‹ La Hollande à vol d'oiseauChapitre 1 sur 72 · A MONSIEUR PHILIPPE JOURDE · texte numérisé non relu

A MONSIEUR PHILIPPE JOURDE

A Paris.

Mon cher ami,

Laissc\-)}toi j'oiis offrir ce lii-re.

Vous j- reconnaître:; des pajs que nous avons parcourus ensemble. J'ous y ;v;tc'- aussi la descrip/ion de contrées que nous devions parcourir.

La maladie, toujours importune, ne vous a pas permis d'achever cette longue excursion en Hollande, depuis si longtemps projetée et de laquelle Je me promettais une si grande foie.

Cest donc un devoir pour moi de vous ad>-esser le récit de ce que vous aurie^ pu voir dans nos courses vagabondes, et je vous prie de l'accepter comme une marque de mes regrets, et comme un témoignage de nujii amitié.

Henry HAVARD.

Paris, Octobre 1880

AVERTISSEMi:Nr DES ÉDIlELllS

■^Jïjii^-^tf\\^"^; On a dit que les livres avaient leurs destinées;

on pourrait ajouter qu'ils ont aussi leur histoire. Celle du livre que nous publions aujourd'hui est assez intéressante et assez originale pour que nous la racontions au lecteur. La voici donc en quelques mots.

Tout le monde connaît les curieuses études

que M. Henry Havard a publiées sur les Pays-

"Bas, et la série de volumes qui composent la Hollande

pittoresque est en quelque sorte devenue classique.

C'est à elle que dans ces derniers temps se sont adressés tous

. ^,. les géographes jaloux d'écrire correctement sur la Néerlande.

fW M- Elisée Reclus pour^sa Géographie universelle y a puise à plemes

5'^ '» mains. Enfin trois éditions successives, ajoutées à des traductions en

anglais et en hollandais, n'ont point suffi à épuiser la vogue de ces curieux

et intéressants petits livres.

Comme tous ceux qui ont fait en Hollande le voyage traditionnel, M Maxime Lalanne avait lu avec un plaisir extrême les Villes mortes du Zuideriée, les Frontières menaeées, le Cœur du pays, et il avait voue a ces trois volumes une tendresse toute spéciale. Non point cette tendresse un peu banale de Famateur ou du bibliophile, mais cette tendresse de l'artiste qui s'identifie avec l'œuvre qu'il aime.

Aussi M. Maxime Lalanne était-il obsédé par le désir d'illustrer ces sympathiques volumes, qui taisaient si bien revivre à ses yeux les pays qu'il avait parcourus jadis.

Ce serait taire injure au public que de lui dire ce qu'est le talent de M. Maxime Lalanne. Qui ne connaît ses eaux-tortes délicates et lincs, ses dessins précis et corrects, ses vigoureux et pui.ssants fusains.-

Aiur/ isscnicnl des Editeurs.

Voir SCS œuvres illustrées par un pareil artiste, c'est une telle bonne fortune i.]iic personne au monde ne saurait mal accueillir un désir si gracieux.

M. Henry Havard accepta donc l'offre avec enthousiasme. Mais pour que le texte et les dessins présentassent cette unité indispensable qui est un des charmes les plus exquis des ouvrages illustrés, il fallait que l'artiste revit avec l'écrivain les pays que son crayon allait reproduire.

Un nouveau voyage était nécessaire. Ce voyage eut lieu. Toutefois, en p.ircourant les villes et les campagnes néerlandaises, en suivant les routes et les canaux, -l'auteur de la Hollande pitto?-esqiie s'est repris à écrire une description nouvelle de ces lieux qu'il revoyait pour la seconde fois. Et voilà comment un nouveau livre est né de ce nouveau voyage.

Ce livre, avons-nous besoin de le dire? ne ressemble en rien à ceux qui l'ont précédé. Moins scientifique et plus pittoresque, il revêt une allure plus vive et plus rapide.

Sans rien perdre de son exactitude, il gagne en charme et en vivacité. En outre, il constitue une curiosité bibliographique d'un ordre tout spécial. Nos lecteurs remarqueront qu'il est divisé en chapitres qui tous comptent le même nombre de pages et comportent la même illustration. A tous ces titres, il ne peut donc manquer d'être bien accueilli et nous croyons devoir le recommander tout spécialement à l'attention des amateurs.

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