TRIBUTAIRES EN AVAL DE LA VILLE D'OTTAWA
Rivière Gatineau
Chevaux-vapeur
Rapides Farmer 24,500
Moulins Chelsea 47,790
Chute Eaton 24,508
Cascades 14,000
Wakefield 12,000
Chutes Pangan 75,500
Pêche 375
Rivière Petite Nation 1,600
Rivière Blanehe 1,600
Crique des Prêtres 240
Petite Rivière Blanche 250
Crique Clay 120
Rivière du Lièvre
Buckingham 9,000
Chutes Rhéaume 4,000
Chutes Dufferin 12,500
Hautes chutes 12,500
Petits rapides 500
Cascades 2,000
Grandes chutes 36,000
Ces statistiques, comme nous l'avons dit, n'indiquent que l'étendue des pouvoirs hydrauliques que l'on rencontre dans un rayon de cinquante milles de la ville d'Ottawa. Il faudrait pouvoir y ajouter les immenses sources d'énergie que l'on relève entre Ottawa et Mattawa, sur une distance de deux cents milles, et dont un membre de la commission géologique, M. Andrew Bell, a évalué la puissance à 1,476,000 chevaux-vapeur.
Nous voyons aussi par les rapports des ingénieurs du canal projeté entre Montréal, Ottawa et la Baie Géorgienne que ceux-ci estiment la capacité des pouvoirs hydrauliques utilisables le long du parcours du canal à 700,000 che van x- vapeur.
Sur la rivière Esturgeon, qui se décharge dans le lac Nipissing, l'on signale la présence d'une cascade, Smolcy Falls, dont on pourrait tirer 50,000 forces.
Il y a aussi les nombreux pouvoirs hydrauliques fournis par les rivières Saint-Jean, Miramichi, Ristigouche, et les rivières de la Colombie-Britannique.
Nous avons garde, dans cette nomenclature, d'oublier les fameuses chutes de Niagara, l'une des merveilles du monde, dont une moitié appartient au Canada et dont la force théorique est estimée à 7,000,000 de chevauxvapeur.
Avec ces quelques données, Ton se rend déjà compte que la houille blanche est répartie assez généreusement dans toutes les parties du Canada. L'une de nos provinces a été cependant plus royalement traitée que toutes les autres, et celle-là c'est la province de Québec. D'autres provinces-sœurs ont pu être mieux pourvues au point de vue du sol, du climat et des mines, il n'en est aucune qui ne présente un ensemble aussi colossal de sources d'énergie, et c'est ce que l'on ne sait pas suffisamment à l'étranger.
Il ne faut pas conclure de là sans doute que l'analyse de nos ressources hydrauliques est à peu près complétée et que nous pouvons supputer en chiffres le nombre de forces dont nous pouvons disposer. Dans un pays vaste comme le nôtre et relativement nouveau, ce n'est que d'année en année que l'on peut arriver à cette connaissance. Disons cependant que le lever des rivières et des lacs de la province de Québec se poursuit chaque année avec une activité incessante et que nous sommes déjà en possession de renseignements précieux sur le rendement de nos principales cataractes. Or, ce sont ces renseignements, puisés aux meilleures sources, que nous désirons placer devant le public, de telle sorte qu'il puisse se rendre immédiatement compte du parti que l'industrie, grande et petite, peut tirer et tire déjà des forces secrètes fournies par la plupart de nos cours d'eau. Nous débuterons par la description sommaire des principales forces hydrauliques de la région de Québec.
Chutes de Montmorency. — Voici tout d'abord les chutes de Montmorency, situées à huit milles de Québec. Qui ne les connaît et qui ne les a admirées ? Il n'est pas d'étrangers qui faisant son tour d'Amérique ne viennent les contempler. Elles sont aussi renommées pour leur beauté pittoresque que pour leur aspect grandiose. Un tramway qui circule toutes les demi-heures permet à tous ceux qui le veulent de jouir de leur spectacle. Les chutes de Montmorency, d'une hauteur imposante de 250 pieds, ne constituent pas uniquement un objet de curiosité. Tout notre système de tramways, de Québec à Sainte- Anne-de-Beaupré, lui emprunte la force qui les met en mouvement. Elles font fonctionner, par la même occasion, une immense filature de coton, installée à leur base.
Chutes de la Chaudière. — Du côté sud du fleuve Saint-
Laurent coule une rivière qui après avoir traverse deux grands comtés, Dorchester et Beauce, vient se précipiter dans le fleuve, presque en face de Québec, d'une hauteur de 114 pieds; c'est la rivière Chaudière. Cinquante petits cours d'eau et une vingtaine de lacs alimentent cette rivière. Les chutes de la Chaudière, surtout dans la saison printanière, lorsque les eaux ont atteint leur niveau le plus élevé, sont fort imposantes. Elles sont utilisées par la Canadian Electric IAght, font fonctionner le tramway de la ville de Lévis et donnent l'éclairage électrique à la même ville et aux municipalités environnantes.
Rivière Etcliemin. — La rivière Etchemin qui prend sa source sur les hauteurs de Bellechasse et qui à partir de Saint-Anselme, dans le comté de Dorchester, rapproche sensiblement sa course de la rivière Chaudière, est un autre important cours d'eau. Elle se déverse dans le Saint- Laurent à trois milles en amont de Québec et forme, sur son parcours, notamment à Saint-Anselme, à Saint-Jean- Chrysostôme et à Saint-Romuald, plusieurs petites cascades qu'utilisent un certain nombre de moulins.
Rivière Jacques- Cartier. — A dix-sept milles de Québec, et dans le voisinage immédiat du chemin de ferle Canada Northern, se rencontre la rivière Jacques-Cartier avec une chute de trente-cinq pieds et une force utilisable de 2,400 chevaux. Cette rivière roule ses eaux dans trois comtés : Portneuf, Québec et Montmorency. La compagnie Jacques-Cartier à laquelle a été affermée quelques-uns des pouvoirs hydrauliques de cette rivière, procure l'éclairage électrique à la cité de Québec en même temps qu'elle fournit la lumière ejb la force motrice à un grand nombre d'établissements particuliers. C'est le sentiment de nos ingénieurs hydraulistes que les pouvoirs hydrauliques de la rivière Jacques-Cartier seraient notablement renforcés si l'on s'avisait quelque jour de déverser dans ce cours d'eau l'immense réservoir qu'est le grand lac Jacques-Cartier, ce qui pourrait, paraît-il, se faire à peu de frais. Quoi qu'il en soit, les ressources hydrauliques de la rivière Jacques-Cartier et de toutes les autres rivières qui prennent leur origine dans le parc national des Laurentides ont une importance spéciale qu'elles doivent à cette circonstance que tous ces cours d'eau passent à travers des terrains fortement boisés.
Lac Saint- Joseph. — La rivière Jacques-Cartier traver-
sée, et nous touchons à la gare du lac Saint-Joseph où l'on peut constater l'existence de forces hydrauliques fournies par la décharge du lac, lequel est alimenté par la rivière aux Pins. Un peu en deçà et à un mille de la gare de Sainte-Catherine, se présente une série de chutes et de rapides avec une tête d'eau de soixante-cinq pieds et qui pourraient développer près de 4,000 chevaux.
Rivière Portneuf. — A la gare de Bourg- Louis, à trente milles de Québec et toujours sur le parcours du chemin de fer le Canadian Northern, la rivière Portneuf offre à son tour des chutes d'une hauteur de quarante pieds.
Rivière Sainte-Anne. — Le cours d'eau le plus important que traverse ensuite le chemin de fer Canadian Northern est celui de la rivière Sainte-Anne, à Saint-Raymond. Les moulins à papier de la compagnie St. Raymond Paper empruntent à cette rivière l'énergie qui les fait fonctionner.
A quelques milles du village de Saint-Raymond, sur la branche nord de la rivière Sainte-Anne, se présentent une série de jolies cascades desquelles on pourrait tirer une force d'environ 1700 chevaux.
A huit milles au-dessus du même village, c'est-à-dire à l'embouchure de la Talayarde, sur la rivière Sainte- Anne, nous rencontrons un autre pouvoir hydraulique d'une certaine importance, et dans le voisinage deux bons sites de moulin, l'un sur la branche nord-est de la rivière Sainte- Anne, près de Stoneham, et l'autre sur la rivière Tourilli.
Rivière Batiscan. — Une autre rivière fort intéressante, à cause de ses nombreuses ressources hydrauliques, et qui est longée par le chemin de fer Canadian Northern, c'est la rivière Batiscan. Ce cours d'eau, d'une assez grande longueur, entre dans le lac Edouard, à 112 milles de Québec, en ressort quatre à cinq milles plus loin et descend tout le long de l'île du lac Edouard jusqu'à ce qu'il reçoive les eaux de la rivière Jeannotte. Il forme sur son parcours des chutes et des rapides qui constituent de magnifiques pouvoirs hydrauliques.
L'un de ces pouvoirs hydrauliques se rencontre sur la ligne du chemin de fer de Québec au Lac Saint-Jean, à 81 milles de Québec, en aval de l'embouchure de la Jeannotte. On estime qu'on pourrait en tirer une force de 1200 chevaux-vapeur.
Le second, auquel on a donné le nom de Rapides
Bickaby, est situé à quatre milles environ à Test de la station Stadacona du chemin de fer de Québec et Lac Saint- Jean.
Les rapides dont il s'agit ont une chute totale de 19 pieds, dans une distance d'à peu près 1200 pieds. Le premier forme une véritable petite cascade de quelques pieds de hauteur ; les autres sont moins abrupts, c'est-à-dire qu'ils présentent des pentes moins fortes.
A Notre-Dame-des- Anges, dans le comté de Portneuf, sur cette même rivière Batiscan, la compagnie St. Maurice Lumber est devenue propriétaire, depuis 1901, de deux cascades.
Sur la ligne du chemin de fer Pacifique du Canadien, et toujours du côté nord du fleuve Saint-Laurent, nous notons, au passage, un certain nombre de pouvoirs hydrauliques au Pont-Rouge, sur la rivière Jacques-Cartier, à Portneuf, sur la rivière du même nom, à Sainte-Anne-de-la-Pérade, sur la rivière Sainte-Anne.
Rivières Noire et Blanche. — Sur la route dû chemin de fer Transcontinental, au confluent des rivières Noire et Blanche, la maison Grandbois, de Saint-Casimir, utilise une cascade pour ses moulins. Une chute de 40 pieds de hauteur, sur la Batiscan, se rencontre à Saint-Stanislas, et une autre chute dans le canton de Hackett, sur la rivière des Eaux-Mortes. Signalons encore les chutes des Iroquois, sur la rivière Vermillon.
Si nous passons du côté sud du fleuve Saint-Laurent, nous constatons que nos ressources hydrauliques ne sont pas inférieures en nombre à celles que nous avons notées du côté nord. Une modeste nomenclature en a déjà été faite dans le cours de cet article ; il convient d'annexer à cette liste les pouvoirs hydrauliques de la rivière Bécancour.
Rivière Bêcancour. — Cette rivière, après avoir arrosé les cantons Nelson et Somerset et le front des cantons Stanfold et Bulstrode, dans la direction de l'est, pendant environ 46 milles, tourne ensuite au nord-ouest, coule l'espace d'environ vingt et un milles entre Aston et Maddington et vient se décharger dans le fleuve Saint-Laurent. Cette
rivière est coupée, en plusieurs endroits, par des chutes et des rapides.
L'une de ses principales chutes est connue sous le nom de Chutes Maddington et se trouve située dans le village de Daveluy ville, à quelques pas seulement du pont du chemin de fer Intercolonial.
Cette chute constitue une puissance hydraulique remarquable, tant par sa situation que par les facilités très grandes qu'offre son développement.
Sa hauteur, à l'eau basse ordinaire, est d'environ 44 pieds, et M. l'ingénieur Gauvin a estimé sa puissance à 4000 chevaux-vapeur approximativement. Cependant un jaugeage fait au Saut-Rouge (canton d'Inverness), sur la même rivière, en décembre 1903, a prouvé que le rendement de cette rivière peut descendre à 0.217 de pied cube par seconde et par mille carré d'étendue de bassin.
La partie du bassin de la Bécancour située en amont de " Maddington Falls " étant d'environ 850 milles carrés, il s'ensuit que le minimum du débit de la Bécancour, à cet endroit, doit être d'environ 185 pieds cubes par seconde.
La puissance absolue de la chute en question, à l'eau la plus basse, serait donc d'environ 925 chevaux-vapeur, en chiffres ronds.
Signalons aussi deux autres pouvoirs hydrauliques sur la rivière Nicolet, l'un à Saint-Léonard, à la jonction de l'Intercolonial avec le chemin de fer du comté de Drummond, et l'autre à Sainte-Brigitte.
Rivière Nicolet. — Sur le parcours cle la ligne du Grand- Tronc, on relève plusieurs pouvoirs hydrauliques qui ont leur importance. D'abord, à Lyster, sur la rivière Bécancour, et à quelques milles du chemin de fer sur la même rivière, les chutes Rouges. Un peu plus loin, à Arthabaska, la branche sud-ouest de la rivière Nicolet est en mesure de pourvoir l'industrie d'un bon nombre de forces. De même pour la rivière Saint-François qui donne deux excellentes cascades, à Windsor Mills et aux chutes de Brompton.
Lac Saint- François. — Sur la route du chemin de fer du Québec Central, nous rencontrons toute une série de rapides et de chutes utilisables ou déjà utilisées. En premier lieu, à Saint-Anselme, sur la rivière Etchemin, puis au grand rapide Pozer, sur la Chaudière, dans le voisinage
de la Jonction Scott. Vient ensuite le pouvoir hydraulique de Disraeli, dans le comté de Wolfe, à la décharge du lac Saint-François, qui fait marcher les moulins de MM. Champoux. A trois milles plus loin, la compagnie hydraulique de Saint-François, en faisant des travaux de barrage, a créé un autre pouvoir hydraulique d'une force de 4,000 chevaux, qui sert à fabriquer l'électricité que l'on transmet aux usines de Thetford, à celles du Lac Noir, et à East Angus où se trouve un grand moulin à papier. D'autre part, à la jonction du Pacifique canadien avec l'embranchement de Tring du Québec Central, la compagnie de papier Montagne utilise, à la décharge du lac Mégantic, une chute de vingt-cinq pieds de hauteur.
Rivière du Sud. — Dans le voisinage du chemin de fer Intercolonial, à l'est de Québec, les cascades susceptibles de procurer la force motrice suffisante pour les fins industrielles sont également nombreuses. Nous en trouvons sur la rivière du Sud, à Saint-Raphaël et à Montmagny, cette dernière servant à la maison Price & Frère pour la fabrication de la pulpe, sur le Bras Saint-Nicolas, à Saint- Cyrille de l'Islet, et à Saint-Aubert, sur la rivière aux Trois-Saumons. Si nous descendons encore plus bas, voici d'autres forces hydrauliques à la Rivière-Ouelle, à Saint-Pacôme, dans le canton Ixworth, sur la rivière Karnouraska, à Saint-Pascal, à Trois-Pistoles et puis à la Bivière-du-Loup, où l'on peut voir et admirer une superbe chute de près de deux cents pieds de hauteur.
Les Sepi-Chutes. — Plus près de nous encore, sur le grand plateau de Saint-Ferréol, en arrière de Saint-Joachim, à quatre ou cinq milles du fleuve, se découvre un chapelet cle cataractes mugissantes que l'on a désigné sous le nom des Sept- Chutes. En hauteur, c'est le pouvoir hydraulique le plus considérable qui soit connu, 375 pieds, et l'on assure que l'on peut tirer de ces merveilleuses cascades que forme la rivière Sain te- Anne, une somme d'énergie équivalente à 15,000 chevaux-vapeur.
Chute de Sainte-Anne. — La rivière Sainte- Anne ou " grande rivière " qui est un puissant cours d'eau qu'alimentent une foule de lacs, fait un autre bond avant de se jeter définitivement dans le fleuve Saint-Laurent. On lui a donné le nom de " grande chute de Sainte Anne " et même de " grande chute de Saint-Joachim ", attendu qu'elle appartient également aux deux paroisses, car on y a accès
des deux côtés, du côté de Saint-Joachim comme du côté de Sainte- Anne de Beaupré.
La "Grande Chute" est à une couple de milles de la rive du fleuve, dans un pli de la montagne de Saint-Joachim. Elle est encaissée dans une gorge étroite et abrupte dont les parois sont semées de précipices.
Au point de vue esthétique, disait il }T a quelques années M. Ulric Barthe qui en a fait la description, c'est une des plus belles horreurs que la nature dévoile à l'œil humain.
" Au sommet, on voit les eaux, sortant de dessous bois, s'épancher en nappes singulièrement symétriques, le long d'une ligne de grosses roches rondes qui forment une sorte de barrage : on dirait le déversement paisible de grandes fontaines artificielles. Mais là se termine la contrefaçon, car à quelques pas plus bas commence la terrible descente, un gouffre dans toute la force du mot, que la main de l'homme ne saurait imiter."
Un ingénieur qui a calculé les profondeurs, la largeur, la vitesse de l'eau, à l'époque des basses eaux, porte la force de la chute Sainte- Anne à 10,000 chevaux, dont 7,000 assurément peuvent être développés dans les plus basses eaux. La distance entre les prises d'eau projetées et le pied de la chute est d'un millier de pieds, et l'élévation verticale de la chute est de 190 pieds, et même 194 pieds si la prise d'eau est établie au-dessus du premier rapide.
Rivière du Gouffre. — Après la chute de Sainte-Anne, l'une des plus remarquables est celle que forme la rivière du Gouffre, à Saint-Urbain, à une soixantaine de milles de Québec.
Rivière Malbaie. — Sur la rivière Malbaie, dans le comté de Charlevoix, à une distance de huit milles du fleuve Saint-Laurent, se voit une jolie chute de trente pieds de hauteur qui donne une force motrice suffisante pour l'éclairage électrique des villages de la Malbaie et de la Pointe-à-Pic. Cette même rivière, qui coule à travers un pays montagneux et bien boisé, renferme plusieurs autres cascades d'une puissance assez considérable.
Rivière Noire. — A vingt milles au-dessous de la Malbaie, sur la rivière Noire, on remarque une chute de trente pieds de hauteur qui n'est placée qu'à un mille du fleuve.
Voilà pour la région de Québec, mais elle n'est pas la seule où la nature ait prodigué sans compter ses incalculables richesses. La houille blanche a été semée presque avec une égale profusion dans les comtés de Maskinongé, de Terrebonne, de Montcalm, de Joliette, de Soulanges, de Chambly, etc. De toutes les rivières qui sillonnent ces différents collèges électoraux, l'industrie peut sûrement en tirer les éléments nécessaires pour se sustenter. Sans vouloir entrer dans une nomenclature qui risquerait d'être fastidieuse à cause de sa longueur, nous noterons néanmoins les principaux pouvoirs hydrauliques qui ont été soumis à l'analyse des experts.
Rivière Magog. — Débutons par la rivière Magog dans le comté de Sherbrooke. Ce cours d'eau qui prend sa source dans le lac du même nom possède plusieurs petits rapides que la florissante ville de Sherbrooke fait servir à son éclairage électrique. On en est venu à ce sentiment, qu'au moyen d'un barrage qu'il serait facile d'effectuer, les rapides de Magog pourraient produire 1360 chevaux 1.
Rivière de V Assomption. — Dans le comté de Joliette, il convient de signaler sur la rivière de l'Assomption, une chute importante dite Mont-à- Peine.
Cette chute est située dans la seigneurie de Ramsay, entre les paroisses de Saint-Jean-de-Matha et de Sainte- Mélanie, à 7 milles seulement, en ligne droite, de la station duchemin de fer duPacifique Canadien, à Saint-Félixde- Valois ; la hauteur est de 65 pieds, et sa puissance nominale de 1535 chevaux- vapeur. Ce pouvoir hydraulique présente des facilités d'exploitation remarquables.
Rivière Maskinongé. — La rivière Maskinongé compte parmi les cours d'eau importants du versant nord du Saint-Laurent. La superficie totale de son bassin est d'à peu près 400 milles carrés, dont 360 environ en amont de la dite chute, et la distance qui sépare son embouchure de sa source la plus éloignée est de 45 milles en ligne droite.
La rivière Maskinongé proprement dite prend sa source dans le lac du même nom, superbe nappe d'eau de 4 à 5 milles carrés, sur les bords de laquelle est bâti le village de Saint-Gabriel-de-Brandon, relié à la grande ligne de chemin de fer Canadien du Pacifique par l'embranchement de Lanoraie, Joliette, etc.