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Ln Présentation au temple

dans la grandeur et la vérité profonde et intime de la conception, dans» la puissance créatrice avec laquelle le tableau est conçu comme scène et comme couleur. » (Vos- MAER, p. 104. )« Plus tard, Rembrandt montrera plus de force, plus d'ampleur, des allures plus libres, des inventions plus imprévues; il n'imaginera pas de figure plus touchante que celle de la Vierge, et n'en possédera peu de plus vénérables que celle de Siméon avec sa couronne de cheveux blancs, ses traits augustes, son visage illuminé d'une foi joyeuse et enthousiaste, u (E. MiciinL, 085.) Estimé 1,800 guinées par Smith, qui lui donne à tort la date de 1G30. C'est à tort aussi que Sciieltk.ma dit que ce tableau fut peint pour Jan Six, âgé alors seulement de treize ans.

146. — La Leçon d'anatomie du professeur Nicolaes Pieterszoon Tulp, 1593-1G74 (Salle XIII).

Dans une salle, à droite, derrière une table, sur laquelle est étendu le cadavre du malfaiteur Het Kint, placé en pleine lumière, la tête à gauche, les pieds dans l'ombre ; debout, le professeur Tulp, en vêtement et chapeau noirs, col et manchettes blanches, de trois quarts tourné vers la gauche. De la main droite, avec une pince, il saisit les muscles du bras droit du mort ; l'autre main appelle l'attention de ses sept auditeurs réunis à gauche, dans des attitudes diverses. Ceux-ci, maîtres jurés de la corporation des chirurgiens à Amsterdam, à l'exception de F. Loenen, sont vêtus de noir, avec une collerette plissée (Hartmantz porte une fraise tuyautée à l'ancienne mode). Au milieu, Mathys Kalkoen assis, la main gauche sur la poitrine, fixe le professeur, tandis que son voisin, Jacob de Witt, en pourpoint violet, se penche en avant ; derrière eux, Jacob Block ; plus au fond, debout, Frans VAN Loenen, le sourcil plissé, ramenant les plis de son manteau, et, à droite, IIartman Hartmantsz, tenant de la main gauche un papier sur lequel sont inscrits les noms des huit personnages représentés. A gauche, au premier plan, Jacob Koolvflt écoutant la démonstration et Adriaen Slabran regardant le spectateur. A droite, sur un pupitre, un in-folio ouvert. Signé, au milieu, sur une pancarte fixée au mur. Signature évidemment refaite, sous laquelle apparaissent encore les lettres de la véritable signature : Rembrant fe 1632.

H., 1,62 ; L,, 2,16. T. — Fig. gr. nat. Gravé par de Fhey, Ungcr, Flameng, etc. dans les Rcc. Steengracht et Dos^uerrois. Tableau commandé en 1632 pour être ofîert à la corporation des chirurgiens par le professeur Tulp, dont le vrai nom était Claes Pietersz et qui avait emprunté son pseudonyme à une tulipe sculptée sur la façade de la maison paternelle. Transporté en l(î:Ut d(! la maison de la Gilde, où il avait pour pendant Le docteur Dcyman disscquaiit un cadavre (Voir .\mslerdam, p. 280) au Poids Saint-Antoine et acheté en 1828 par le roi Guillaume, au prix de 32,000 florins, à la corporation qui, pressée par des besoins d'argent, fut obligée de le mettre en vente au profit du fonds dc\s veuves des chirurgiens. Nettoyé en 1732 et en 1781, restauré parlielliMuent en 1781 par Quinckardt. rentoilé en 1817, 1860 et en 1877. Fuomkntin a traité très sévèrement ce tableau. « Le faire y est mince et n'a que peu d'ardeur. L'effet est saillant sans être fort, et en aucune partie des étoffes, du fond, de l'atmosphère où la scène est placée, le travail ni le ton ne sont très riches... Quant au cadavre, j'ajouterai qu'à part la blancheur molle et pour ainsi dire macérée des tissus, ce n'est pas un mort : il n'en a ni la beauté, ni la laideur, ni les accidents caractéristiques, ni les accents terribles, il a été vu d'un œil indifférent, regardé par une Ame distraite. Rembrandt avait à peindre un homme ; il ne s'est pas assez soucié de la forme humaine ; il avait à peindre la mort, il l'a oubliée, pour chercher sur sa palette un ton blanchâtre qui fût de la lumière. » Ces critiques ne peuvent empêcher d'admirer, comme le fait d'ailleurs l'auteur des Maîtres d'autrefois, la physionomie si intéressante du professeur et les

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expressions supérieurement rendues de ses élèves. Si l'on compare celte composition avec celles que ses prédécesseurs ou même ses contemporains nous ont laissées jde pareils sujets, on ne peut pas ne pas reconnaître qu'elle contient en germe tout le génie du grand maître. Elle constitue une date, non seulement dans la carrière du peintre, mais même, comme le fait remarquer M. Emile Miciiiîl (page 136) dans l'histoire de l'école hollandaise : « Avec la consécration de tous les efforts, celle-ci) en effet, trouvait, dans ce tableau, la conscience de sa force, et comme un encouragement à persévérer dans les voies où elle s'était engagée; cet art répondait pleinement à ses goûts, à son amour de la vérité, à ses qualités d'exactitude et de conscience, à ses recherches de perfection dans la technique. » « Ce qu'il y a d'ailleurs de très neuf et de très original dans ce tableau, c'est l idéo même de la composition. Qu'est-ce que la Leçon d'anatoniie? C'est la représentation de la science, et non pas seulement un épisode d'amphithéâtre. Il n'y a pas de figure mystique, fùt-elle couronnée de scalpels comme d'une couronne d'épines, qui puisse aussi bien exprimer la science médicale et ses leçons et ses dévouements que l'honnête Tulp, une main à l'ouvrage, l'autre main délicatement arquée par un geste de démonstration, le pouce et l'index rapprochés comme s'il tenait une petite fleur au bout de ses doigts. » (Burger, I, 202-205.)

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