‹ La hauteChapitre 6 sur 22 · SCÈNE DE TOUS LES SOIRS · texte numérisé non relu

SCÈNE DE TOUS LES SOIRS

Vouvans. — Oui, le cas de Thomson est bien étrange... bien étrange!

D'Argentay. — Et celui de Coutras, donc ! de Coutras qui nous quitte... Vous êtes au courant ?

Vouvans. — Non

D'Argentay. — Pas possible !

Vouvans. — Je vous assure.

D'Argentay. — Mais, mon cher, tout le monde sait ça. Coutras aime en cachette la baronne de Vercourt, une vieille femme... ravagée... terminée...

Vouvans. — Ah ! pardon! permettez !...

Elle a vingt-sept ans! je le sais... vingtsept!

D'Argentay. — C'est ce que je dis... Comment, vous en êtes là? Mais, à vingt-sept ans, on est une vieille, une très vieille femme... Une duègne, vous m'entendez ? Surtout quand on a la chance d'en paraître quarante comme Mme de Vercourt, et quarante bien franchis.

Vouvans. — Je ne veux pas discuter avec vous. Je trouve la baronne adorable... Je maintiens le mot : ado...

D'Argentay. — Collégien !

Vouvans. — A ce prix-là tant que vous voudrez !

D'Argentay. — Non, croyez-moi, il n'y a qu'un âge pour la femme, c'est quand elle s'apprête à le devenir.

Vouvans. — Quoi ?

D'Argentay. — Femme, donc ! C'est de dix-sept à vingt ans. Voilà. Le reste ?...brrou! Rien que d'y penser, j'en ai froid...

Vouvans. — Dans le dos?

D'Argentay. — Dans le dos aussi.

Vouvans. — Il ne faudrait pas vous lâcher dans un bal blanc, je vois ça.

D'Argentay. — Vous l'avez dit. J'y vois rouge, (n tire sa montre.) Deux heures et demie... je rentre. Vous m'accompagnez?

Vouvans. — Je suis un peu fatigué, mais tout de même.

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