LOCOMOTION AÉRIENNE. — QUEUE
Plumes grandes 12
— moyennes, couverture 14 0.50^
— — garniture 53 2.70(
Total 67
Surface plane de la queue étendue, mais non déployée.. Longueur de la plus grande plume détachée de la chair.
0“229 cent.
0“175 cent.
Cube du héron complètement replié sur luimême 3.867 centimètres cubes.
Taille de l’extrémité du bec à l’extrémité de la queue 1.035
— — du plus long doigt. . . 1.215
— du sommet de la tête à la base des doigts 0.940
Poids avant dissection 1871.80
Poids après dissection 1786.80
Différence par suite d’évaporation et de manipulation 85.00
Pour que ces chiffres que nous avons produits se prêtent à toutes les conclusions que nous avons à en tirer, il faut les grouper encore autrement que nous ne venons de le faire.
Si on réunit le poids 1« des conduits du préhenseur 29.00
— 2° des appareils de la transformation — 132.00
— 30 du déjecteur 22.00
On a d’abord 183.00
Si on y ajoute le poids des yeux 10.80
Total 193.80
— — de la cervelle 8.00
Ou trouve pour poids du héron réduit à sa plus simple expression comme machine à éliminer 201.80
La chair de cet oiseau pesait 1023.60
En déduisant de ce poids ce qui ne se mange pas ordinairement, c’est-à-dire :
1» ce qui vient de nous donner le total de 193. 80j
2» Les annexes de l’intestin 13.00/ ^ l 217.60
30 Le sang répandu autour de l’intestin 10.80( “ ‘j
On aurait comme poids de chair à manger si elle était mangeable. 808.00 11 est vrai que dans les gros oiseaux, le cœur, les poumons,
le foie et les reins se mangent, et alors il y aurait à ajouter. . 132. 00
Ce qui donnerait pour poids réel 940.00
Des plumes (1)
LA HERONNIERE D ECURY-LE-GRAND
En résumé ce héron se composait :
1° De chair 1“ représentant surtout la machine à éliminer, les annexes et le sang 217,
— 2° du cou et de la tête 87,
— de la cervelle 8.
— du 281,
^autres parties 153 y '
— des pattes 181.
— des ailes 106.
2" des 03 du cou et de la tête 67.
— du corps 65.
— des pattes 105.
— des ailes 97.
3“ de la peau du cou et de la tête 21.
-- du corps 27.
— des pattes et des doigts 27.
— des ailes 28.
Nombre Poids Poids
du cou et de la tête, petites
et d’ornements 3.336
du corps, petites et d’ornements 4.542
des pattes, petites 1.520
des ailes, petites 3.717
Total des petites. . .13.115
des ailes \ delà q«eue( des ailes de la queue j
/ \ moyennes. 498
moyennes. 67 ) grandes... 56 (grandes... 12
'‘*•““151 5oV‘
Total des petites, moyennes
et grandes plumes. . . 13.748
des ailes petites j (3.717 17.001
— moyennes. .(4.271 I 498 36.80)101.80
— grandes ] ( 56 48.00)
de la queue moyennes. ( „ \ 67 3.20/
— grandes... \ M 3.50i
Total général du poids après dissection..
A reporter. . . ,
(1) Les plumes ont été comptées avec le plus grand soin, mais, on le comprend, cette opération est d’autant plus difticile, que Ton est
Report 1634.80
50 Des matières contenues dans restomac et les intestins — 132.00
Total général 1786.80
La surface plane de l’oiseau au vol se décompose ainsi qu’il suit ;
Surface du cou et de la tête,
— du corps
— de la queue
— des pattes
— d’une aile
— des deux ailes. ...
contimfetres . 305 \
Total de la surface plane (1)... 4.847,8
Dans la crainte de fatiguer quelques lecteurs, je me dispense de reproduire tous les chiffres que j’ai trouvés en analysant d’autres hérons gris et des hérons butors et blongios, cependant il me semble utile pour les ornithologistes d’en citer quelquesuns.
Le 7 décembre 1875, on m’a apporté un héron femelle qui pesait 1 .374 grammes ;
Son estomac contenait un rat d’eau du \ poids de 195 gr
Les matières en décomposition dans ses intestins étaient de 14 gr 14/
En réalité l’oiseau, avant dissection, ne pesait donc que 1.165 gr.
Une chose très-remarquable, c’est que la différence qui existe entre ce nombre de 1374 et celui
obligé de s’arrêter quand on a compris les plumes principales du duvet. Il peut donc se faire que les chiffres ci-dessus indiqués, à l’exception de ceux qui se rapportent aux grandes plumes des ailes, puissent varier de quelques unités.
(1) Le héron dont nous venons de donner l’analyse nous le prenons pour type. En conséquence les chiffres qui précèdent serviront de bases k nos raisonnements.
LA HÉRONNIÈRE d’ÉCURY-LE-GRAND
de 1879, poids de mon héron du 14 Mars 1875, se retrouve, au moins proportionnellement à l’occasion du mesurage et du pesage de chacune des mêmes parties de ces deux oiseaux, on pourra s’en convaincre en examinant les chiffres suivants et en les comparant à ceux que nous avons produits. Poids total du héron du 7 Décembre 1875, 1374 gr.
Longueur du corps
Largeur du corps 0. P2
De l’extrémité du bec à l’extrémité de la
queue 0.95
De l’extrémité du bec à l’extrémité des
doigts 1.13
Du sommet de la tête à la base du pied. . . 0.865
Envergure 1.67
APPAREILS DE l’ÉLIMINATION ET DE LA TRANSFORMATION :
Peau de l’œsophage, du pharynx^ de l’enveloppe du \
larynx et de la langue 22.50j
Estomac 46.00 I
Foie 26.50 f
Reins ll.ooi 118.00 118.00\^^g
Poumons 18.00 / ’
Cœur 16. 50] 1
Déjecteur 22.001 \
Annexes 6.0o( 33.00 33.Ûo|
Sang coagulé 5.00) /
La peau ne pesait que 64 grammes
Les muscles pectoraux ne pesaient que 152 grammes.
Plumes petites du préhenseur, petites plumes 7.701 \
— — huppe 0.4o|l0.9oJ
— — plastron 2.80] f
— du corps, petites plumes 26.30|^ ^^54. 90
— — plumesd’ornement 1.70\“ ’ l
des pattes 2.10]
des ailes 13. 3o]
A reporter 54.90
ET LE HERON HRTS
Report.
première couverture
deuxième —
; première garniture
,2oi
! deuxième —
1 grand recouvrement
1 petit recouvrement près des grandes
1 plumes de l’aile
couverture de l’aileron
Plumes moyennes delà queue, couverture.. 0.30( — garniture... 0.70'»
Plumes grandes des ailes
Plumes grandes de la queue
M.OOi*
Une autre analyse du 27 Mars 1872, rn’a donné les
chiffres qui suivent :
Poids de l’oiseau
gr.
Longueur du corps ......
Largeur du corps
De l’extrémité du bec à
l’extré-
mité' de la queue
De l’extrémité du bec à
l’extré“
mité des doigts
Du sommet de la tête à
la base
des pieds
Envergure
Surface plane d’une aile
Surface plane de deux ailes 3527.3 /
Surface plane du reste du corps.. 805.8 '
Cinq autres oiseaux m’ont donné les poids sui vants :
23 novembre 1868 25 mai 1869 12 décembre 1873 30 mai 1875 (male) 30 mai 1875 (nicâle)
LA UÉRONNIÈRE.
1360 grammes.
LA HÉROxXNIÈRE d’ÉCURY-LE-GRANP
La femelle est ordinairement plus petite que le mâle (1).
On voit que les chiffres qui précèdent s’appliquent aux divers mesurages qui caractérisent le plus le héron. Nous avons donné en plus grand nombre ceux qui se rapportent aux pesages, parce qu’ils fournissent de précieux éléments d’appréciation.
Si les forces sont impondérables, elles s’apprécient ou par leurs effets ou par les instruments qui les produisent. Or, les peaux musculo-membraneuses des appareils intérieurs et du revêtement de l’oiseau, les muscles et les tendons, les os qui sont des attaches renforcées, sont au nombre des agents principaux par lesquels s’explique son action. Les peser, comparer leurs poids, c’est réunir de sérieux éléments d’étude et de détermination. Sous d’autres rapports le poids n’est pas moins important. La statique, qui est une des branches de la mécanique, a pour objet l’équilibre des forces qui meuvent les corps; et comment expliquer cet équilibre sans pesée? Enfin, les muscles ne sont pas autre chose que la viande que nous mangeons, et nous savons si les poids n’ont pas leur place marquée chez un boucher ou un marchand de gibier.
A l’aide des tableaux de chiffres que nous avons produits, étudions maintenant en détail l’organisme du héron.
§ 2. — PRÉHENSEUR.
Après les généralités qui précèdent arrivons aux détails et d’abord au préhenseur
^1} Petit.
ET LE UÉKON GRIS
Si le héron gris n’a pas à sa disposition les tenailles et les crochets du milan noir et du balbuzard, il n’en est pas moins parfaitement armé et outillé pour tuer et saisir sa proie.
Son bec long de quinze à seize centimètres a treize centimètres de tour comme la tête avec laquelle il se confond, ce qui l’a fait appeler longirostre. Il est solide comme le fer, pointu et effilé comme l’é[5ée. De chaque côté, à l’intérieur, il est garni, d’abord à la pointe sur une longueur de cinq centimètres d’une dentelure de scie dont les crochets sont inclinés d’avant en arrière, ensuite sur le reste de la longueur, d’espèces de lames de couteaux ; c^est à cette particularité qu’il doit d’avoir été classé par les auteurs parmi les cultrirostres. Le bec et la tête pèsent soixante-treize grammes et affectent la forme d’un marteau ou plutôt d’un pic. Ils sont rivés à un cou long de (juarante centimètres, composé de seize vertèbres enchaînées entre elles par des tendons aussi nombreux que résistants, ayant, suivant les circonstances, la roideur du bois et la souplesse d’une corde ; ils peuvent être lancés comme une massue et être projetés à un mètre à la ronde, c’est-à-dire de haut et de loin.
L’adresse avec laquelle le liéron projette cet assommoir est extraordinaire.
Un soir, un de mes amis m’apporte un héron qui avait été désailé. Je le place dans une chambre ; le lendemain, je veux le faire voir à mes enfants : je le pousse avec Une baguette pour qu’il se montre dans tous les sens; avant que j’eusse pu m’en douter, le bec de l’oiseau était lancé à quelques milli-
LA HÉRONNIÈRE l/ÉCURY-LE- GRAND
niEti'es (1g iiîOîi œil ; en celle seconde, j’en avais plus appris qu’en des années avec des livres; Je compris alors ce qu’on raconte de l’instinct de cet oiseau quand il est aux prises avec un homme, un chien, un oiseau de j)roie, ou quand il attaque les reptiles; souvent il vise son ennemi à l’œil, et bien des chiens de chasse ont été aveuglés de cette façon.
Dans les moments de détresse, dit Belon, quand un aigle ou un faucon vient fondre sur lui, nonseulement il décoche quelques coups de bec dans les yeux de son ennemi, mais encore il braque son bec en guise de lance de manière à ce qu’il s’enferre (1).
Le reptile ou le poisson, tout en fuyant, reçoit à la tête un coup de bec qui le tue. Un ou deux autres coups suffisent pour briser et séparer les vertèbres de la couleuvre. Les chairs qui les retiennent sont alors détachées par les tranchants du bec qui fonctionne à la façon des lames de ciseaux.
La dentelure de l’extrémité retient le poisson et le reptile dont les écailles offrent cependant peu de prise. Quelquefois même le héron l’emporte ainsi dans les airs, et il se trouve alors que le bec fait office de pince dentelée. M. le vicomte de Dax s’est trouvé cà la héronnière au moment où une mère apportait à ses petits une couleuvre qui se débattait encore vigoureusement.
Le plus souvent, quand il s'agit d’un petit poisson, l’oiseau, après l’avoirsaisi, le lance en Lair de telle sorte qu’il retombe dans son bec, comme une boule dans la coupe d’un bilboquet.
(1) Belon, Nat. /les oiseaux, page 190.
Aux vertèbres du [)rcheriseiir, et dans toute sa longueur, adhère un tube musculo -membraneux (œsophage) qui sert non-seulement de canal entre le gosier (pharynx) et l’estomac, mais encore de poche. Sans être comparable à celle du pélican ; il peut, quand il est bien étendU;, contenir cinq cents centimètres cubes de nourriture, aussi le héron gris s’en sert pour loger jusqu’à 430 grammes de viande, qu’il va chercher quelquefois à quatre-vingts kilomètres et qu’il vient dégorger dans le bec de ses petits. J’en ai vu un passer ainsi près de moi avec ses provisions de bouche sans que cela parût, tandis qu’une buse, avec une souris dans ses serres, attire nos regards.
L’enveloppe de l’œsophage a la propriété de se contracter de manière à rejeter par le bec les poils des mammifères décomposés par l’estomac, ce qui fn ’ilite beaucoup le travail de la digestion ; c’est pour cette raison que sous les nids de héron on trouve des pelottes de poils sans mélange d’excréments. Ces pelottes se distinguent facilement par leurs grandes proportions de celles que rendent les ducs et les chouettes, et, par leur forme ovalaire, de celles que rejettent les buses. Elles ont, en grand diamètre, six centimètres deux millimètres, et en petit diamètre, deux centimètres six millimètres, tandis que celles de la chouette-effraie n’ont ordinairement que 0,038 sur 0,026.
Le préhenseur contient également le tube, qui porte les noms de pharynx^ de larynx et de trachée artère et qui donne passage à l’air des poumons et aux sons de la voix ; ce tube de substance cornée, mais légère et flexible, a, dans toute sa longueur
LiV lIÉHOxNiMÈRE d’ÉCURV-LK-GH ANï>
qui est de 40 centimètres , un diamètre de 5 millimètres, et ressemble beaucoup au cor de la trompe ou de la trompette. En effet, le cor de ces instruments n’a pour le premier, en diamètre, ({Lie 8 millimètres, et pour le second, 12 millimètres. La voix se produisant non pas dans le larynx, comme pour le mécanisme humain, mais à la partie inférieure de la trachée artère, ce tube a une certaine ressemblance avec une petite trom- [)ette dont remboucliure serait placée près des poumons et qui aurait l’ouverture du bec pour pavillon. Ce qu’il y a de très-remarquable, c’est qu’il en sort des notes timbrées et stridentes comme celles de la trompette, des sons quatre fois plus puissants que la voix de l’homme. Aussi dans d’immences espaces et du haut des airs, le héron fait entendre quand il le veut ses cris d’appel, d’alarme et de retraite.
Comme chez tous les animaux le point culminant du préhenseur sert d’observatoire. C^est là, en effet, que se trouvent places les yeux et le cerveau, sièges de la vue et de l’intelligence. Grâce à leur élévation chez le héron gris, cet oiseau, quoique simplement posé sur terre ou sur des joncs, domine de la hauteur de 0”94 sans se hisser sur la pointe de ses pieds. De la sorte il guette bien sa proie et se met en garde aussitôt qu’elle apparaît à son horizon. A cet effet il est bon de noter que l’oiseau appelé à faire pour ses éliminations les plus longs et les plus rapides déplacements, malgré tous les obstacles, a besoin, plus que tout autre animal, d’une vue trèsperçante et que, j)our l’utiliser, il faut qu’il s’élève. C’est pour cette raison que le milan plane dans les
airs, que la buse se montre souvent sur un perchoir, que le héron sur les joncs et le canard à la surface de Teau, étendent et élèvent tant qu’ils le peuvent, leurs longs cols.
On comprend qu’avec un pareil préhenseur qui tout à la fois est le siège de la vue et de l’intelligence et en quelque sorte un bras, une main, une paire de cisailles, une baïonnette, une massue, l’élimination soit assurée, et que les matières éliminées arrivent facilement aux appareils de la transformation.
Comme cette partie du corps, qui, dans l’analyse delà page 10, pèse237grammes, est toujours lourde, le héron, quand il reste longtemps immobile, replie le cou sur la poitrine et rabat la tête entre les épaules.