‹ La Hongrie politique et socialeChapitre 126 sur 133 · X. — LA FEMME · texte numérisé non relu

X. — LA FEMME

jeunes filles de douze à seize ans. < >n rappelle, comme en Allemagne: « Ecole supérieure féminine. » Los jeunes filles y reçoivent à peu prés la même instruction que les garçons dans les lycées publics; seulement, dans quatre classes, le latin et le grec sont remplacés par le français et par l'allemand. L'école publique de Kolozsvâr fut fondée en 1880, c'est-àdire dix ans après celle de Budapest. Elle compte maintenant 110 élèves externes, deux professeurs du sexe masculin et trois du sexe féminin, une institutrice, un maître de dessin, et les ministres de six cultes différents. M"9 De Gérando est l'âme de cette école. Elle réunit â l'enthousiasme pour le bien une prudence rare. Comprenant de s'être vouée à une mission supérieure, elle la remplit avec une haute intelligence; aussi l'appel le-t-on à Kolozsvâr « l'ange des écoles. » Se multipliant sans cesse, elle écrit, enseigne, conseille, dirige et cherche tous les moyens de relever la condition de la femme hongroise. Sa culture vraiment distinguée, ses voyages, ses études comparées sur les écoles étrangères lui permettent de suggérer des réformes pratiques; son avis est toujours pris en considération et souvent suivi. Si la Hongrie pouvait seulement compter sur une dixaine de missionnaires de la civilisation de la force morale de M"e De Gérando, la femme hongroise ne tarderait pas â devenir plus vaillante et, ce qui importe tout autant, â exercer sa valeur. Nous avons aussi visité les deux écoles supérieures

féminines de Budapest, l'une gouvernementale, l'autre privée mais subventionnée et avec internat. La rivalité de ces deux écoles est entièrement au profit de l'instruction. Toutes les deux sont largement fréquentées et font des efforts continuels pour se perfectionner.

L'école privée a le grand mérite d'avoir pris l'initiative de l'enseignement supérieur des femmes avant que le Gouvernement n'y songeât. Ce fut en 1860; Mme Hermine de Veres, née de Beniczky eut la première cette noble inspiration. Cette vénérable dame a compris tous les devoirs de son sexe et la haute mission qui lui était réservée dans la renaissance hongroise. Aussi s'est-elle consacrée à cette tâche avec une énergie et une ardeur exemplaires. Mme de Veres commença par publier une brochure dans laquelle elle développait ses idées et faisait un noble appel aux femmes de son rang, en les engageant à former une association pour améliorer l'éducation des jeunes filles. Ce premier appel ne fut point sans résultat et l'association fut créée.

En 1867, l'association put ainsi fonder la première école supérieure pour jeunes filles. On y ajouta bientôt un pensionnat qui est maintenant établi dans une maison construite ex prés et avec une parfaite intelligence de son but. L'idée maîtresse qui préside à l'éducation des jeunes filles dans l'école supérieure de M"10 de Veres est que la femme doit apprendre à se suffire à elle-même et savoir remplacer par

Page 1