MILTON
On trouvera ici, touchant Milton, quelques particularitéi omises dans l'abrégé de sa Vie qui est au-devant de la traduction française de son Paradis perdu. Il n'est pas étonnant qu'ayant recherché avec soin en Angleterre tout ce qui regarde ce grand homme, j'aie découvert des circonstances de sa vie que le public ignore.
Milton, vojageant en Italie dans sa jeunesse, vit représenter à Milan une comédie intitulée Adam, ou le Péché originel, écrite par un certain Andreino», et dédiée à Marie de Médicis, reine de France. Le sujet de cette comédie était la chute de l'homme. Les acteurs étaient Dieu le père, les diables, les anges, Adam, Eve, le serpent, la Mort, et les sept Péchés mortels. Ce sujet, digne du génie absurde du théâtre de ce temps-là, était écrit d'une manière qui répondait au dessein.
La scène s'ouvre par un chœur d'anges, et Michel parle ainsi au nom de ses confrères : « Que l'arc-en-ciel soit l'archet du violon du firmament; que les sept planètes soient les sept notes de notre musique; que le Temps batte exactement la mesure; que les vents jouent de l'orgue, etc.» Toute la pièce est dans ce goût. J'avertis seulement les Français qui en riront que notre théâtre ne valait guère mieux alors; que la Mort de saint Jean-Baptiste, et cent autres pièces, sont écrites dans ce style; mais que nous n'avions ni Pastor fido ni Aminte,
Milton,. qui assista à cette représentation, découvrit, à travers l'absurdité de l'ouvrage, la sublimité cachée du sujet. Il
2. Ginguené {Biographie universelle, II, 138) dit que c'est faire trop d'honneur à l'ouvrage d'Andreino que de prétendre que Milton y puisa l'idée de sonpoëme; Johnson, dans sa Vie de Milton, regarde comme une histoire bizcure et dénuée de fondement le récit de Voltaire. {Piote de M, bexialtot.)
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