Bentivoglio, Slrada
2. On dit encore « la patience hollandaise, » hoUandsche 'patientie.
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négation , mais aussi d'une volonté inflexible et , connue devait l'exprimer plus tard la devise de son grand stadhouder, inébranlable à mainteiiir ce qu'une longue tradition lui fait considérer comme son droit. Le caractère indépendant des femmes hollandaises, leur forte constitution, leur loyauté, leur activité dans les alFaires où elles excellent, leur autorité au foyer où elles régnent sans partage, leur chaste fécondité, perpétuent dans la race les vertus et les fiertés premières, ce Ces peuples, disait Charles-Quint, font des sujets excellents, mais de détestables esclaves. » Et le grand empereur, parlant ainsi, les jugeait avec plus d'équité qu'il n'en mit par la suite à les gouverner.
L'habitude des aflaires et des armes civiques, le respect de la loi au-dessus de la crainte des grands, un amour inné delà patrie qu'entretenaient des institutions particulières, une instruction généreusement répandue ^, rendaient les peuples de la Hollande incompatibles avec aucun joug étranger. JMais de tous les jougs nul ne devait leur sembler pire que le joug espagnol. A la vue seule d'un Castillan et d'un Frison l'on comprenait l'antipathie des races. L'heaume du Nord a gardé la haute stature de ses ancêtres, les longs cheveux blonds, le teint blanc, cet œil à fleur de tète et d'un bleu vague où le feu des passions fait rarement jaillir Tétincelle, cet air lent et froid qui n'exclut chez lui ni la gaieté ni le goût des jeux publics et des plaisirs de la table. Les bouillonnements du sang méridional étonnent son flegme. Sa sincérité , sa simplicité s'indignent de la rodomontade et du faste espagnols. Il ne s'accoutume pas à ces Castillans à la mine chétive et altière, au parler superbe, à l'apre humeur. L'éclair sinistre de leurs yeux noirs, les penchants cruels qui se trahissent jusque dans leur sourire, lui inspirent une répulsion profonde. Jamais, le voulût-il, il ne {)Ourra subir leur loi.
Ce fut la faute de Charles-Quint de méconnaître cette antipathie de race et de vouloir faire des Pays-Bas une province de la monarchie espagnole. Après la bataille de Pavie qui le rendait quasi maître de l'Europe , il s'essaya dans les Pays-Bas à changer le gou-
1. Les paysans hollandais savaient généralement lire et écrire; la plupart des gens du peuple connaissaient les rudiments de la grammaire ; et cela dans un temps, dit Prescott, où la lecture et l'écriture constituaient une éducation que ne possédaient pas toujours en d'autres pays les hommes du rang le plus élevé, [llist. du régne de Philtpi^^e IL)