RÉPONSE DE LA FACULTÉ DE THÉOLOGIE DE PARIS
« L'an du Seigneur 4589, 7 janvier, à la rt^quisition des Gouverneur, Officiers de la ville et des habitants catholiques, qui ont présenté un acte public, signé par leur greffier et scellé du. sceau public de la ville, la très-sacrée Faculté de théologie de Paris, après une procession solennelle de tous les ordres de ladite Faculté et la célébration de la messe du Saint-Esprit, s'est assemblée pour délibérer sur les deux articles suivants, qui sont extraits de la requête des susdits habitants, dont voici la teneur : »
A monseigneur le duc rf'AuMALE, gouverneur, et à messieurs les Prévôt des marchands et Échevins de la ville de Paris.
« Vous remontrent humblement les bons bourgeois, manants et habitants de la ville de Paris, que plusieurs desdits habitants et autres de ce royaume sont en peine et scrupule de conscience, pour prendre résolution sur les préparatifs qui se font pour la conservation de la religion catholique, apostolique et romaine, de cette ville de Paris et de tout l'État de ce royaume, à l'encontre des desseins cruellement exécutés à Blois, et infraction de la foi publique, au préjudice de ladite religion et de l'édit d'union, et de la naturelle liberté de la convocation des états : sur quoi lesdits suppliants désireroient avoir une sainte et véritable résolution. Ce considéré, il vous plaise promouvoir que messieurs de la Faculté de théologie soient assemblés pour délibérer sur ces points, circonstance» et dépendances; et s'il est permis de s'assembler, s'unir et contribuer contre le roi; et si nous sommes encore liés du
serment que nous lui avons juré, pour sur ce donner leur avis et résolution.
« Soit la présente requête renvoyée par devers messieurs de la Faculté de théologie, lesquels seront suppliés s'assembler et donner sur ce leur résolution. Fait le septième janvier mil cinq cent quatre-vingt-neuf: signé Éverard, et scellé du sceau public de la ville. »
ARTICULI DB QUIBUB DEL;BERATUM EST A PRiBDlGTA FACU LTATB.
• An populus regni Galliae sit liberatus et solutus a sacramento fidelitatis et obedieniiae Henrico tertio prœstito?
« An tuta conscientia possit idem populus armari, uniri, et pecunias colligere, et contribuere ad defensiouem et consei'vationem religionis catholicae , apostolicae et romanae , in hoc regno, adversus nefaria consiiia et conatus praedicti régis et quorumlibet illi adhœrentium, et contra fidei piibîicse violationem ab eo Blesis factam, in praejudicium prsedictae religionis catholicœ, et edicti sanctae unionis, et naturalis libertatis coqvocationis trium ordinum hnjus regni?
i' Super quibus articulis, audita omnium et singulorum magistrorum, qui ad septuaginta convenerant, matura, accurata, et libéra deliberatioue, et auditis multis et variis rationibus, quse magna ex parte tum ex scripturis sacris, tum canonicis sanctionibus et decretis pontificam in médium disertissimis verbis productae suni; conclusum est a domino decano ejusdem Facultatis, nemine refragante, et hoc per modum consilii, ad liberandas conscientias prœdicti populi :
« Primum, quoa populus hujus regni solutus est et liberatus a sacramento fidelitatis et obedientise prsefato Henrico régi praestito ;
« Deinde, quod idem populus licita et tuta conscientia potest armari , uniri , et pecunias coUigere, et contribuere ad defensionem et conservationem religionis catholicas, apostolicae et romanae, adversus nefaria consiiia et conatus prœdicti régis etquorumlicet illi adhaerentium, ex quo fidera publicam violavit, in praejudicium prœdictae religionis catholicae , et edicti
iOO NOTES
Banctae ani^nis, et nataraHs libertatis convocaiionis trium ordinum hujus regnî.
« Quam conclusionem insuper yisum est eidem Parisiens! Facultati transmittendara esse ad sanctissimum D. nostrum papam, ut eam sanctae sedis apostolic» auctoritate probare et confirmare, et eadem opéra Ecclesise gallican», gravissime laboranti, opem et auxilium praestare dignetur. 0
ARTICLES SUR LESQUELS IL A. ÉTâ DâLIBâst PAS LA SUSDITE FACULTÉ.
« Si le peuple du royaume de France est délié du serment de fidélité prêté à Henri III?
« Si le même peuple peut en sûreté de conscience s'armer, s'unir, lever de l'argent, et contribuer pour la défense et conservation de la religion catholique , apostolique et romaine, dans ce royaume, contre les horribles projets et attentats du susdit roi et de ses adhérents, et contre l'infraction de la foi publique par lui commise à Blois, au préjudice de la susdite religion catholique, de l'édit de la sainte union et de la liberté naturelle de la convocation des états?
« Après avoir ouï sur ces articles la d(Uibération mûre, exacte et libre de tous les docteurs assemblés au nombre de soixante et dix, et avoir entendu plusieurs raisons différentes, tirées en grande partie tant des saintes écritures que des saints canons et des décrets des pontifes, il a été conclu par M. le doyen de la même Faculté, sans réclamation, et ce, par forme de conseil, pour lever les scrupules dudit peuple :
M D'abord, que le peuple de ce royaume est délié du sec» ment de fidélité prêté au roi Henri;
« Ensuite que le même peuple peut en sûreté de conscience s'armer, s'unir, lever de l'argent, et contribuer pour la défense et conservation de la religion catholique, apostolique et romaine, contre les horribles projets et attentats du susdit roi et de ses adhérents, depuis qu'il a violé la foi publique, au préjudice de la susdite religion catholique, de l'édit de la sainte union, et de la liberté naturelle de la convocation des états.
« De plus, la même Faculté de Paris a jugé à propos d'euvoyer cette conclusion au pape, pour qu'il daigne l'approuver et confirmer par l'autorité du saint-siége apostolique, et, par ce moyen, secourir l'Église gallicane qui est dans le plus pressant danger. « — K.
8. Ces vers sont une imitation de ceux d'Athalie acte IV scène III :
Ne descendez-vous pas de ces famenx lévites Qui, lorsqu'au dieu du Nil le volage Israël Rendit dans le désert un culte criminel, De leurs plus chers parents saintement homicides. Consacrèrent leurs mains dans le sang des perfides; Et par ce noble exploit vous acquirent l'honneur D'être seuls employés aux autels du Seigneur?
Mais dans Athalie, c'est un prophète inspiré de Dieu qui parle, et ici c'est le démon de la Discorde.
Platon, qui voulait chasser tous les poètes de sa république, eût fait peut-être une exception en faveur de l'auteur de la Eenriade; mais celui d'Athalie n'eût pas été conservé. K.
9. Dès que Henri III et le roi de Navarre parurent en armes devant Paris, la plupart des moines endossèrent la cuirasse et firent la garde avec les bourgeois. Cependant cet endi-oit du poëme désigne la procession de la Ligue, où douze cents moines armés firent la revue dans Paris, ayant Guillaume Rose, évêque de Senlis, à leur tête. (1723.) — On a placé ici ce fait, quoiqu'il ne soit arrivé qu'après la mort de Henri III i. (1730.)
10. Ce n'est point à dire qu'il n'y eût que seize particuliers séditieux, comme l'a marqué l'abbé Legendre dans sa petite Histoire de France *; mais on les nomma les Seize à cause