‹ La Hollande catholiqueChapitre 21 sur 35 · LA POLITIQUE BANS LA HOLLANDE. AT · texte numérisé non relu

LA POLITIQUE BANS LA HOLLANDE. AT

livrées à Tavidité des soldats espagnols. Leurs ex-torsious et leur indiscipline entretiennent les trou-* Ues. Le duc d'Albe semble adopter une politique nouvelle en publiant, au mois de décembre, une amnistie. U est immédiatement rappelé.

1^74. Ce départ ramène sur la scène le Tad« turae qui rentre en possession de la plupart des Tilles. A la politique espi^ole qui se retire succède Tastuce de Guillaume qui a achevé de ruiner entièrement le catholicisme.

1576, 18 novembre. Dans la déclaration de Gand, les Provinces-Unies se séparent de l'Espagne et proclament la liberté de religion. Le prince d'Orange en &it le serment; et, cette même année, il n'obtient au synode de Dordrecht un pouvmr absolu qu'à condition qu'il persécutera à outrance les catholiques et les remontrants.

1577. Le prince d'Orange renouvelle aux catholiques la promesse de la liberté de leur culte , et le jure à Harlem, le 22 janvier ; à Utrecht, le 29 oo* tobre. Dansl'acte de Harlem, quisubsiste, il eststi^ pulé entre autres choses : l^" que l'exercice puMic de la reUgion romaine sera entièrement libre pour tous réguliers et séculiers; que ni catholiques ni réformés ne s'adresseront aucune injure ni violence ; que les habitants de Harlem sont pris sous la baule protection du prince d'Orange et de»

490 BIBLIOTHÈQUE KOUVELLK.

États. Or, le 29 mai, au jour de la féic du Saint* Sacrement, tous les fidèles, avec l'évéque et le clergé, étant rass^nblés dans la cathédrale de Saint- Bavon, à l'heure de none, l'Église est envahie et remplie de ssuag et de carnage. C'e8t«-ce qu'on nomme les Nones de Harlem^ qui font le pendant des Vêpres siciliennes. Le princed'Orange désavoue cet excès; mais conseille en cette même année aux halritants du port de la Brille de proscrire le culte catholique. Vers ce temps, il épouse Catherine de Bourbon, ex-abbessc de Jouarre, qui expia cruellement, par les humiliations de toute sa vie , sa double apostasie.

£n 1578, Guillaume n'obtient la possession de rOwer-Yssel et de la Gueldre qu'après avoir une nouvelle fois juré de conserver intacts tous les privilèges, et va an-devant des plus anciens griefs en révoquant l'hicorporation des abbayes aux nouvelles cathédrales. Grâce à ces promesses, il entre dans Amsterdam, qui ne se rend qu'à la condition que le culte catholique sera seul publiquement exercé, enseigné, et prêché dans la capitale de la Hollande. Dès le jour de la capitulation, les prédicants commencent en plein vent des cérémonies et des prêches blasphématoires.

£n 1579, Guillaume, au nom des États de Hollande, promet et jure au]; États de Brabant et de

LA MLITIQUK dans LA HOLLANDE. 481

Flandre, paix et liberté pour les catholiques. C'est le traité de runionil'Utrecbt qui a servi de base au droit public de la Hollande. En 1579, les gueux marins, sous l'instigation de Guillaume, se précipitent sur le Brabant, saccagent les abbayes, remplissent de meurtre et de pillage Anvers, Gand, Bruges ; en même temps des scènes de violence demeurent imprimées à Groningue, à Leeuwarden; d'un bout du pays à l'autre, les catholiques, sont persécutés et trompés.

En 1580, les Étals d Utrecht déclarent le culte catholique non toléré, sauf dans deux églises. Honteux du rôle que lui impose son ambition ou son parti, le Taciturne laisse échapper cet aveu public et ce reproche aux siens : « Soyez enûn satisfaits, et > n'ajoutez plus rien à la honte des parjures qui » deshonorent votre religion! »

1581, 20 déc. Guillaume défend aux catholiques tout acte religieux en tout lieu et à toute personne ; sa popularité diminue : les Français, qui viennent recueillir le fruit de leurs intrigues et tentent de s'emparer d'Anvers, augmentent le discrédit. Blessé dans un guet-à-pens d'une balle qui lui traverse les deux joues, il n'échappe cette fois que pour succomber sous un coup de poignard, h Dclft, où il vivait retiré, le 10 juillet 158/».

Pour dernier service à sa patrie, il y a introduit,

482 BIBLIOTHÈQUE NOtVELLR.

Sur la fin de sa vie, les troupes anglaises et la politi^ que de l'astucieuse Elisabeth. Aiusi, tour-à-tour introduit, installé et maintenu parles reîtres luthériens, par les bandes du duc d'Alençon, par les ar« niées de Leicester , favorisé par la politique de r£n)pire, des Nassau, de la France et de l'Angleterre, le protestantisme s'établit et triomphe sur les ruines de l'Église et de l'antique foi des Hollandais.

Comment régna cet étranger, je vous le dirai en continuant cet inventaire. Seulement, je passerai des archives aux placards affichés à son de trompe, et au grand jour. Adieu, mon cher ami.

Cornélius Musius.

S'il m'est démontré que les écoles sont aussi utiles aux lettres que nuisibles aux mœurs, je n'hésiterai pas à préférer la vertu à l'éloquence.

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