‹ La hauteChapitre 5 sur 22 · SCÈNE DE TOUS LES SOIRS · texte numérisé non relu

SCÈNE DE TOUS LES SOIRS

le trottoir, pâle, sinistre. . . Je lui dis : « Ce mé- « tier doit te peser, hein ? » Elle me répondit en souriant : « Non pas. D' jour en jour « j'y prends goût ! »

Coutras. — Un bon Forain que ce mot-là.

Vouvans. — Avec tout ça, que faisonsnous ?

D'Argentay. — Nous sommes bien Parisiens et nous fumons. Voilà.

Thomson. — Ecoutez, moi je vais me coucher, parce que j'aurai des jambes en...

Coutras. — Tu n'es pas encore au lit V Va au lit... Va!

Thomson. — Bonsoir, j'y cours, (il se lève.) La bonne nuit !

D'Argentay. — Merci.

Vouvans. — A demain ! (Thomson sort )

Coutras. — Gentil, Thomson, hé ?

Vouvans. — Tout à fait.

D'Argentay. — Belle tenue... Avec cela du cœur, et puis un esprit d'élite. Il mène divinement! Je me souviens, l'an passé, route de

Marly, dans son mail. Saint-Hubertin tenait les ficelles, il se laisse gagner à la main ; un des chevaux de volée qui était sous l'œil prend peur, l'autre s'échauffe, nous voilà emmenés. Saint-Hubertin tire... tire... des veines dans le cou, gonflées à claquer. Il avait beau faire... Batt ! Je dis à Morgane : « Mon petit, nous allons être semés ! » Alors Thomson se lève, empoigne les rênes des mains de Saint-Hubertin, et en trois minutes il nous réintégrait les canards aux petites allures, top... top... joli, sans douleur. Je ne connais que Thomson pour faire ça.

Vouvans. — Oui, c'est un gentil garçon. Il n'y a qu'une chose de dommage; pourquoi est-il toqué depuis trois ans de cette Maria? Une femme vieille et qui le trompe à tour-de-jambe.

Coutras. — Et il ne s'en doute pas ! Il se croit aimé. C'est fou, mais c'est ainsi... Ah ! tout ça!... (il se lève.) Je vais rentrer...

Los amis ! (il fait un signe d'adieu et sart.)

Page 1