YOUR MAJESTY'S
« most humble, most dutiful, most obliged servant.
« Voltaire. »
M. l'abbé Lenglet-Dufresnoy nous en a donné la traduction suivante :
PRÉFACE
c A LA REINE,
e Madame,
« C'est le sort de Henri IV d'être protégé par une reino d'Angleterre. 11 a été appuyé par Elisabeth, cette grande princesse, qui était dans son temps la gloire de son sexe. A qui sa mémoire pourrait-elle être aussi bien confiée qu'à une princesse dont les vertus personnelles ressemblent tant à celles d'Elisabeth?
« Votre Majesté trouvera dans ce livre des vérités bien grandes et bien importantes; la morale à l'abri de la superstition; l'esprit de liberté également éloigné de la révolte et de l'oppression ; les droits des rois toujours assurés, et ceux du peuple toujours défendus.
« Le même esprit dans lequel il est écrit me fait prendre la liberté de l'offrir à la vertueuse épouse d'un roi qui, parmi tant de têtes couronnées, jouit presque seul de l'honneur, sans prix, de gouverner une nation libre, d'un roi qui fait consister son pouvoir à être aimé, et sa gloire à être juste.
« Notre Descartes, le plus grand philosophe de l'Europe, avant que le chevalier Newton parût , a dédié ses Principes à la célèbre princesse palatine Elisabeth; non pas, dit -il, parce qu'elle était princesse (car les vrais philosophes respectent les princes et ne les flattent point), mais parce que, de tous ses lecteurs, il la regardait comme la plus capable de sentir et d'aimer le vrai.
« Permettez -moi, Madame (sans me comparer à Descartes), de dédier de même la Henriade à Votre Majesté, non-seulement parce qu'elle protège les sciences et les arts, mais encore parce qu'elle en est un excellent juge.
PAR M. DE MARMONTEL. ïVîi
t Je suis, avec ce profond respect qui est dû à la plus grande vertu et au plus haut rang, si Votre Majesté veut bien me le permettre,