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qui se propagent, sont ses trois fils, Auguste le jurisconsulte, Charles l'esthéticien et Garibaldi l'ingénieur: la science, l'art et l'industrie. Ces trois rejetons du vieux tronc envahiront le monde comme les trois fils de l'ancien patriarche, (j*^ <*«■ ^
On est courtois dans le parlement hongrois. De part et d'autre, on écoute les adversaires assez patiemment. On quitte difficilement sa place lorsqu'un orateur parle, et on ne l'interrompt guère. Il n'y a que M. Gustave Beksics, député appartenant à la majo-
le 17 septembre 1814. Son oncle maternel, l'illustre archéologue Gabriel Fejérvâry, lui donna le goût des études archéologiques. A l'âge de dix-neuf ans, il entreprit un voyage scientifique en Allemagne et en Italie ; à vingt ans, il était nommé membre correspondant de l'Institut archéologique de Rome. En 1835, il fut reçu docteur jm droit. En 1836, il voyagea en Allemagne, en Belgique, en Hollande, en France et en Angleterre. Il a noté une partie de ses voyages dans un livre écrit en allemand et publié en 1837 à Pest sous le titre : Ans dem Tagébuche eines in Gross Brittanien reisenden Ungarn, et dans des esquisses de voyage publiées en hongrois en 1839. En 1838, c'est-à-dire à l'âge de vingt-quatre ans, il était nommé membre de l'Académie des sciences à Budapest. Ses nombreux écrits embrassent à peu près toutes les branches de la littérature. On a de lui des nouvelles, d3S romans, des études économiques, philosophiques, politiques, sociologiques, esthétiques, linguistiques, historiques, ethnologiques, archéologiques et minéralogiques, des voyages, des mémoires, toute une bibliothèque, en somme, qui témoigne d'une érudition et d'une mémoire prodigieuses, et d'un esprit aussi vaste
rite qui, par la violence de son langage et par ses gestes à" ënergumène provoque des clameurs si bruyantes qu'il n'est plus possible de saisir un mot de ce qu'il dit. On rit d'abord lorsqu'il avance qu'il est fidèle aux principes exposes dans toutes ses œuvres. Ses oeuvres à lui sont les articles qu'il publie dans le Nemzet et qu'il vient déclamer à la Chambre. Lorsqu'il proclame l'esprit démocratique du Gouvernement et reproche à la gauche d'être ultraréactionnaire, il se produit dans la Chambre un va-
que pénétrant. En 1848, il fut nommé sous-secrétaire d'Etat au ministère des finances ; au mois de mai il était envoyé a Vienne comme secrétaire d'Etat pour les affaires étrangères. Mais M. Windischgraetz le fit renvoyer à Pest avec ce mot : « Je ne fais point des pactes avec les rebelles. » Le Gouvernement provisoire hongrois envoya alors M. Pulszky en mission à Paris et à Londres, pour tâcher d'induire les cours étrangères à empêcher l'intervention des Russes en Hongrie. La révolution suffoquée, il fut condamné à mort, et pendu en effigie. L'Autriche confisqua ses biens. L'exil fut laborieux et fécond pour M. Pulszky; son activité comme publiciste devint alors fiévreuse. Il suivit Kossuth pendant ses voyages aux Etats-Unis et en Angleterre ; en 1860, il reçut de l'ex-gouverneur de la Hongrie une mission auprès de Cavour; en 18G1, il se détacha de Koasuth pour se rapprocher de Deâk. En Italie M. Pulszky était devenu L'ami de Garibaldi gui fut le parrain de son fils cadet né à Turin. En 18G6, il rentra en Hongrie, où il s'associa bientôt au parti Deâk et où, depuis ce temps, il lui fut possible do rendre de grands services à la culture nationale, comme inspecteur général des musées et des bibliothèques.
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carme ressemblant à un tumulte. Au commencement la voix de l'orateur pleurniche; dès qu'on se fâche et qu'on lui renvoie une partie de ses injures,
il bredouille, il criaille et lance les mains en avant comme pour donner de violents coups de poing. L'orage se calme seulement lorsque M. Beksics se rassied.
En général, on ne peut pas dire que le Gouvernement soit servi à souhait par ses porte-voix. Nous demandions un soir à M. Pulszky si tel personnage était un bon orateur:
— Il a été ministre, nous répondit-il.
On pourrait dire de même qu'à peine on se rallie au Gouvernement on perd une partie de son esprit et le don de l'éloquence. S. E. M. Paul Sonntag, esprit frondeur, le comte Etienne Keglevich, esprit railleur,1
1 Une comparaison piquante du comte Keglevich a manqué d'aboutir à un duel avec le comte Apponyi. En critiquant le principe électif soutenu par l'opposition contre le projet du Gouvernement qui proposait la nomination d'un certain nombre de magnats, le comte Keglevich s'exprimait ainsi : « Ce principe vient d'être illustré d'une manière objective par M. Désiré Szilâgyi et par M. Auguste Pulszky. Il l'a été aussi par le comte Apponyi dans un discours fort brillant par sa forme extérieure, très faible comme argumentation. Le comte Apponjù a montré l'adresse d'un clown jonglant avec cinq ou six boules. L'une d'elles semble être en or, l'autre en argent, la troisième en fer. Au fond, elles sont toutes en papier. Le comte Apponyi a aussi jonglé avec des boules ; seulement le jongleur du cirque fait
Maurice Jokaï, esprit amusant, et quelques autres font exception. Dans la discussion pour la réforme du Sénat, ces trois orateurs ont montré beaucoup de verve et ont tenu en éveil l'attention de toute l'assemblée ; mais, dès que l'on cesse de polémiser contre la gauche, dès qu'on recommence l'apologie du Gouvernement, tout ce qui est dit dans les bancs de la majorité perd son attrait. On se répète, on sommeille, on bâille et on fait bâiller. Il est possible que, dans les conférences privées qui préparent la discussion publique, le parti ministériel fasse preuve d'une grande indépendance d'esprit. M. Neményi, député gouvernemental, dans son essai sur le parlement hongrois l'affirme, en relevant que les « Mameluks » tutoient S. E. le ministre-président. Quelques écrivains étrangers, qui ont largement puisé à cette source, l'ont répété. Quant à nous, plus sceptique sur ce point, nous sommes entièrement persuadé qu'il y a, dans la majorité, des hommes que M. Tisza ménage particulièrement et auxquels il laisse , et pour cause, la plus ample liberté de le combattre dans les conférences préliminaires. Mais il nous semble excessivement douteux que cette même liberté soit accordée â tout le monde par un homme de la trempe et de l'humeur de M. Coloman Tisza. Quoi qu'il en
toucher ses boules par le public, taudis que le comte Apponyi n'a pas pu nous passer les siennes parce qu'il lançait en l'air des bulles de savon. »