I.A IlOLÏ.ANDE. U
Dion Cassius, Aniiuien INIarcellin, Suidas, paileiil des Marsacicns , des Cauehes, mais surtout des Bataves et des Frisons qui paraissent a\oir éié les plus considérables entre ces peuples. Les limites des pays qu^ils occupaient ne sont pas tracées avec exactitude par ces auteurs, et quelque confusion naît de leurs récils conîradicloircs. L'opinion la plus vraisemblable c'est que les lîalaves formaient une portion des Cattes, nation de race saxonne qui babitait les bords de l'Adrana, aujourd'hui l'Éder; et que, à la suite de quelques discordes civiles, ils passèrent le llbin sous la conduite de leurs chefs religieux , emmenant sur leurs chariots leurs familles et leur bétail, pour s'établir dans une île impcu[)lée, entourée [)ar deux bras du lleuve, dont l'un relient encore le nom de Vieux-Hhin, tandis que l'autre qui prend le nom de Wahal marquait, en s'unissant à la Meuse, la frontière de la Gaule belgiqiie.
Quant aux Frisons ou Frisiabons, dont l'origine est plus incertaine encore et qui ont conservé par une tradition constante un idiome et des mœurs qui leur sont propres, distingués par les Romains en grands et petits, Finsii majores et minores^ ils occupaient la région comprise entre le Rhin et l'Ems qui fut longtemps appelée basse (iermanie, et qui prit vers le milieu du onzième siècle les noms de Hollande et de Zéelande
Les Frisons se sont attribué une antiquité fabuleuse. S'il en fallait croire un de Jeurs historiens, ils descendraient des Juifs dispersés après la captivité de Babylone. Plusieurs chroniqueurs les font issus de l'Inde, d'où leurs ancclres, sous la conduite de trois frères, Friso, Saxo et Bruno, après avoir suivi les expéditions d'Alexandre et couru d'incroyables aventures, auraient abordé avec leurs vaisseaux à l'embouchure du Vlie ou Flevo, en l'an 313 avant l'ère chrétienne, bâti la ville de Stavoren que l'on devait appeler un jour la Ninive du Zuiderzée , et donné le nom de Frise au pays où ils se fixèrent.
La présence des Celles a paru égalenient attestée sur le sol des Pays-Bas par ces monuments mystérieux , par ces grands blocs de granit que les Romains comptaient au nombre des ouvrages d'Hercule et que l'on a nommés de nos jours pierres druidiques.
Sans rien préciser à cet égard, l'opinion moderne ne voit dans ces peuplades diverses que des noms particuliers, des transmigrations
i. Zéela7icî , ou plutôt Séeland , -a pays à lacs, »
(i HLVLt iNATiONAI.K.
successives durant le cours de plusieurs siècles d'une seule et même race, dont on place le berceau primitif dans l'Asie centrale, vers les sources de TOxus. Les plus anciennement connues de ces migrations venaient du Caucase et du Pont-Euxin. On leur assigne pour date trois siècles avant l'ère chrétienne. On suppose que, sorties de la Scythie et de la Pannonie, elles ont dû en suivant le cours des fleuves arriver aux côtes de la mer Noire, et que, de là, une partie de ces multitudes franchissant la mer aura cherché des établissements vers le Nord, dans la Scandinavie; tandis qu'une autre partie s'est répandue dans l'Allemagne jusqu'aux régions habitées déjà par les Gaulois, dont la résistance, sur TElbe d'abord, puis sur le Rhin, a dû nécessiter leur première halte et tracer en quelque sorte les premiers confins de leurs établissements dans l'Europe occidentale.
Quoi qu'il en soit de ces dénominations, de ces mélanges de peuples germaniques, nous lisons que, au temps de Jules César, les Belges souffraient avec peine leur voisinage; qu'ils repoussaient constamment leurs tentatives pour franchir le Rhin et les contraignaient à demeurer, entre ce fleuve et TOcéan, autour de lacs immenses, dans un pays infertile couvert d'épaisses forets et qui ne leur offrait pour se nourrir que les œufs des oiseaux et le poisson des rivières.
Mais ces nations sauvages, ces hommes de haute stature, dont on retrouve les ossements gigantesques sur les bords du Wahal, qui, demi-nus, robustes et endvircis , dédaignaient les demeures sédentaires, l'agriculture et les arts, qui ne bâtissaient point de temples et adoraient leurs divinités dans le silence et l'horreur sacrée des bois^ n'étaient point sensibles à ces rudesses de la nature. Ils campaient et s'isolaient, avec leurs vaillantes compagnes dont les hurlements les excitaient aux combats, sur des monticules qu'ils élevaient de leurs mains, entre de vastes flaques d'eau, à la façon des castors, dont ces terres aquatiques étaient alors très-peuplées. Exercés dès l'enfance à la chasse et à la guerre, accoutumés à nager dans les eaux profondes, à traverser à cheval et tout armés les fleuves débordés, ils préférèrent longtemps leur indépendance farouche aux habitudes policées des Belges soumis par les Romains. Jamais ils ne subirent complètement la domination romaine que César avait su faire aimer, et qu'Auguste acheva de fonder dans la Gaule belgique. Bien que, sous Auguste et ses successeurs, on leur eût concédé des établisse-