tu sais ?
Jeanne. — Que toi... et maman... vous n'avez jamais été mar... (Elle se jette à son cou.) Mais je t'aime bien, mon petit père, je t'aime beaucoup, beaucoup, et maman aussi, ça m'est bien égal ces choses-là, je vous aime tous les deux, et je suis votre Jeannot, et puis, tout ce que tu voudras, je le ferai, là, tout ce que tu voudras... Tu n'es pas fâché ?
Le Marquis. — Non.
Jeanne. — Tu ne diras pas à maman...
Le Marquis. — Non. Retourne à ta leçon.
Jeanne. — Embrasse-moi ! (il l'embrasse.) Je t'ai fait de la peine, je le vois.
LES ENFANTS A COTÉ t05
Le Marquis. — Un peu. C'est passé. (Elle sort. A part.) Votre jeunesse vous suit tout de même trop dans la vie.
M1M de Rainville, le Marquis.
Mme de Rainville. — Eh bien, vous lui avez parlé?
Lis Marquis. — Oui.
Mme de Rainville. — C'était de l'enfantillage... il ne s'est rien passé entre eux ?
Le Marquis. — Kien du tout. Une pure amourette.
Mme de Rainville. — Je respire.
Le Marquis. — Pourtant, il faudra peutêtre les marier.
Mme de Rainville. — C'est vous qui. . .? vous ?
Le Marquis. — Oui, c'est moi... Nous en reparierons longuement après-demain. Adieu, chère amie.
Mme de Rainville. — Vous me quittez?
Le Marquis. — Oui.
Mmo de Rainville. — Déjà? Prenez le train de cinq heures.
Le Marquis. — Je ne peux pas, il faut absolument que je rentre, ma femme et nus enfants seraient inquiets.
RÉCIPROCITÉ
RECIPROCITE
M. DE SAINT-HUBER Mm* DE SAINT-HUBER-
TIN, cinquante ans. TIN, trente ans.