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Certains publicistes, et en particulier M. André Chéradame, qui vient de publier un ouvrage fort documenté : Le Plan pangermaniste démasqué, ont suggéré pour base des remaniements territoriaux qui s imposeront après la guerre au centre de l'Europe, le principe des nationalités. D'autres ont contesté en l'espèce la valeur de ce principe; Or, ces derniers n’en! envisagent l'application qu en relation avec les divis sions linguistiques parmi les populations et ils rap. pellent que dans des Etats solidement constitués et qui durent depuis des siècles, trois langues sont quelquefois couramment parlées ou que d' autres Etats, éloignés les uns des autres parlent la même. langue. Cette considération n’est pas suffisante pou nous faire renoncer à libérer d’un pouvoir qu'elle repousse du fond de l'âme, telle ou telle fraction de la population d’un Etat. Sans doute, il est tout aus S impossible en Occident qu’en Orient d' appliquei universellement et d'une manière stricte le principe des nationalités, mais ce n’est pas à nous, Français , de le rejeter une fois pour toutes. La langue ne nous paraît pas être un critérium absolu ; de même qu en Orient il existe entre des hommes habitant des régions différentes un lien religieux autrement fort que la langue, en Occident il existe souvent entre au même lorsqu' ils sont su) jets d'empires ou de royal
en une Grande Puissance. |
C'est pourquoi nous croyons qu'il est raisonnable: d'appliquer le principe des nationalités chaque fois. et dans la mesure où cela est possible, et, en partis
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culier, de soustraire à l'influence de Vienne et de Berlin, en vertu de ce principe, les éléments non zermaniques de l’Autriche-Hongrie; pour les mêmes faisons nous croyons qu'il serait vain d'espérer mpêcher absolument et à jamais les Allemands l'Autriche de regarder vers l'Allemagne.
Nous ajouterons qu'il ne serait pas moins inutile, à notre avis, de chercher à détacher l'Allemagne du sud de l'Allemagne du Nord et d’en grouper une Traction avec la Hongrie et la Bohême, comme cerains le préconisent. Si les Allemands du Sud n'ont as de sympathie pour la Prusse, ils tiennent du noins à faire partie de l'Allemagne. Ce ne serait lailleurs pas atteindre la Prusse que de leur faire ine place à part ; et le but que poursuivent les Alliés est-il pas plutôt l’abaissement de celle-ci que le lépècement de l'Allemagne ? Or, ce but ne sera-t-il as atteint : 1° quand l’armée allemande sera battue ; » quand l'Allemagne sera contrainte à verser aux rainqueurs l'argent qu’elle consacrait tous les ans à es armements et qu'ils lui auront imposé, comme le lisait dernièrement le Temps, « une paix financière, ne paix de remboursement, une paix d’indemnité » ; ° quand du fait de la reconstitution du royaume de ’ologne, les Junkers prussiens auront perdu la plus rande partie de leurs biens ; 4 quand la grande ndustrie allemande sera atteinte dans ses œuvres 1ves par de sévères mesures économiques? A ce prix — et pour répondre d'avance à ceux qui nous reproheraient de parler du démembrement de l'Autriche qui, selon nous, pourrait être définitif, et de ne pas arler de celui de l'Allemagne qui ne pourrait être
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qu'éphémère — à ce prix et quand la « questions d'Occident » sera réglée, l'Allemagne pourrait sans préjudice subsister à côté de l'Autriche démembrées 1 d'autant plus que nous ne la voyons pas necee à ment s’agrandir de ce fait. ”
La principale, l’unique objection, POUTFAE on dire, au démembrement de l'Autriche qu'on entende | formuler ouvertement, c’est l'inconvénient de grossi l'Allemagne des populations germaniques de la Haute, et de la Basse-Autriche, du Tyrol et du Salzburg. Un de nos distingués confrères, M. Jacques Bainvillew nous a fait cette objection dans un de ses solides s. articles de l'Action Française. 4
Nous ne songeons nullement à rattacher les pro- î vinces autrichiennes proprement dites à l’ Allemagne; ; mais supprimer l'Autriche en tant qu'empire et cons" tituer de ces provinces un petit Etat, ne serait-ce pas simplement apposer une étiquette nouvelle sur ut état de choses préexistant? Cet Etat ne serait évin demment pas hostile à l'Allemagne, mais il serait. indépendant des Etats plus importants pris sur l’ er | pire. Or, l'influence allemande se propagerait beau coup plus aisément dans un groupement politique dont ji ferait partie un Etat exclusivement germanique, a | dans plusieurs Etats séparés les uns des autres où, pain contre, d'autres influences pourraient mieux s'exercer. Qu'on redoute certaines de ces influences, on ne e saurait cependant les redouter au même degré que celle de Berlin; on ne saurait en politique, pas plus qu'en autre che bâtir pour l'éternité et nous savons. | ce qui presse le plus quant à présent. 4
Isoler l'Autriche ce n’est pas « accorder d’ avanc ds
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au pangermanisme, comme acquis un des points de
- son programme » ; c’est au contraire en ne le faisant pas qu’on lui permettrait de réaliser une grande partie de ce programme, c’est en particulier, nous le répétons, lui abandonner la Hongrie. L'Allemagne a suffisamment prouvé sa force de rayonnement et d’absorption, pour qu’il ne soit plus permis d'espérer que placé à peu près dans les mêmes conditions qu'avant la guerre, l'empire qui l’a subie saurait dorénavant résister à cette force.
La création d'Etats indépendants de puissance moyenne au centre de l'Europe est peut-être un compromis pratique du principe des nationalités et du principe de l’équilibre qui de nouveau vont être aux prises.
Le problème est trop complexe et comporte des données de sentiments et d'intérêts trop nombreuses pour que la solution en soit aisée et simple. En tout cas, ne recommençons pas au centre de l’Europe ce qui fut fait jadis dans les Balkans. Que l'opinion publique des Grandes Puissances libératrices ne permette plus qu'à la tête des populations dont cellesci auront assuré l'indépendance soient placés des monarques allemands ou de tendances allemandes...”
Enfin, par-dessus toutes ces considérations, une idée de justice nous fait souhaiter la liquidation d’un : empire qui a trahi sa mission modératrice, qui est devenu agressif et conquérant, et pour servir ses ambitions autant que celles de notre principal ennemi, s’est attaché à la fortune de celui-ci et a lié partie avec lui contre nous.
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L'opposition hongroise s’est de nouveau manifestée w
à la suite de la brillante offensive des Russes. Rien n'est moins surprenant, si ce n’est le semblant de
concession que fait Tisza à l'opposition en acceptant de s’entremettre pour que quelques-uns de ses membres obtiennent une audience de François-"
Joseph.
À la comédie de l'opposition que nous connaissions s'ajoute cette fois la création d’un parti dit parti dem l'indépendance de 1848, par le comte Karolyi autour de qui se sont groupés quelques esprits subversifs sans la moindre autorité réelle pour la plupart, et que Tisza est enchanté de voir pour ainsi dire répéter le rôle qu’il leur confierait peut-être, le jour où les destinées de la Hongrie apparaîtraient encore plus sombres qu'à présent. Tout cela ne l'empêche“
nullement de poursuivre sa politique germanique,
et l’on parle d’un accord douanier et économique qui
aurait été signé le 26 juillet entre l'Allemagne et l’Autriche-Hongrie.
Ne nous y trompons pas: le nouveau parti new jouerait un rôle politique au dehors que lorsque le comte Tisza en aurait décidé ainsi. Pour le moment, « s’il offre un intérêt quelconque, c'est uniquement en politique intérieure. Le programme qu'il ‘vient de” formuler répète tout ce que nous avons entendu cent fois de toute opposition hongroise : armée nationale indépendante, suffrage universel secret, liberté de la presse, territoire douanier autonome et banque autonome d'émission, politique foncière nationale, « institutions sociales pour le bien public, culture, …