X. — LA FEMME
puissante, et elle se sert de cette ami-' avec intelligence. L'homme magyar, si fier dans certaines occasions, est généralement assez indolent, cède facilement et se laisse entraîner. Si la femme veut fortement, l'homme ne résiste guère. Si la volonté est du côté de l'homme, la femme s'abstient, se cache et se résigne. En un mot, elle impose sa volonté seulement dans les cas où l'homme ne sait pas faire valoir la sienne.
On prétend que la femme calviniste a plus d'énergie, plus de volonté, plus de fermeté que ses sœurs des autres confessions. Elle semble aussi plus attachée à ses devoirs, plus rigoureuse et plus exigeante. La femme catholique est, dit-on, plus douce, plus tendre, plus sensible, mais aussi celle qui, aimant davantage le plaisir, s'oublie plus facilement. Ces caractéristiques sont d'ailleurs souvent trompeuses et de nombreuses exceptions font du tort à la règle. Nons nous garderons donc d'insister sur ce point (pue nous avons indiqué seulement pour montrer que la différence de religion peut contribuer à produire une certaine variété dans les différents types de femmes magyares et pour prouver qu'on ne saurait porter sur elles des jugements trop absolus.
Les Magyars eux-mêmes sont très fiers de leurs beautés nationales et nous les montrent avec orgueil. Aussi viennent-ils maintenant d'en exiber les plus beaux échantillons dans les csàrda ou auberges de la puszta qui ornent l'exposition nationale de Bu-
dapest. Ces femmes aux longues tresses, à la peau fine et blanchef au regard pénétrant, au sourire ravissant, fières et gracieuses à la fois et habillées comme des princesses dans leurs costumes des jours de fête provoquent l'admiration et la rêverie. Mais l'étranger qui est généralement frappé par les seuls charmes extérieurs de la femme magyare, dès qu'on l'admet dans l'intimité de la famille, découvre chez la femme des qualités exquises, des vertus peu ordinaires et précisément de celles que les hommes ne cherchent guère chez la femme des autres et exigent toujours de la leur. Fidélité, dévouement à toute épreuve, vaillance à soutenir presque à elles seules le lourd fardeau de la famille, énergie, patience et suavité, tout y est. Et ce tout approche souvent de l'héroïsme. Nous pourrions citer quelques noms; mais ce genre de vertus n'aime ni l'éclat ni la publicité. D'ailleurs toutes ces femmes hongroises, luttant et travaillant en silence pour le bonheur de leurs familles, n'ont aucune vanité, ne prétendent à aucune immortalité. Pour la même raison, nous devons nous abstenir de nommer quantité de femmes magyares ayant droit à être classées au rang des bienfaitrices dans leur pays. Nous tenons seulement à constater ici qu'il y a entre les grandes dames hongroises une noble émulation pour faire le plus de bien possible. On dirait même que dans certains cas elles désirent rivaliser avec leurs maris, lorsque ceux-ci attirent déjà sur eux les bénédictions de toute