LA PEINTURE EN HOLLANDE
Les origines de la peinture, en Hollande, au xiv^ siècle, demeurent assez confuses. Dans la première moitié du xv®, ses artistes, en relations constantes avec leurs voisins des Flandres, subissent, comme tous les Septentrionaux, l'influence active du génie vigoureux des Van Eyck. Dès cette époque, néanmoins, les quelques maîtres de Haarlem dont les œuvres nous sont parvenues, Aalherl çan Oinvater, Geertgen wan St. Ja/is, Dirk Bouts (1420?- 1475) se distinguent des maîtres de Bruges, Gand et Bi uxcUes par quelques tendances particulières. Le tempérament grave, un peu lourd, sincère, loyal, de la race, se marque déjà chez eux par la hardiesse naïve de l'observation réaliste, la familiarité des attitudes, la franchise des physionomies, un certain goût de marins voyageurs et de bourgeois aisés pour les habits riches et les gros bijoux, un amour heureux et profond pour le paysage, une passion décidée pour les colorations fortes et chaudes avec le sentiment naturel des beautés qui peuvent résulter de leurs accords.
La dévastation des églises, en 156G, opérée par les Huguenots hollandais, avec toute la rigueur d'un fanatisme honnête, a malheureusement anéanti presque tous les ouvrages de cette période. C'est à quelques hasards que nous devons ceux qui restent. La ville de Ilaarlem, si entreprenante et si héroïque, tenait alors le premier rang pour la quantité et la qualité de ses artistes ; mais toutes ses voisines ou rivales, Utrecht, l'ecclésiastique, Leyde, la savante,
II LA PEINTURE EN EUROPE
Amsterdam, la commerçante, Dordrecht, Delft, Gouda, bien d'autres petites cités encore, non moins actives, ne tardèrent point à entrer en scène. C'est de Bois-le-Duc que sort Jérôme Bosch (1450-1516), unissant à une imagination fantasque des dons singuliers d'observation satirique et de science pittoresque C'est à Leyde, dans un milieu de dilettantisme érudit, que Cornelis Engelbrechtsz (1468-1563) et surtout son illustre élève, Lucas de Leyde (1494-1533), préparent et déterminent, au souffle lointain, mais déjà puissant, de la Renaissance, la direction particulière de l'art national. Les gravures de Lucas, autant que ses peintures, encouragent ses compatriotes à étudier, avec conscience, la physionomie humaine, et h chercher leurs inspirations, pour l'art familier comme pour l'art historique, dans le spectacle, toujours varié, de la réalité locale et contemporaine.
A Utrecht, à Amsterdam, à Haarlem, on est déjà pressé de se dépayser et d'aller admirer sur place ces chefs-d'œuvre de l'Italie dont la renommée retentissante échauffe et trouble les imaginations. Durant tout le xvi'' siècle, et même le siècle suivant, Utrecht restera le foyer fidèle des traditions classiques qui y sont alors apportées par le peintre de Philippe de Bourgogne, le flamand Jan Gossaert, dit Alabuse, et par Jan van Scorel^ d'Alkmaar (1496-1562), puis maintenues ou renouvelées par 7?/or/i/<2/i(f (1532-1583) Ulterwaal (1566-1638), Abraham Bloemaert (1590-1654). Le plus grand peintre d'Urecht, artiste cosmopolite, l'un des premiers portraitistes de son temps, Anlonîs Mor, ou Moro (1512-1576 ?), italianise jusqu'à son nom, sans rien perdre d'ailleurs de ses qualités indigènes. On retrouve aussi ce fonds persistant d'observation rigoureuse et d'expression juste à Amsterdam chez ceux qui, comme Jacob Cornelisz van Oostsanen (1480 ?- 1533 ?) et ses élèves, s'efforcent de transporter, plus ou moins adroitement, dans le Nord, la poésie plastique des Méridionaux. Dès qu'ils ont à placer dans leurs compositions des figures réelles, ils redeviennent excellents ; à plus forte raison, le sont-ils, lorsqu'ils se contentent de faire œuvre de portraitistes. C'est alors qu'est inaugurée la série de ces curieux
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tableaux de corporations qui nous donnent une si fidèle image de la vieille Hollande, par des maîtres mixtes, tels que Dirck JacohsZy Cornelis Theunissen, Allard Claessen^ Dirck Barentz, l'élève de Titien, C. Ketel (1548-1616). Quelques peintres de figures rustiques et de scènes familières reprennent déjà aussi la vraie tradition locale, par exemple ce Pieier Aertzen (1508-1575) qui, après avoir vu l'Italie, s'établit k Anvers, où ses exemples ne furent inutiles ni à son neveu /. Beuckelaar (1530 ?- 1575) ni au célèbre chef de la famille des Brueghel, Bi ueghel le Drôle (1516-1569) né près de Bréda. C est ainsi que les Hollandais continuent et continueront d'apporter à l'école flamande l'appoint de leur franchise robuste, à charge de revanche, sous d'autres rapports.
De nombreux artistes de Haarlem, moins prudents et moins réservés que leur compatriote Jan Mostaert (1474- 1555), peintre dè Marguerite d'Autriche, se précipitèrent alors dans l'italianisme avec une conviction fanatiquc'et n'en retirèrent pas toujours des fruits bien heureux. Martin s>an Heemskerk (1498-1574), Hendrick Goltzius [Yb^^-mm, Cornelis de Haarlem (1562-1633) et l'historien des peintres, le Vasari hollandais, Karel Van Mander (1548-1606), dans leurs efforts laborieux pour transplanter, en un sol rebelle, les floraisons lointaines de la beauté classique, ne réussirent le plus souvent qu'à paraître les poursuivants maladroits, froids ou grossiers, pédants ou grotesques, d'un idéal inaccessible. Néanmoins, ni pour eux, ni surtout pour leurs successeurs, ce travail pénible d'assimilation ne fut un travail perdu. Lorsque l'art hollandais se dégagea enfin de cette soumission excessive et inconsidérée à l'art italien pour reprendre sa vie propre, il se trouva en possession d'une technique supérieure et complète qui lui permit, cette fois, d'affirmer rapidement et librement, avec un éclat décisif, la valeur de son génie sain, loyal et humain.
Deux grands artistes, au commencement du xvii* siècle, donnèrent enfin à ce génie, encore hésitant, son plein essor. Ce furent successivement jFr<7/z5/r«/,s-, à Haarlem (1580?- 1660) et Rembrandt i>an Ryn (1606-1669) à Leyde et Amsterdam. En ce moment, après une lutte de trente années
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contre la domination espagnole, ayant enfin conquis leur indépendance, les Pays-Bas se trouvaient dans un état de prospérité commerciale, financière, militaire, intellectuelle et morale, si brillant et si solide, qu'ils allaient pouvoir se mesurer encore, durant près d'un siècle, glorieusement, sur mer et sur terre, avec l'Angleterre et avec la France, en montrant à l'Europe l'exemple, toujours rare, d'un peuple libre, sage et heureux. Pour être originaux, ses artistes n'eurent qu'à raconter, naïvement et gravement, cette liberté, cette sagesse, ce bonheur. Pour multiplier les œuvres d'art, charmantes ou belles, toutes les maisons de ce petit pays, demeures de marins, armateurs, soldats, magistrats, marchands, artisans, savants, lettrés, qui faisaient sa force, n'eurent qu'à s'orner des images même de cette vie honnête qui suffisait à leurs désirs, portraits de famille et portraits de corporations, scènes d'intérieur et scènes rustiques, paysages de terre et de mer. Sans doute, avant l'apparition de Frans Hais, les portraitistes exacts, savants, puissants même, étaient déjà nombreux parmi les successeurs de Lucas de Leyde, Jan Scorel, Antonis Mor. Michiel Miereçelt,de Delft (1567-1641), Paulus Moreelse, d'Utrecht (1571-1638), Jan mn Raçesteijn, de La Haye (1572-1657); les ainés de Hais, furent ses premiers modèles. Toutefois le bohème joyeux de Haarlem apporta, dans la représentation de ses compatriotes, gardes civiques empanachés et banqueteurs, gentilshommes élégants ou viveurs débraillés, bourgeois épanouis et ménagères cossues, administrateurs sévères et matrones décrépites, un tel entrain de verve chaude et hardie, que toute l'école autour de lui, en quelques années, s'en trouva fortifiée et renouvelée. La liberté de sa vision, l'éclat et la vigueur de son coloris, et pardessus tout la franchise triomphante d'une pratique souple et virile avec laquelle la maîtrise de Velazquez pourra seule rivaliser, jointe au sentiment naturel, toujours présent, vif ou grave, de l'unité harmonique des colorations, devinrent des exemples féconds et qu'on n'oubliera plus désormais sans périls.
C'est sous l'influence de Hais, que, durant longtemps, se développe, dans tous les sens, l'école si variée de Haarlem.
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Presque tous ses compatriotes portent son empreinte, les portraitistes d'abord, Frans Hais le Jeune (1617 P-1670), Johannes Hais, ses fils, et les autres peintres de sa famille, Johannes Verspronck [1591-1662), Jan et Salomon de Bray, Pieter Soutman, puis les peintres de conversations galantes, scènes militaires, scènes rustiques : Dirck Hais, son frère, Jacoh Duck, Jan Miense Molenaer [16661-166%)', Adriaen Broim'er (1608 P-1641), Adriaen van Ostade (1610-1685), Isaack van Ostade (1621-1657), C. P. Bci^a (1620-1664), Richard Brakenburgh (1650-1702), Cornetis Du s art {1660- 1704), Thomas Wyck (1616 P-1677). Chez quelques-uns de ces maîtres, l'influence de Rembrandt s'ajoute à celle de F. Hais, qu'elle complète. Tous se distinguent par la justesse du coup d'œil, la franchise de l'observation, la verve de l'exécution, et presque tous par la souplesse chaude et libre du coloris. Les paysagistes et marinistes de Haarlem se transforment et s'enhardissent avec la même rapidité sous la même impulsion. Au vieil Hendrick Cornelisz Vroom (1566-1640) succèdent d'abord Esaïas de Velde qui peuple ses bois et ses plages figurines charmantes et* vives, Pieter Molyn (1600-1661), puis le trio illustre d'Allaert van Everdingen (1621-1675), Salomon van Ruysdael (1600- 1670), Jacob van Ruysdael (1628-1682), puis Cornelis Decker (1643-1678), Jan van der Meer de Harlem [1628-1691), Jan W y fiants. Aux paysagistes s'associent et se mêlent d'innombrables peintres de bergeries, cavaleries, architectures, natures mortes, tels que Nicolas Berchem (1620-1683), Philips Wouverman (1619-1668), Jan Wouverman (1629- 1666), Isaac van Nickelen (1669-1708), Pieter Saenredam (1597-1665), Job Berckcyde (1630-1693), Gerrit Berckhcijde (1738-1698), Pieter Clacsz, le père de Berchem (1617-1661), Willem Claez Heda (1594-1668) etc.
Dans les esprits les plus terre à terre, il y a toujours des heures pour le rêve ; dans les sociétés les plus actives et les plus pratiques, il y a toujours quelque besoin d'idéal. Si Frans Hais avait donné satisfaction au goût de ses compatriotes pour la santé, la force, la sincérité, la jovialité, dans ses portraits vivement improvisés, il n'avait point répondu aux besoins plus élevés et plus intimes de leurs âmes reli
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gieuses et de leurs intelligences réfléchies . D'autres artistes demandaient déjà au spectacle approfondi de la réalité des impressions plus délicates et plus nobles, des émotions plus complexes et plus tendres, des séductions pour les yeux, plus variées et plus délicates. La gloire de résumer tous ses efforts, de donner à l'art hollandais sa splendeur suprême, de rivaliser avec les plus gra-nds peintres de tous les temps et de tous les pays pour l'expression des caractères et des sentiments, celle de les dépasser peut-être par la richesse et par l'étendue des ressources pittoresques, dans l'analyse émue et passionnée de la lumière, était réservée à Rembrandt van Ryn (1606-1669). La personnalité extraordinaire de cet artiste incomparable, comme celle de Michel-Ange en Italie, semble avoir d'ailleurs, autour de lui, agité les artistes plus qu'elle ne les éclaira. Aucun de ses élèves ne put s'arracher à l'imitation matérielle et extérieure de ses procédés, sans retomber dans la médiocrité, et, malgré l'influence rapide et générale que son génie exerça durant quelques années, son apparition, troublante et éphémère, détermina plutôt, parmi les amateurs hollandais, une réaction dans le sens des vieilles traditions, les unes plus naïvement naturalistes, les autres plus froidement classiques ou même platement académiques.
A Amsterdam, où Rembrandt s'établit en 1630 et où il devait travailler et lutter jusqu'à sa mort, il avait trouvé des portraitistes en vogue, Nicolas Elias (1591-1646), et surtout Thomas de Keyser [1^91 -1661) qui ne voulurent rien lui devoir. Quelques italianisés, parmi lesquels son maître, Pister Lastman (1583-1633), et Bartholomeus Breemberg (1599-1619), quelques peintres de genre ou paysagistes, déjà formés ou éclairés par Hais, Pieter Codde, C. Duijster^ Hercules Seghers, Roeland Roghman^ Aert van der Neer^ suivaient aussi une direction bien déterminée ; quelques-uns néanmoins ne dédaignèrent pas ses exemples. Quant à ceux qui, dans son atelier ou au dehors, élèves ou admirateurs, acceptèrent ou subirent nettement l'impulsion de son génie, Jan Lievens, Salomon Koninck^ Philips Koninck^ Jacob Koninck^ Adriaen Backer^ Govaert Flinck, Ferdinand Bol, J. de Wit, G. van den Eeckhout, Karel Fabritius, Samuel
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^>an Hoogstraten, Nicolas Macs, Aert de Gelder, ils en portent si profondément l'empreinte, que leurs œuvres de jeunesse ont pu souvent être confondues avec les siennes et se confondent quelquefois entre elles. En dehors de ce groupe, on ne trouve guère qu'un grand peintre de scènes domestiques, Pieter de HoocJl (1630-1677), se rattachant franchement à Rembrandt, par son intelligence passionnée de la lumière et la saveur profonde de ses coloraf ions. Presque tous les autres peintres d'Amsterdam, à commencer par le rival heureux de Rembrandt, comme portraitiste, Bartlwlomeus {>an der Helst (1611-1671), s'en tiennent à des traditions plus prudentes et à cette loyale et scrupuleuse étude de la réalité dont s'était contentée la génération précédente. Cet amour attentif (h' la nature et de la vie suffit d'ailleurs à Paul Potier (1625-1654) et ii Melnderl Hohberna ^1()38-1709) pour s'élever fort au-dessus de leurs condisciples ou émules, plus préoccupés du style italien, tels que Jan Assehjn, Lingelhach^ Karel Dnjardin, Adriaen s>an de Velde^ Adam Pijnacker, Fi\ Moucheron. C'est encore cette extrême sincérité qui donne leur valeur aux marinistes de la même p('M'iode, Simon de Vlieger (1600-1660), Reijnier Zeeman, Hcndrick DuhheJs^ Jan van de Capelle, Willem van de Velde Vaine (161 1-1693), Willem van de Velde le jeune (1633-1707), LudolfDackuysen (1603-1708), au peintre d'architecture /r/////^ de Witle (1607-1692), à quelques peintres de natures mortes ou de fleurs, Willem Kal/fl Walkenhori^li ^ Racliel Ruijsli . atc.
Plusieurs de ces peintres, Rembrandt lui-même, ne sont pas nés à Amsterdam, mais tous s'y sont instruits ou s'y sont fixés, comme dans le centre le plus riche de l'activité hoUandaise. La ville de T. a Ilave, résidence du stathomhM' et de la cour, attire aussi, dès lors, bon nombie d'artistes ([ui se joignent aux producteurs indigènes, Moses van L'ijlcnbroeek^ les Ravesleijn^ les Mtjlens, Jan de Baen, Pieter Quasty Gaspar Netsc/ier, Constantin Nestc/ier, Louis de Moni, les Van der Does, A. Van CrooSy J. van der Hai^en J. Porcellis^ A. van Beyeren, Lelienherg^ etc. 11 ne saurait plus être question, à cette é[)oque, d'écoles locales, vraiment indépendantes et très originales. Dans toutes les villes de moindre importance, à Leyde, à Utrecht, ii Dordrecht, à
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Delft, à Gouda, à Alkmaar, à Hoorn, on voit s'exercer, successivement, les mêmes influences, celles de Hais, de Rembrandt et des autres maîtres en réputation; on y trouve toujours, néanmoins, durant le xvii*^ et le xviii^ siècles, certains artistes restés plus ou moins fidèles à des traditions de terroir ; quelques-uns sont de premier ordre et font grand honneur au pays. Leyde peut s'enorgueillir, ajuste titre, de /. Van Goyen (1596-1656) et de JanSteen (1626-1679), deux desinterprètes les plus caractéristiques de la nature et de la vie hollandaises, comme aussi de G. Metzu (1629-1667), Gérard Dou (1619- 1675), Brekelenkam {iÇ>20-iQQ^) et des quatre Mieris. Delft, la patrie de Mierevelt, compte avec joie, parmi ses enfants, Adriaeji van der Venne, toute la famille des DeJff, celle des Van Vliet, les Palamedes^ l'original et mystérieux Jan Ver il/et?/' (1632-1675), EgherH>ander Poeleic... L'école de Dorclrecht qui fournit à Rembrandt ses meilleurs élèves (F. Bol, Van Hoogstraten, N. Macs, Aert de Gelder), se signale avec constance par son amour de la lumière. C'est là que travaillent et vivent les trois Cuyp^ le vieux Jacob Gerritz (1593-1651), son neveu, Benjamin^ son fils, Aelhert Ciiyp (1620-1691), maître varié et fécond, d'une chaleur profonde et rare, grave et naturelle, dont les restes s'éteignent en effets artificiels chez le médiocre Sclialken (1643-1706). A Utrecht, voici Van Brojichorst^ Cuylenborgh, Knupfer, Andries et Jan Both^ Willem et Jacob de Heusch, H. VerscJiuring, les Weenix^ les Hondecoeter, Herman Swanevelt, Jan Glauber, J.D. de Heem^ tous, chacun dans leur genre, peintres soignés et élégants, en grande faveur près des amateurs mondains et presque tous, fidèles aux traditions classiques de leurs prédécesseurs ; parmi eux le rustique Drooclisloot (1580?- 1666) forme une amusante exception. Dans le Sud, à Rotterdam, le goût des riches amateurs et négociants fait la loi; Miel liel van Muss cher , Rudolf de Jongh, Cornelis Saftleveny H. M. Sorgh^ Jacob Ocliterçelt y satisfont ce goût en bons peintres, jusqu'à ce que le chevalier Van der Wei^ff affirme, avec un incroyable succès, en un style dur et glacial, l'épuisement de l'école et de sa sincérité. Dans le Nord, pour faire la gloire de Deventer, il suffit Gérard Ter Borch (1614-1681), entouré de son père, de son fils et de sa fille;
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d'Alkinaar, viennent les Eçerdingen (César et Allart), de Leeuwarden, Abraham van den Tenipel et Murant; de Iloorn, Jan Lys et /. A. Rootius Sur tous les points, en somme, dans ce petit espace, durant le xvii® siècle, les bons peintres, par centaines, ont travaillé à la gloire de leur patrie et de leur race, en répandant, autour d'eux et au loin, des images fidèles de la terre, du ciel, des eaux, des gens, des choses parmi lesquels ils vivaient. Aucune école ne lut plus féconde, aucune surtout ne fut plus sérieuse et plus sincère ; aussi, loi sque les peintres modernes se sont repris à aimer simplement et franchement la nature, c'est-il ii la Hollande ([u'ils ont du le [)lus souvent demander et cpi ils demandent encore des exemples et des conseils pour l'interroger, la comprendre et la traduire.