DE RAVAILLAC
cent lieues, ponr donner conseil au roi de ranger à l'Église catholique et romaine ceux de la prétendue réformée, gens du tout contraires à la volonté de Dieu et de son Église, parce que qui a volonté de tuer autrui par argent, dès qu'il se laisse malheureusement corrompre pour assassiner son prince, ne va pas le faire avertir comme il a fait trois diverses fois, ainsi que le sieur de la Force a reconnu , depuis l'homicide commis par l'accusé, avoir été dans le Louvre, et prié instamment de le faire parler au roi, à quoi ledit sieur de la Force aurait répondu qu'il était un papauté et un catholique à gros grain, lui disant s'il connaissait M. d'Épernon; et l'accusé lui répondit qu'oui, et que c'était un catholique à gros grain : et ayant dit au sieur de la ForcR qu'étant catholique, apostolique et romain, et voulant tel vivre et mourir, il le supplie de vouloir le faire parler au roi, afm de déclarer à Sa Majesté l'intention où il était depuis si longtemps de le tuer, n'osant le déclarer à aucun autre, parce que, l'ayant dit à Sa Majesté, il se serait désisté tout à fait de cette mauvaise volonté.
Enquis si , de lors qu'il fit ses voyages pour parler au roi et lui conseiller de faire la guerre à ceux de la religion prétendue réformée, il avait protesté à son curé que, si Sa Majesté ne voulait accorder ce dont l'accusé la suppliait, il ferait le malheureux acte qu'il a commis ;
A dit que non, et que s'il l'avait projeté, s'en était désisté, et avait cru qu'il était expédient de lui faire cette remontrance plutôt que de le tuer.
Remontré qu'il n'avait changé sa mauvaise intention, parce que, depuis le dernier voyage qu'il a fait à Angoulême le jour de Pâques, il n"a cherché les moyens de parler au roi, ce qui démontre assez qu'il était parti en cette résolution de faire ce qu'il a fait;
A dit qu'il est véritable.