S'oy. plus haut. p
employés des domaines de l'État ne fussent pas seuls à y faire leurs études, mais que les fils des grands propriétaires fréquentassent également cette école pour pouvoir tirer un meilleur profil des terres qu'ils auront un jour à administrer.
Le ministère de l'Instruction publique a une division pour les Bcau.c-arts et leur application à l'industrie. Dans ses rapports annuels il peut montrer les grands progrès que la Hongrie a fait dans un domaine qui était tout à fait négligé il y a vingt ans, et où l'étranger reconnaît de plus en plus les résultats de ses efforts incessants.
h' Ecole normale de dessin est à la tête de ces établissements. Son directeur, M. Keleti, est le meilleur critique d'art de la Hongrie. Cet établissement a de 120 à 140 élèves, dont 40 à 50 se destinent au professorat, les autres aux beaux-arts. Les dames sont admises aux cours. L'école organise tous les ans une exposition.
V Ecole des arts décoratifs et de gravure compte de 00 à 70 élèves ; des cours du soir y sont organisés pour les apprentis orfèvres et tapissiers. On réunira à cette école le Musée des arts industriels dunt les produits ont reçu des éloges unanimes à l'Exposition de l'Union centrale des arts décoratifs de Paris; on y a remarqué, surtout dans la section des arts de la femme, les grands progrès accomplis par la Hongrie. Grâce au concours du comte Keglevich, du directeur de l'écule, Radisics, de Marius Vachon et de Dellamare-Didot, qui a initié le jinblic français à la beauté des fabi-ications houirroises.
celle exposition a pleinement réussi. Le Musée est en rapport avec le Cercle des. amis des arts industriels de Budapest et publie depuis 1386 la revue Miïrèszi ipar, dirigée par Pasteiuer, professeur de riùstoire de Fart à rUniversité,
V École de jjcinture doit être considérée comme le noyau d'où sortira la future école des beaux-arts de Budapest. Elle se trouve sous la direction du peintre Benczur, ancien professeur à l'Académie des Beaux-Arts de Munich. Elle a actuellement une dizaine d'élèves, dont .les meilleurs sont envoyés à l'étranger. Le sort des peintres hongrois s'est beaucoup amélioré. Les commandes ne font pas défaut, le gouvernement et les riches particuliers rivalisent pour créer un art national. Les jeunes ne sont plus forcés d'émigrer, comme jadis. La Société honr/roise des Beaux-Arts (fondée en 1861) organise annuellement, dans son palais élevé en 1877, deux expositions; en 1892, sur 550 tableaux exposés, 321 étaient dus à des peintres magyars. Par ses bourses, ses achats et ses concours, elle aide puissamment au développement des beauxarts.
L'Etat possède un établissement pour la peinture des vitraux qui exécute les commandes des églises, et une école pour l'industrie des terres cuites à Mâgocs, où il y a de 10 à 15 élèves.
V École industrielle de Budapest- est de fondation récente. Elle a 3 années de cours et correspond aux écoles professionnelles de la ville de Paris. Les élèves y entrent après (piatre années d'études
-m-tmmmi^
436 LRTIE III
dans une école rcale où une école primaire supérieure. On y apprend les industries du bois, des métaux, larchitecture, la chimie et la mécanique. Le nombre des élèves atteint 200; ils font des excursions, sous la conduite des professeurs, tantôt dans la capitale, tantôt dans les villes industrielles et les grandes fabriques. Les élèves diplômés trouvent facilement un emploi.
■ Les cours supérieurs de cette école sont faits au Musée tcclinolodiquc. beau bâtiment neuf situé près du Théâtre populaire. Les cours durent de novembre à mars ; 47 conférences ont été suivies par 479 élèves ; dans les ateliers, 244 apprentis se sont exercés ; au cours de dessin il y avait 93 élèves et la bibliothèque fut fréquentée par 2.070 personnes. On expose dans ce Musée les découvertes faites dans le domaine de l'industrie ; les visiteurs étaient, en 1892, au nombre de 33,159.
L'État subventionne les deux théâtres nationaux de la capitale le Xc/nzeti szinhâz pour la tragédie, le drame et la comédie, et l'Opéra] et il dirige le Conservatoire qui a deux sections : section musicale et section dramatique. Ou y enseigne les différents instruments; il y a un cours spécial pour la musique d'Église. Le nombre des élèves était, en 1892, de 202 dont 116 israélites. L'enseignement est donné par 20 professeurs et 12 candidats au professorat. Les cours durent trois ans. La deuxième section comptait 55 élèves pour la diction (12 hommes et 43 dames;, 10 élèves pour le chant (2 hommes, 14 dames'. La durée des cours est
(le 4 ans: 15 professeurs y onseigneut 16 matières, dont le français. Depuis la fondation du Conservatoire les anciens élèves furent engagés au Théâtre national au nombre de 30, à l'Opéra 14, en province 51 et à l'étranger 26. — Il y a, en outre, une Acadèitiie royale de musique dont le directeur était Liszt.
Le gouvernement s'occupe aussi activement des itistitiidons de charité, mais il fait souvent appel à cet égard aux communes et aux individus. Il dirige l'établissement des sourds-muets à Vacz iWaitzen', fondé en 1800, où il reçoit 125 élèves (75 garçons, 50 filles , sans distinction de religion. On leur apprend les métiers de tailleur, cordonnier, menuisier, tourneur, relieur et horticulteur ; les jeunes filles font des travaux à l'aiguille. Les professeurs sont formés dans un établissement annexe à l'école normale primaire de Bude. Il y a, en outre, des établissements de ce genre à Kolosvâr, Temesvâr, Arad et Kaposvâr ; les israélites en ont fondé un à Budapest qui reçoit de 77 à 80 élèves. Malheureusement, il reste encore beaucoup à faire; les rapports constatent avec tristesse que sur les 20,000 sourds-muets du pays il n'y en a que 350 qui soientinstruitsmethodiqucment.il en est de même des aveugles et des idiots dont un petit nombre seulement peuvent être recueillis par l'État K Les
1. L'établissement pour les aveugles, fondé en 1829, reçoit 9;^ aveugles (70 garçons, 23 filles) ; M. Csâky les a installés dans le Varosliget ,1c Boi* de la capitale) et leur fait
'''•m^^^fmmum^mimmmmmmm
orphelinats sont eu plus graud nombre. — Il y a 71 maisons qui reçoivent 2,700 pupilles; ceux-ci sont instruits par 91 instituteurs. Le fonds de ces maisons est d'un peu plus de 8 millions de florins. Il reste à dire un mot du Milscc nationnl de Budapest, ce foyer des études dhistoire naturelle, d'archéologie et de numismatifpie." Cet établissement seul mériterait un chapitre à part, mais il a été décrit si souvent ^ que uous pouvons nous borner à quelques reuseiguemeuts. Fondé en 1802 par François Széchenyi, le père d'Etienne Széchenyi, construit en 184G, il s'est augmenté d'année en année. Il réunit au musée de peinture les antiquités nationales, monnaies, armes, chartes des nobles ,80,000 , une riche bibliothèque 200,000 volumes), remarquable surtout par les Hungarico. la collection des journaux magyars et des ouvrages étrangers se rapportant à la Hongrie, de nombreux manuscrits (15,400), la plus riche collection de zoologie, de botanique, de minéralogie et d'ethnographie du pays S et une collection unique en monu-
apprcndro surtout la musique ; bO idiots qui s'occupent de jardinage et de travaux domestiques sont installés dans un établissement de Budai)est.
1. Notamment par le directeur François Pulszky dans l.^s Litrrarische Berichtc ai(s Vugarn, II, 1878. — M. Pulszky fut nommé, à l'âge de quatre-vingt-un ans. directeur honoraire, et la direction du Musée rattachée, en 1895, au ministère de l'Instruction publique. M. Emerich Szalay est chargé de ce département.
2. Le cardinal Haynald (7 1801 a laissé sa collection et sa bibliothèque botanique estimées à un dcmi-niiUion de florins
meuts préhistoriques de Tépoque de la migration des peuples. Le budget du musée pour 1802 était de 117,rK)0 florins. A la tète de cet établissement se trouve le directeur général des musées de la Hongi'ie, François Pulszky, qui vient de fêter son 80*" anniversaire. Nous avons déjà eu roccasion do parler de Pulszky écrivain, savant et iKinime politique; comme directeur du musée, il sost acquis une renommée européenne et à juste titre. C'est grâce à lui que les collections répondent aux exigences modernes et que les étrangers ont ]»u dire : «' Lé Musée de Pest est à la hauteur des plus grandes collections rassemblées dans les capitales de l'Europe. » M. Pulszk}', est secondé, pour chaque département, par des savants de mérite : pour la bibliothèque et les chartes par Bêla Majlath et Fejéri)atakj% pour les monnaies et les inscriptions par Hampel, pour les incunables par Csontossi, le meilleur connaisseur des Corvitia, qui a rédigé longtemps l'organe de la bibliographie hongroise, pour l'histoire naturelle par Frivaldszky et Xantus (morts récemment), pour la section d'histoire militaire par Nyàry et pour la minéralogie par Krcuner.'Il serait à. souhaiter que des cours réguliers, comme on en fait au Muséum de Paris et^au Louvre, fussent organisés à] cet établissement'pour qu'il rendit'encore de plus grands services à'ia jeunesse studieuse.
à ce Musée où elles occupent un local spécial; la bibliothèque rie Kossutli fut é^-alement achetée par ce Musée ; le grand philanthrope Semscy a enrichi la collection minéralogique.
440 LUTIE III
La colleclion de pcinlurcs du Mii<éo est complélée par la galerie E<zierliazy qui, depuis 1870, est propriété de l'Etat. Si le Musée possède surtout de nombreux tableaux illustrant l'histoire de la peinture en Hongrie, la galerie Eszterliézy, dont le directeur est Charles Pulszky, est riche en peintures des écoles étrangères 050 , en gravures (51,300) et en dessins des grands maîtres ^3,500). On y a Joint dernièrement une galerie de portraits historiques. Pendant les fêtes du Millénaire on élèvera un nouveau musée d'art qui réunira tous ces trésors. — Le nombre des visiteurs atteint annuellement 80,000 ; les entrées sont en grande partie gratuites dans les deux musées.
Nous avons cité beaucoup de chiffres dans cette dernière partie de notre travail, c'est que ces chiffres sont plus éloquents que des considérations générales. Ils montrent d'une manière évidente l'activité infatigable du pays pour se mettre, au point de vue de l'instruction, au niveau des États les plus civilisés et regagner le temps perdu. Sans doute, les deux questions brûlantes des confessions religieuses et des nationalités jettent aussi leur ombre sur les réformes scolaires ; les attaques qu'elles ont à subir, tantôt d'un côté, tantôt de l'autre, entravent parfois l'opuvre civilisatrice du gouvernement. Mais la Hongrie qui a vaincu tant
de fois ses ennemis hérédilaires, triomphera également (le ces diflicultés. En tout cas, nous avons pu constater que le pays a créé des œuvres durables, dont l'influence bienfaisante se fait partout sentir.
IIMI4M",»lilJ1«>l>W-<»i*l-»IU>.i .JJWW4«M..I..I ll.lll |B>i»TW<^W«]IIHIII .1 I III1I 1 II IWmy;i1^11WP^>W|Mj
COAXLUSION
T^iie peuplade à demi-sauvage campe sur les plaieaux de l'Asie centrale. Poussée par ses instincts nomades, elle se dirige vers TOuest et fait irruption en Europe. Par les défilés des Carpaihes, deux cent mille guerriers descendent, sous la conduite d'Arpîul, dans l'ancienne Pannonie, hal)itée par un mélange de peuples slaves et allemands. En quelques années cette peuplade devient maîtresse d'un vaste territoire et y fonde un royaume qui, au l)Out d'un siècle, acquiert droit de cité dans la grande famille des États européens. L'Asiatique se civilise et dépouille les derniers restes de son état antérieur. Sur les bords du Don et de la Volga, au milieu des Ougriens, ses frères, il vivait de la pèche et de la chasse. Son horizon intell«?ctuel était assez semblable à celui d'un Lapon ou d'un Samoyède; son vocabulaire ne comprenait ni les termes de la
vie militaire, ni ceux de la vie politique et sociale. Pendant ses longues pérégrinations, son contact avec les tribus turques et tartares lui donne la première do ces catégories de voca))les ; les Slaves subjugués et les colons allemands, la seconde. Dès l'an 1000 nous voyons cet Oriental exposé aux multiples influences de ses voisins. Son premier roi, saint Etienne, dira : <( Rcgnwn iinius linguae, miius moris, imbecillum ci fragile est », et ouvrira largement la porte aux missionnaires de toutes les nations, mais le Hongrois conservera malgré tout son caractère d'indépendance ; il se rappellera le serment d'Arpâd lors du premier pacte avec les chefs de tribus, et il obtiendra sa charte au milieu des luttes causées par l'intrusion étrangère. Cette charte, une des premières qu'il y ait eu en Europe, « il en discute les articles le sabre au poing ».
Quelques figui'es se détachent sur le fond monotone du moyen âge. Le christianisme donne à la Hongrie saint Etienne, la chevalerie saint Ladislas et Jean Hunyad. Mais cette époque n'a pas laissé de trace dans sa littérature; quelques chants hturgiques exceptés, la chevalerie hongroise ne survit que dans la mémoire de la nation, dans les chroniques. La religion même, au moyen âge, semble en Hongrie moins ardente, moins enthousiaste que dans l'Europe occidentale ; elle
est aussi, il est vrai, plus tolérante. C'est qu'il y a chez le Magyar un penchant à la modération, à la so1)riété en toutes choses qui le préserve des excès. Mais l'héroïsme de la Hongrie ne connaît pas de bornes. A quoi bon rappeler après tant d'autres la lutte qu'elle soutint contre les Turcs, lutte où elle devint le boulevard de la chrétienté !
Le moyen Age finit brillamment; une ère nouvelle semble naître avec Mathias Corvm « le premier Hongrois moderne ». Vrai prince de la Renaissance, il transforme la cour de Bude. H appelle des écrivains^ des peintres, des sculpteurs et des architectes d'Itahe, déploie un luxe inconnu jusqu'alors, et veut faire de la Hongrie du moyen âge un pays aussi avancé que ceux de l'Occident. « Pannoniam alterani Italiam rcddcre conabatur », disait de lui son liistorien Bonfini. Mais, après sa mort, les temps modernes s'annoncent mal : les Turcs, refoulés pendant un siècle, deviennent les maîtres du pays après avoir terrassé les forces hongroises sur le champ de bataille de Mohâcs (152()). Il n'y a pas, dans toute l'histoire hongroise, d'événement qui ait laissé dans l'àme magyare des traces plus profondes que ce désastre. Les luttes rehgieuses seront depuis longtemps apaisées que cette blessure saignera encore. Depuis le xvi^ siècle jusqu'en 1830,
les poètes hongrois rappolleroni avec mélancolie celte défaite, qui coïncide avec réta))lissement de la domination autrichienne dans le pays. La Réforme religieuse donne à la Hongrie ses premiers littérateurs; une nouvelle sève y pénètre. Si Mohâcs réveille le sentiment de l'unité nationale, les réformateurs luttent pour la liberté de conscience. La littérature s'inspire de ces sentiments, en même temps qu'on y aperçoit les premières manifestations du sentiment de la nature.
Le xvr siècle a la plus grande importance dans le déveloj^pement intellectuel du pays; le xvir, comme partout, est caractérisé par la réaction catholique. Le grand cardinal Pâzniîiny remplit la première moitié de ce siècle ; les luttes des princes de la Transylvanie occupent l'autre. Ce pays qui, pendant deux siècles, a été le soutien du parti de l'Indépendance, le foyer des lettres et de l'instruction magyares, finit par se soumettre à TAutriche. Cette puissance, pendant tout le xvni^ siècle jusqu'à la Révolution, germanise le pays; elle a pour auxdiaire le vent de cosmopolitisme qui souffle alors par toute l'Europe.
Entre 1780 et 1820 la Hongrie se met à l'école littéraire des autres peuples, elle cherche son idéal; elle le trouve cnûn dans l'élément démo-
cratique qui. inspira par la Muse populaire, crée des chefs-d'œuvre. A partir de cette époque, la poésie hongroise, une des plus riches qui soient, s\'i)anouit. Ses premiers bégaiements ont accoml)agné toute la vie politique si mouvementée du jjeuple ; il n'y a pas d'c'vénement important qui ne l'ait inspirée, et on peut dire avec Gyulai que la poésie lyri<pie hongroise est en raccourci l'histoire de la nation. Aucune littérature n'a chanté les sentiments patriotiques avec plus de fréquence et de vigueur que celle de la Hongrie. La poésie lyrique est l'expression la mieux appropriée des aspirations, des vonix, des douleurs, des d<''ceptions du peuple. Dès les origines de la littérature hongroise, elle est en conformité avec le sort du pays : attristée pendant la Réforme et la domination turque, belliqueuse dans les luttes contre l'Autriche, satirique au xviii' siècle, à l'époque où les modes étrangères envahissent le pays et lui ôtent son cachet original. Elle revêt un rythme plus mélodieux et aussi plus savant, grâce aux réformes de la langue, et lorsqu'elle s'épanouit enfin dans les poésies de Petofi, l'Europe reste émerveillée et se demande d'où tant de beautés peuvent venir à un jeune poète. Des critiques qui ne connaissent cette riche éclosion que par de fail)les traductions se doutent bien qu'il y a, dans cette littérature, des trésors cachés
qu'il vaudrait la. peine de coiinaiire. « Ce peuple de soldais, écrira l'un d'eux, est un peuple de poètes; poètes, il est vrai, longtemps silencieux, mais quand le jet de poésie si longtemps contenu jaillit à la lin. quelle force ! quel éclat I quelle pluie fraîche et délicieuse * I »
Donner une idée de cette riche éclosion dans tout le domaine des belles-lettres, chercher dans la période qui prépare la Hongrie moderne (1772- 1830) les germes de cette richesse, décrire les principaux courants littéraires jusqu'à nos jours, c'est ce que nous avons entrepris de faire dans ce volume. Mais à côté de la renaissance littéraire nous ne pouvions négliger de signaler l'imptilsion que la culture magyare a reçu de la fondation de l'Académie ; il a paru indispensable de rendre compte des travaux de cette Société savante si remarquable. En terminant, nous avons voulu montrer l'état actuel de l'instruction publique, depuis que le pays est devenu maître de sa destinée.
Tout lecteur impartial pourra voir que la Hongrie a rempli noblement sa mission pendant les mille années de son existence historique. Lui faire un crime de ce qu'elle a, par son arrivée en Europe, brisé l'anneau slave qui s'était formé
1. M. Joseph Roinacl), EtuiU'a de littérature et d'histoire. Article sur \ Histoire générale des Hongrois de M. E. Sayous.
au ix*' siècle dans TEst de l'Europe, de ce qu elle s'est enfoncée comme un coin dans la chair dé ces peuples ei les a empêchés de se réunir de la Baltique jusqu'à l'Adriatique, c'est une accusation qui ne repose sur rien de certain. Et si nos jeunes historiens se demandent : Quid detrimenti ex invasionc Hungarorum Slavi ceperint \ on pourrait leur répondre : La destinée qui a fait sortir ce peuple de l'Asie et l'a étabU après de longues pérégrinations dans l'ancienne Pannonie, lui a assigné un rûle important : il doit porter la civilisation vers l'Orient. Il en est capable, car, comme l'a déjà dit Michclet, qui cependant n'avait étudié que sa lutte contre l'oppresseur et non sa vie intime : « On accorde volontiers aux Magyars la vaillance, mais cette vaillance n'est que la manifestation d'un haut état moral. Dans tout ce qu'ils font ou qu'ils disent, j'entends toujours : Sursum corda. » Haut les cœurs ! c'est ce que nous souhaitons à ce noble pays au moment où il fête l'anniversaire mémorable de la prise de possession de son territoire.