‹ La Hernie Traumatique Secondaire Du PoumonChapitre 9 sur 13 · EVOLUTION — PRONOSTIC · texte numérisé non relu

EVOLUTION — PRONOSTIC

La hernie du poumon abandonnée à elle-même ne guérit pas. Elle tend à s’accroître avec le temps, surtout chez les sujets atteints d’affections des voies respiratoires s’accompagnant de toux ou chez ceux qui sont astreints à des travaux pénibles.

Elle peut acquérir un volume considérable. Intermittente au début, elle tend à devenir continue; elle n’arrive jamais à être complètement irréductible. Morel-Lavallée a distintué :

1° Les hernies spontanément réductibles ;

2° Les hernies artificiellement réductibles ;

3° Les hernies en apparence réductibles, c’est-à-dire qui ne rentrent pas dans le thorax, mais qui se vident de l’air qu’elles contiennent.

Aucune complication ne se produit. Nous n’avons pas à craindre ici la menace de l’étranglement qui peut venir tout d’un coup compliquer dramatiquement une hernie abdominale jusque là bien supportée.

On ne connaît aucun cas de mort par hernie secondaire du poumon. Ce n’est done pas une affection grave. Cependant elle peut être gênante, elle s’accompagne parfois de douleurs assez vives pour empêcher tout travail.

| TRAITEMENT He

Nous distinguerons le traitement palliatif et la cure radicale.

TRAITEMENT PALLIATIF. — [] consiste à réduire la hernie et à la maintenir réduite. Réduire est facile surtout lorsque la tumeur ne date pas de longtemps. Maïs nous avons vu qu’il y a des pneumocèles qui tout en se vidant bien ne rentrent pas dans le thorax. Après le taxis, il faudra appliquer un bandage muni d’une pelote spéciale venant se mouler exactement sur les parois de l’orifice.

Ce traitement a pu amener parfois la guérison définitive (observations de Mercier et de Morel-Lavallée).

Dans un grand nombre de cas, il apporte un soulagement considérable. Il nous semble tout à fait suffisant dans les hernies complètement réductibles qui ne s’accompagnent d’aucun phénomène douloureux, chez les personnes qui ne

<e livrent pas à des occupations pénibles et ne présentent

pas d’affections de l’appareil respiratoire.

CURE RADICALE. — Lorsque au contraire on se trouve en présence : 1° d’une hernie douloureuse ; 2° d’une grosse hernie incomplètement réductible; 3° d’une hernie dont la réduction s’accompagne de phénomènes d’étouffement ; 4° d’une hernie chez un tousseur ou chez un sujet exposé à des

: —928 — efforts, la cure radicale nous semble le traitement de choix.

Quelle est la technique à suivre?

Incision transversale répondant à l’espace intercosta] à travers lequel se fait la hernie et intéressant les enveloppes: peau et muscles. Incision longue de façon à découvrir largement la lésion. :

Nous avons vu que généralement il est très difficile d’isoler un sac herniaire. Dans notre observation première, la plèvre était tellement amincie et distendue que, malgré le désir qu’on'avait de la disséquer, on dut se résoudre à inciser délibérément. Le pneumothorax s’établit; on en ralentit la formation par un tamponnement de l’incision, Mais on S’aperçut bientôt que le poumon avait peu de tendance à se rétracter vers le hile et on assista au phénomène curieux de l’insufflation du poumon par l’air expiré L’anesthésie était imparfaite, le malade faisait de violents efforts d’expiration et à chacun de ces efforts le poumon s’engageait à travers la brèche.

Comment expliquer ce fait?

ITest probable que de fortes adhérences existaient aü niveau de la brèche, retenant le poumon contre la paroi. Et alors le prolapsus de l’organe à travers l’incision s’explique par la théorie de Morel-Lavallée que nous avons eXposée au chapitre du mécanisme.

Il faut refaire la paroi avec le plus grand soin. Après avoir libéré les lèvres de la brèche, suturer par un surjet au Catgut prenant à la fois la plèvre et les muscles intercostaux. Reconstituer la couche musculaire et suturer les téguments au crin de Florence.

Lorsqu'on se trouve en présence d’un orifice herniaire de grandes dimensions, à la suite par exemple d’un traumafisme avec fracture de côtes, après lequel une ou plusieurs de celles-ci ont disparu, on pourrait avoir quelques difficul-

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a ou tés à en rapprocher les lèvres et à les suturer solidement. C’est dans ces cas que la greffe est indiquée, suivant le pro- .

cédé employé par Lefort chez son opéré (obs. II). Lefort

préleva un lambeau de l’aponévrose du fascia-lata, auquel ii laissa adhérent un pannicule adipeux épais d’un travers de doigt. Il l’appliqua sur la brèche en laissant la pelote graisseuse tournée vers la cavité thoracique.

Les suites opératoires furent parfaites.

Ÿ a-t-il des cas où il faille réséquer la partie herniée?

Nous pensons qu’on pourrait le faire : 1° lorsqu’on trouve un viscère malade présentant par exemple un abcès ou une caverne tuberculeuse ; 2° lorsqu'il y a de grosses adhérences empêchant la réductibilité; 3° lorsque la réduction de la hernie s’accompagne de phénomènes d’étouffement.

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