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La Hollande

Vers le nord-ouest de l'ancienne Germanîê^ mr^oyd de TOcéan qui prenait son nom et qu'on appelle aujourd'hui la mer du Nord, s'étend, dans une brumeuse atmosphère, une plaine humide traversée par trois grands fleuves, pénétrée trés-avant par un golfe énorme, sillonnée de canaux, entrecoupée de marais, de lacs, de telle sorte que la terre et les eaux semblent s'y confondre.

Cette vaste plaine a la figure d'un triangle irrégulier, dont la base s'appuie à la mer et dont les deux côtés, vers Test et le sud, confinent à l'Allemagne et à la Belgique. Elle est située pour la plus grande partie fort au-dessous du niveau de la mer et des rivières, d'où le nom de Pays-Bas que lui donnaient les Germains ^, et celui de Hollande, hohl-land^ p^^ys creux, passé, par extension, d'une portion du territoire à toute la contrée.

Son aspect pittoresque est singulier; sa constitution géologique ne ressemble à aucune autre. On a pu s'étonner qu'un tel pays se rencontrât, et personne ne le saurait voir sans quelque surprise, tant est grand le contraste de sa physionomie tranquille avec les conditiens violentes de son existence. Né d'une lutte séculaire entre l'Océan et les fleuves, déposé par des déluges successifs, tour à tour élevé, abaissé, emporté ou rejeté par la vague, travaillé encore aujourd'hui sous nos yeux par des altérations soudaines et profondes, sous

4. En allemand, 1S iederlanden ; en hollandais, Nederlaiiden.

4 ^ , LE i\AT10NALi:î ^

l'imiîHiiente nieliat'e flcs marées nnvjaj^j^sgawlès , des inondations, des débâcles, en bulle à toutes les fureurs ne|)lunienncs, l(f sol des Pays- Bas n'en gnrde pas moins l'apjDarence d'une inaltérable paix.

l'out est douceur et lenteur, tout respire le calme et la sécurité dans ces paysages hollandais qvie l'impéluosité des vents et des flots a tant de fois bouleversés. En deçà de la chaîne des dunes qui les protège contre l'Océan, la ligne horizontale y règne à peine infléchie. Rien qui se dresse, rien qui se précipite. Des contours ondoyants , des surfaces ])lanes comme des miroirs, éclairées d'une lumière égale et argentée, de molles prairies enveloppées de vapeurs blimchàtres , des eaux dormantes où se reflète im ciel nuageux, (juelque chose d'indécis et de monotone qui tient du reve plus que de la réalité, }Mc sorte de silence pour Toeil qui lui donne la sensation du repo^n't^l est le caractère, tel est le charme indéfinissable de cette énigmrtitpie nature.

Dès les tenrps fabuleux, lors([u'elle était encore sauvage et indomptée , elle attira des races d'hommes libres et hardis. Comme elle exigeait d'eux des eflbrls extraordinaires, elle s'en fit aimer passionnément. Entre le sol toujours en péril, perpétuellement reconquis au sein des temjîèles, et les générations qui s'obstinaient à le vouloir posséder, s'établit une communication étroite et vive. Nulle part la fatalité des éléments aux prises avec la volonté humaine n'exerça, en exaltant tout ensemble et en dominant le génie d'un peuple, une action plus manifeste sur ses destinées. En aucun lieu du monde les circonstances géographiques n'imposèrent plus de fixité au type national.

Quelles étaient ces races intrépides qui les premières entreprirent de disputer à l'Océan les Pays-Bas? D'où venaient-elles? On ne fait (pie le conjecturer. Une obscurité profonde nous dérobe, ici comme partout, les origines. Avant la conquête romaine ces peuples ne nous sont point révélés. Dispersés, errants, barbares, ils se succèdent, se combattent, se poursuivent et se confondent pendant une durée inappréciable dans la nuit des temps. Ils n'ont pour nous qu'une vague et problématique existenqe. Mais Jules César pousse jusqu'à eux ses légions : il les voit, les nomme en courant; et les voici entrés dans l'histoire.

Le premier après Jules César, Pline l'Ancien mentionne avec honneur l'île des Bataves, qu'habitaient aussi les Caninéfates. Vingt ans après, Tacite, puis Strabon, Suétone, Pomponius iMéla; plus tard

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