‹ La Hongrie politique et socialeChapitre 128 sur 133 · LA FEMME · texte numérisé non relu

LA FEMME

souvent sans méthode logique et ne fournit pas à la femme qui la possède les moyens de s'en servir ei de l'utiliser. C'est le plus souvent un passe-temps, un j mi, un ornement de l'esprit, un antidote contre l'ennui qui est réservé à la femme hongroise après son mariage. Ce n'est pas encore une force. Elle le deviendrait pourtant le jour où la jeune fille pourrait se persuader que si l'homme est un travailleur, la femme est un missionnaire, et que dans les complications de la vie moderne il faut beaucoup savoir même pour devenir une simple sœur de charité. Aimer c'est beaucoup et c'est l'essentiel; mais l'amour intelligent, prévoyant, éclairé, l'amour qui sait non seulement charmer, mais aussi guider et soutenir l'homme est seul tout-puissant.

La femme hongroise a en elle de très grandes ressources. Ce que l'histoire nous apprend de quelques héroïnes hongroises suffît à nous persuader qu'en éveillant chez la femme magyare la conscience de sa mission, elle ferait des miracles. Les poètes et les romanciers hongrois se sont attachés avec prédilection à la représentation de certains types de femme magyare ; et soit qu'ils les tirent de l'histoire, soit qu'ils les créent par la force de leur imagination, les uns et les autres répondent à une réalité poétique et vécue. Les femmes mythiques elles- •mèmes servent à caractériser un moment historique où la femme magyare devait avoir une puissance d'initiative bien supérieure à celle de l'époque actuelle.

De tout temps la femme magyare semble avoir eu du goût pour la politique; seulement dans les différents siècles elle s'est servie d'armes différentes. Maintenant elle se cache discrètement derrière l'homme; jadis elle prenait les devants; aujourd'hui elle lui souffle à l'oreille un petit mot magique pour le pousser à l'action ; autrefois elle semblait évoquer tout un peuple par un cri inspiré et prophétique. Les anciennes constitutions hongroises assuraient les plus grands privilèges à la femme et surtout à la veuve spcctabilis du magnat hongrois. Non seulement elle entrait en possession et avait l'administration de tous les biens de son mari; ! mais, pendant la minorité des enfants, elle le remplaçait à la diète où un mandataire votait en son nom. Actuellement encore, les femmes hongroises ne restent point inactives dans les élections politiques. Pendant les grandes discussions parlementaires, les tribunes de la Chambre et surtout les tribunes centrales sont toujours remplies de représentants du beau sexe. On nous assure même que l'opposition très vive des femmes de l'aristocratie a été la véritable cause qui a jusqu'ici empêché M. Tisza de faire passer au Sénat son projet sur les mariages mixtes. La femme hongroise a donc encore une grande influence, quoiqu'elle s'efface beaucoup et qu'elle s'abstienne de faire du bruit. Mais sa douceur môme est une arme

Immanet bonis maritcdibus.

Page 1