OBSERVATION III
Pneumocèle consécutif à une plaie par éclat d'obus. 1819, J. Cloquet, Nouveau Journal de Médecine chirurgicale, t. VI, p. 337.
Vers la fin de l’année 1806, un soldat âgé d’environ 30 ans fut reçu à l'Hôpital militaire du Val de Grâce. Il portait une hernie du poumon qui s'était formée sous la cieatrice d’une plaie de poitrine par arme à feu. Ce militaire était occupé à relever les blessés sur un champ de bataille lorsqu’un obus vint faire explosion près de lui, un éclat du projectile l’atteignit très obliquement à la partie latérale droite de la poitrine, déchira ses vêtements, emporta les técuments, les muscles, dans l’étendue de quatre pouces et : fractura la sixième et la septième côtes. Transporté à l’ambulance, il vomissait le sang et se trouvait dans un état de faiblesse extrême, suite d’hémorragie. Après onze mois de traitement, la plaie se cicatrisa en grande partie, mais il
resta encore quelque temps une ouverture fistuleuse par Jaquelle sortait un pus séreux peu abondant ; le malade re- Couyra assez de forces pour retourner à pied dans ses foyers.
À l’époque où je le vis, il présentait une tumeur arrondie, circonscrite, saillante d’environ deux pouces, laquelle soulevait une large cicatrice rougeâtre qui occupait la partie inférieure droite de la poitrine. Cette tumeur était réductible par la pression, mais alors le malade éprouvait des étouffements accompagnés de toux; elle diminuait un peu dans l’inspiration, augmentait sensiblement de volume et de dureté pendant l’expiration et spécialement quand le malade toussait ou faisait un effort. Lorsqu'on avait repoussé la tumeur dans le thorax, on sentait manifestement à travers la cicatrice des parois de cette cavité, une large ouverture qui laissait sortir les poumons, lui semblait ad-hérente vers la partie supérieure et au niveau de laquelle une portion de la sixième et de la septième côtes manquait.
OBSERVATION IV Pneumocèle consécutif à une plaie par fleuret. Morel-Lavallée, Service de Vulpian, à la. Charité. | /
Un soldat d'Afrique, âgé de 20 ans, reçut en duel un coup. de fleuret dans le côté gauche, un peu en dedans et au-dessous du mamelon.
Le quatrième jour, apparition d’une douleur pongitive à l’épaule gauche et d’une petite toux sèche qui durèrent fort peu de temps. Au bout de six à huit jours, la cicatrice était complète et le malade put croire que son accident n’aurait aucune suite, mais en reprenant de l’exercice, il s’aperçut bientôt que sa respiration excellente auparavant, était de-
venue courte et qu’une toux sèche et fréquente apparaissait à la moindre cause.
Six semaines après son duel, il découvrit pendant un accès de toux une tumeur sous la cicatrice et ce n’est encore cue deux mois plus tard qu’il s’est décidé à venir à l’hpital. t
Examen. — Aucun antécédent du côté du poumon. A j’auscultation, on trouve partout le murmure vésiculaire dans toute sa pureté.
À un travers de doigt en dedans du mamelon gauche et à 2 millimètres au-dessous est une cicatrice linéaire transversale de 8 millimètres de long. Dans l’état de repos, cette cicatrice est à peine soulevée. En la pressant avec le doigt directement, on n’a que la sensation d’un enfoncement de l’espace intercostal. Maïs si l’on fait glisser la peau sur la tumeur en la pressant obliquement, on sent un chemineent de bulles fines et nombreuses, comme si l’on comprimait un lobule pulmonaire plein d’air. L’oreille perçoit aussi la migration de bulles crépitantes.
À la percussion, la tumeur ne crépite que lorsqu'on la frappe obliquement. Pas de changement appréciable de sonorité.
Dans la four, la cicatrice est soulevée par une tumeur du volume d’un œuf, tumeur molle qui se forme sous le doigt en procédant de l’intérieur de la poitrine, en produisant au toucher ce froissement vésiculaire d’un gaz cheminant dans des cellules menues et multipliées.
Pendant l’expiration de la foux, l’oreille appliquée sur la cicatrice perçoit également une crépitation intense et nombreuse.
Les mêmes phénomènes se reproduisent à moindre degré, dans l’expiration ordinaire,
L’inspiration, si énergique qu’elle soit, ne donne aucun signe. | Cette tumeur est sans changement de couleur à la peau, sans douleur, même à la pression; la santé générale n’a pas
souffert.
Traitement. Bandage. Guérison rapide et définitive.
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