‹ La Hollande catholiqueChapitre 22 sur 35 · QUINTILIEN · texte numérisé non relu

QUINTILIEN

La corruption des écoles , favorisée par la renaissance des études classiques et la licence de l'art payen , a exercé sans contestation une influence fatale sur le XVI* siècle. La Hollande, dotée si richement d'écoles , dut , moins que d'autres contrées , demeurer exempte de la contagion. Avant le con-

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cile 4e Trente et rétablissement des grands séminaires, le clergé ne pouvait puiser la science ailleurs que dans les universités ; la honteuse poussière de ces voies profanes Tatteignit, et pénétra jusque dans les plus saintes solitudes. Car les ordres religieux , qui ne pouvaient, sans un autre danger non moins grave, rompre avec leurs antiques traditions de science et d'études , devaient pour un temps livrer les plus jeunes profès aux désolantes impressions de ces maîtres payens et de ces écoles mondaines. C'est pour parer en quelque manière à cet inconvénient qu'un grand nombre d'abbayes firent édiûer à grands frais , dans les villes universitaires , des collèges où , sous l'œil vigilant d'un prieur et la sauvegarde de l'observance , il était moins périlleux d'affronter l'enseignement publia Mais qu'on se figure toutefois ce qu'il fallait de persévérance pour demeurer fidèles à leurs vocations , à de jeunes profès, aux novices du sacerdoce subissant les sarcasmes et les épigrammes, tels que ceux qu'Érasme rendait si populaires et si contagieux dans ses dialogues et ses épitres. Le moindre danger était de se blaser sur ces atteintes aux plus vénérables institutions de l'Église . De là, l'impunité de ces licences, encouragées à devenir plus audacieuses; et, pour nouveau scandale, la faveur de ces insulteurs élégants, prdnés non-

seulement dans le monde, mais jusque dans TÉglise et dans le cloître, même parles hommes les plus sérieusement pénétrés des dangers de TÉglise. Érasme , voulant fermer la bouche à un habile contradicteur, le Franciscain Tittelmann, osait le menacer des censures pontificales , de l'inquisition , du roi d*£spagne , et , ce qu'il estimait plus redoutable, de sa colère (1). Il n*eut pas seulement pour Mécènes Léon X , il correspondait familièrcmcuc avec l'austère Adrien YL II eut pour ami Mélanchton , pour flatteur le cardinal Woisey , et pour panégyriste Cornélius Musius (2) , qui apporta sur sa tombe le tribut de son élégante poésie. Le saint homme eut à peine, en sa naïve indulgence, trouvé excessive celte inscription qu'on lit encore à Rotterdam depuis 1622, sans que nul , que je sache , en ait encore relevé l'inconvenance. Elle est en vers hollandais , pour être mieux comprise du peuple, et gravéeaux pieds d'une statue qui passe pour le chef-d'œuvre de Henri de Keiser. Jo ne puis ne pas dire en passant le grotesque effet de cette grave et sèche figure, de ce petit homme

(1) Nous possédons une copie de cette lellre conservée dans l'abbaye d'Ëverbode ; nous ne l'avons pas trouvée dans la grande édition de Leclerc.

(î) TumuH Desiderii Eranmi, Lov.inii, 153G.

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fourré, frileux, maladif, cloué à la lecture de son livre de bronze , au milieu des ballots , dos étalages , des vendeurs et des acheteurs , du bruit et de la cohue. On se demande si c'est un marchand étranger qui consulte son livre en partie double. L'inscription suivante révèle le personnage. Nous empruntons la traduction littérale de cette apothéose à un ouvrage protestant :

Ici se leva le grand astre qui s'est couché k Bàle.

Que la ville royale (t) honore et fête lesaint dans la tombe!

Celle qui lui donna le jour lui rend celte seconde vie.

Mais au flambeau des langues, eut sel des mœurs, k la brillante merveille,

Dont Itcharité, la paix et l'érudition sacrée soAt l'ornement,

Nepeuvent suffire les honneurs d'un mausolée, ni d'unestatue.

C'esila voûie sacrée qui seule couvre dignement Érasme:

ÀHom espace plus borné nesauraiiluiservir de temple (ij.

Le xvi® siècle a payé cher le paganisme de ses lettrés, et la Hollande , pour sa part, à souscrit par des larmes de sang à cette statue, que les magistrats de Rotterdam, dans une autre inscription,

(1) Docte calembourg sur le mot latin Basilea et le

mot grec Baffaeù,-.

(2) La maison où naquit Érasme, dont le vrai nom est Gerrù^ traduit en latin et en grec par Deside^ rius Erasmus existe encore ; elle a été transformée en taverne et se trouve dans le Breede Kerkstraat, Elle porte une petite tigure d'Erasme» avec cette autre in-> scription :

Hœc est parva domus magnus qm nalus Erasmm .

appellent une dette publique, œre publico erigen^ dam curaverunL

Parmi les victimes que la justice de Dieu a choisies entre les plus pures, comme une plus digne expiation, il faut nommer Cornelis Muys, le poète de Delft, le martyr de Leyde. Orphelin de bonne heure et sans autre surveillant que lui*même, il se coiiserva toujours irréprochable, sans se refuser au commerce de nombreux amis. Élevé dans l'université de Louvain, qui le rendit au monde et à TÉglise dans toute son innocence, de disciple accompli, il devint l'exemple des maîtres, en prenant part à son tour à l'enseignement. Il donna à la France l'édification de ses vertus, et séjourna quelque temps k Paris, où les beaux esprits l'accueillirent avec empressement. Le typographe Ascensius Badins le fit connaître et aimer de Budée, de Fabre d'Étampes, de Rousset, de Ganey, de Fauste Andrelin. Il poussa ses pérégrinations jusqu'à Poitiers, et passa deux années dans cette ville, alors le rendez- vous des savants. Il s'y lia avec Guillaume-le-Long, les deux Helvétiens Ardillon et Léonard, l'Espagnol Olivar de Valence, et trois poètes, Joachim Polites, Julien Hamet, Salmon Macrin, qui ont longtemps conservé avec lui un commerce de lettres. C'est à Poitiers que Cornehus M usius publia ses premiers ouvrages et ses très rares poésies. 11 y donna au

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pablic un opuscule sur V éducation de la femme chrétienne^ et un premier volume cVodes et de psaumes^ imprimés en 1536 (t).

Écrivain aussi élégant sans contredit que son maître Érasme, poète délicat et pieux, il nous semble offrir un véritable phénomène dans le monde lettré du xvi* siècle. Par la droiture de son esprit étranger aux sophismes, et surtout, ce nous semble, par cette pure intuition d'une belle âme, il comprit l'esthétique chrétienne ; et, sans réagir violemment contre Fengouement de ses amis, il vit le beau, comme Platon, dans la splendeur du vrai, et n'admit de vrai que dans les sujets chrétiens. Convaincu que toute autre inspiration est dans le faux, que la vraie nature est celle qui est la plus pure, et qu'il n'y a de pur que ce qui est sanctifié par la grâce, il exclut sévèrement de ses écrits et de ses poésies tout ce qui n'était pas marqué d'un cachet chrétien. Il eût pu aisrment, on le voit, se permettre au moinsd'innocents badinages, qui n'auraient eu que le tort d'être inutiles et frivoles. Il estima, chose plus sérieuse, l'art et la poésie chrétienne. Il fut plus sévère même que Sidoine AppoUinaire, et se serait à peine permis les gracieux distiques que Fortunat de Poitiers échangeait contre les fruits

(i) Instilutio fœminœ christianœ* Pictav. , sine anno. — Odœ et psihni. Piclav., 1336, 4».

et les fleurs d'Agnès et de sainte Radegondc.

II nous semble avoir révélé ce qu*il pensait des bonnes lettres dans cette maxime de Quintilien que nous avons trouvée écrite de sa main : Si sludiis quidem scholas prodesse , moribus autem nocere constaret^ potior mihi ratio vivendi ha-nestOy quant via optime dicendi videretur (1).

Cornélius Musius rompit avec les traditions païennes pour le fonds et pour la forme ; dédaignant les mètres classiques, il remonta droit à Adam de Saint- Victor, et s'en tint presque exclusivement à ce rhythme profond et mélodieux que TÉgUse a adopté dans sa poésie liturgique. C'est en ce genre qu'il composa, en 1536 et toujours à Poitiers, des poèmes sur La rapidité du temps et sur V Immortalité de la poésie sacrée; un Tableau de la patience. C'est eu passant par Louvain, à son retour, qu'il apprit la mort d'Érasme, et se laissa entraîner à lui décerner son épitaphe (2). Comme s'il eût voulu expier ce léger tribut payé au siècle, il entre aussitôt

(l)S'il m'est démontré que les écoles sont aussi utiles aux lettres que nuisibles aux mœurs, je n'hésiterai pas à prélérer la vertu à l'éloquence.

(2) Detemporum fugacitate, deque iocrorum poema" tum immorlalîtale, Pictav., 153G, 4°. — Imago palieri" tiœ, Coquinio dicala. Piciav., 1530.-- TumuU De&i' derii Erasmi, Lovanii, 153(i.

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dans une solitude profonde, et demeure trente ans dans le silence, n'échangeant plus que quelques rares lettres avec ses anciens amis. Il ne put être oublié; ses lettres, ses poésies fugitives circulaient jusqu'en Italie; on y voyait même son portrait, représenté à l'antique avec le laurier triomphal. Gampanella (i) lui donna une place distinguée dans son Histoire du monde et le proclama l'un des illustres non-seulement pour sa doctrine , mais pour la noblesse de sa vie^ et enfin un geniilissimo poeta .

Il était devenu le père spirituel d'une pieuse communauté de Delft, les sœurs de Sainte*Agathe. Vénéré de toute la cité, le conseiller de plusieurs, consulté même par le Taciturne, à qui, dit-on, il adressa de sévères reproches et une prédiction de sa fin sinistre, le fidèle gardien, au milieu des secousses du monde, du couvent qui, florissant sous son habile direction , s'enrichissait de nobles dévouements, et abritait jusqu'aux tantes du prince d'Orange, Anne et Charlotte de Nassau.

Il semble qu'un reflet des saints avait précédé sur la belle physionomie de Musius l'honneur des cheveux blancs et la couronne du martyre. Il tenait son âme prête, en la nourrissant de prière et de contemplation, et s'il lui survenait à temps perdu quelques

(1) Historia munth, lib. lu^ adann, 1572, fol. 191 <

distractions littéraires, il composait dévotement des oraisons, traduisait un psaume, faisait une hymne, chantait une fête, un saint, un pieux personnage, sa patronne sainte Agathe, celui de toute la Hollande, saint Willibrord (1), et surtout sa chère solitude. Ce sujet favori revenant souvent sous sa plume, il se trouva qu*à la fui il avait fait un poème considérable. Il céda heureusement au sage avis de quelques amis en se décidant , en 1566 , à le publier avec une syîvula de petits poèmes chrétiens. L'ouvrage parut à Anvers; c'est l'un des chefs-d'œuvre de Plan tin (2).

Soit qu'il eût élagué de l'impression quelques tirades moins soignées , ou qui pouvaient être mal comprises, soit que depuis cette publication il eût repris ce thème bien-aimé et inépuisable, il s'est trouvé, dans ses papiers, plus de &00 vers qui manquent à l'édition plantinienne. Ils portent le titre de Verus vionachus et on peut les regarder comme un second chant de td Solitude. Assez heureux pour avoir pu voir en autographe ces lignes tracées de la main d'un martyr, et les copier avec plusieurs autres analectes du pieux poète,

(1) Voyez plus haut.

(2) Eucommium soliludiniSf oui aeoessit ad calc(Mii sacrorum carminum syhmla, Antverp,, iSC6, 4".

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nous voudrions qu'une occasion se présentât de les publier avec ses œuvres complètes , sous cet épigraphe que nous emprunterions à saint Jérôme :

Si enim Ixtitia est unam epistolam habere martyris, quanto magis tôt millia versuum, per qus mihi videtur suisanguinis signasse vestigia (1).

Quelques lignes inconnues de Musius suffiront aux amis, s*il en est, de la vraie poésie, pour apprécier le chantre de la Solitude. lls*agit des psal< modies monastiques et de Tappel au chœur : nous n*osons aborder une traduction :

Qui ad psalmos invitare

Etadodasexcitare

Sese soient mutuo :

c Surgite, mei confratres, » Aiunt venerandi paires, » Surgite continuo. •

Surgite, Gliristi agnelli, Simul senes et pueiU, Ite ad vigilias.

Ite :Hora mcditandi Eccc adest, vi precandi Ite ad excubias,

(1) Catalog, viror. Ulustr,, opp. 1. 1, p. 292,

192 BIBLIOTHÈQUB NOUVELLE.

Agite jam nunc, elccli, Deogratiet dilccti, Servi fidelissimi I Qui in domo dedlcata, Dominoque consecrata, Statis coDStantissimi.

Puras manus elevate.

Et in noctibus orate, Dam favet silentiam.

Grati Deum coUaudale, Et benignum orate, lutra sanctuarium.

Ecce si pervigilatis, Et in precibus duralis, Mentis cum fiducia :

Deus inTicem ditabit, Et in Sion vos beabit * Qui creavit omnia.

beata solitudo, etc.

Vers les premiers jours de décembre 1572, le prince d'Oraage avait reçu Thospitalité au couvent de Sainte-Agathe , et Lumaye , comte de la Marche, fameux par ses cruautés, campait avec ses bandes aux portes de la ville. L'un de ses soldats, voulant violer la consigne d'une sentinelle de la ville, est traversé d'une balle. Lumaye exige

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uuc réparation. Les magistrats prennent conseil du prince et s'y refusent. Lumaye jura de se venger lui-même, et sur le propre hôte du prince d'Orange. Cornélius, averti, prévit qu'il serait victime de la connivence douteuse du Taciturne et des fureurs de son suppôt Le bruit courait que dans une oi^ie tous deux s'étaient déjà fait un jeu de son arrêt de mort. Le 9 décembre, sur le soir, il monte en voiture et se dirige vers La Haye. Aux portes de la ville, il est reconnu par quelques soldats; l'un d'eux est de ses parents. Sa passion conmience par le baiser de Judas.

Des cavaliers sont dépêchés à sa recherche et l'atteignent aux portes de la Haye, portant l'ordre de le ramener à Delft. Lumaye les suivait se rendant à Harlem. Par ses ordres, le vénérable vieillard, déjà dépouillé de son manteau, de son chapeau, et livré aux insultes de cette soldatesque, est enchaîné et traîné par la neige à Leyde. A cette nouvelle , le prince d'Orange écrivit une lettre (nous l'avons transcrite à sa décharge et nous la conservons), où il ordonne à Lumaye la mise en liberté du vieillard. On eut soin de ne faire arriver celte lettre, ou de n'en prendre connaissance qu'au moment où tout était consommé.

Cependant, le 11 de décembre, sur le soir, le le captif arrivait à Leyde. Une sœur du couvent

iU BIBLIOTHÈQUE NOUVELLE.

ayant pu le rejoindre, se présenta h lui toute ea pleurs : « Bon courage, ma fille, lui dit-il, nous ne serons pas longtemps ici-bas; notre part de bonheur éternel est proche; mais nos malheureux concitoyens ont pour long-temps à gémir sous une dure oppression. »

On le conduisit au cimetière de Téglise Saint- Pierre, puis dans la maison vacante du syndic de Leyde, Cornélius Veyn, exilé pour cause de religion. Là, un prédicant hérétique entreprend de le faire apostasier : le confesseur ne tarda pas à le confondre et à lui fermer la bouche.

Musius se trouva peu après en compagnie de trois nobles bourgeois de Dissendelf, qui allant traiter, pour rendre leur cité, avec le fils du duc d'Albe , Frédéric de Tolède , furent faits prisonniers; il les consola et les prépara au martyre.

Le lendemain, le bourreau de Harlem arriva, et fut reconnu des prisonniers , c'était un signe de leur fin prochaine. Musius de nouveau les exhorta à la patienca « Nous sommes, leur disait-il, entre les mains de Dieu, prions-le de nous accorder la patience et la grâce. »

Comme il achevait ces mots, il est entraîné seul dans une chambre voisine, étendu sui* une table, dépouillé et frappé jusqu'au sang ; les parois des murs en sont souillées. Delà, il est jeté dans une

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câTe, attaché à un anneau cloué à la voûte, et suspendu, la tête en bas, par un orteil du pied. On allume sous cette tête pendante des torches enfumées qui l'enveloppent. L'orteil se déchire, la corde se brise, le martyr tombe de tout le poids de son corps, et roule à travers la flamme et la fumée, sous les pieds de ses bourreaux. A ce moment ils demeurèrent sans témoins. On n'entendit que de loin de profonds soupirs et des cris de douleur.

Entre neuf et dix heures de la nuit, on vit le martyr traîné hors de cette maison, traverser nus pieds le cimetière et la place publique , laissant sur la neige de longues traces de sang. Il touchait au terme de sa passion. Attaché à une grosse corde qui devait prolonger son agonie, il est suspendu à une potence, et ce dernier tourment fut si long et si douloureux qu'on l'entendit longtemps dans la nuit pousser des gémissements avant de rendre $a bienheureuse âme à Dieu.

Il restait à ses bourreaux à exercer de nouvelles barbaries sur son corps inanimé , jusqu'à ce qu*il eût été enseveli en un lieu qui n'a point encore été retrouvé et que Dieu peut-être se réserve de faire connaître en des jours meilleurs.

Nous n'avons fait jusqu'ici que copier un récit içQutemporain, Nous ajoiuons que le premier vi-

196 BIDUOTUKQUK NOLYKLLli.

cairc apostolique de la mission de Hollande, Sasbolde Yolmer, songeait à se mettre en résistance pour sa canonisation, et composa même un oflBce, pour sa seule édification. Toutefois Dieu a permis que des objets précieux , un vêtement , des vases sacrés, presque tous les papiers de Musius demeurassent au pouvoir des jansénistes de Hollande, qui conservent ce dépôt dans l'église de Sainte-Gertrude d'Utrecht.

Ëphémérides protestantes.

Lettre à M. Guignard . archiviste.

Arnhem , octobre i8&7.

Mon cher ami ,

Le martyrologe de TÉglise de la Hollande pourrait se composer, non-seulement des souvenirs vénérés de SCS vieux saints et des noms de ses derniers martyrs de Gorcum, de Leyde et d'ailleurs, mais de ce que j'appellerai les épliémérides de$ placards de persécution^ Il n*y a pas d'actes proconsulaires qui offrent une pareille série de mesures oppressives , et les rigueurs tant décriées de l'inquisition d'Espagne , et rcponssées des Provinces-Unies avec une si énergique répugnance nationale, ne sont qu'un jeu à côfcé de ce luxe des pla-

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