‹ La Henriade, le poëme de Fontenoy; avec les divers morceaux composésChapitre 91 sur 113 · Pharsale, livre II, ver · texte numérisé non relu

Pharsale, livre II, ver

lltl

Lorsque d'un rien fécond nous passons jusqu'à l'être,

Le ciel met dans nos cœurs tout ce qu'il faut connaître;

Nous trouvons Dieu partout, partout il parle à nous ;

Nous savons ce qui fait ou détruit son courroux;

Et chacun porte en soi ce conseil salutaire,

Si le charme des sens ne le force à se taire.

Croyons-nous qu'à ce temple un dieu soit limité?

Qu'il ait dans ces sablons caché la vérité?

Faut-il d'autre séjour à ce monarque auguste

Que les cieux, que la terre, et que le cœur du juste?

C'est lui qui nous soutient, c'est lui qui nous conduit :

C'est sa main qui nous guide, et son feu qui nous luit;

Tout ce que nous voyons est cet Être suprême...

C'est donc assez, Romains, de ces vives leçons

Qu'il grave dans notre âme au point que nous naissons.

Si nous n'y savons pas lire nos aventures.

Percer avant le temps dans les choses futures,

Loin d'appliquer en vain nos soins à les chercher,

Ignorons sans douleur ce qu'il veut nous cacher.

\) Ce n'est donc point pour n'avoir pas fait usage du ministère ' des dieux, mais pour avoir ignoré l'art de bien conduire les affaires des hommes, que Lucain est si inférieur à Virgile. Faut-il qu'après avoir peint César, Pompée, Caton, avec des traits si forts, il soit si faible quand il les fait agir ! Ce D'est presque plus qu'une gazette pleine de déclamations : il me semble que je vois un portique hardi et immense qui me conduit à des ruines.

Page 1